Le Baron Kevser ([info]baron_kevser) wrote,
@ 2005-11-11 12:14:00
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Chapitre 3
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Note : Oh god, je pouvais plus m'arrêter avec ce chapitre... LOL. Il est pour Sfeek et The Hot One qui n'ont pas arrêté de me mettre la pression pour que je poste. Maintenant j'ai le droit de lire le tiens, miss^^
Note 2 : Laissez des reviews !!!!! Des comments !! Des comments !!




Chapitre 3


Ferial était dans la taverne au rez-de-chaussée du Souffle du Désir. Elle reconnaissait les peintures criardes aux murs, les tables en bois brut que la crasse et le temps avaient patinées. Il n’y avait aucune chaise pourtant, aucun client. Il y avait juste Tali sur la table où elle l’avait poussée la veille. Ferial pouvait voir la marque rouge de ses doigts imprimée dans la chair tendre de son cou et sa poitrine se soulever rapidement pour respirer enfin après avoir été privée d’air pendant un moment. Elle remarquait tout ce qu’elle n’avait pas pris le temps de voir la veille : la cicatrice à l’intérieur de sa cuisse, ses cheveux défaits répandus sur la table, les pointes de ses seins tendus sous la nuisette trop fine, son regard bleu sombre qui semblait vouloir la tuer, sa bouche entre ouverte. Ferial aurait voulu s’avancer pour la rejoindre mais elle ne pouvait pas bouger. Elle semblait être complètement immobilisée à quelques…

Le soleil s’était levé une heure plus tôt sur Tepsa quand Ferial se réveilla en sursaut dans une chambre qui n’était pas la sienne. Cela ne lui arrivait pas aussi souvent qu’on pouvait le penser. Le plus souvent ses missions ne l’écartaient pas de Perk et elle pouvait dormir dans sa chambre dans l’enceinte de la Guilde. Quand elle était en mission ailleurs, il était rare qu’elle prenne le temps de dormir. Elle finit par reconnaître la chambre bleue comme celle que lui avait donné Than. Elle se redressa et remarqua les griffures que Tali avait infligées à son avant bras lorsqu’elle l’avait étranglée. Elle ne s’en était rendue compte que lorsque Jon lui avait demandé si elle avait eu des problèmes en ville.

Elle quitta son lit et décida du même coup d’occulter les dernières bribes du rêve qu’elle venait de faire. Elle n’avait pas besoin de s’encombrer la tête avec des bêtises pareilles. C’était une vraie maladie chez elle. Comme si elle n’était pas tombée assez bas en fantasmant sur Antse, il fallait qu’elle fantasme à présent sur une dénommée Tali. Une prostituée. Une vraie maladie. Si elle n’était pas en conflit avec quelqu’un, si on ne la menaçait pas de mille morts, si il n’y avait ni dispute, ni insulte, elle n’arrivait pas à être attirée. Cette pétasse d’Antse, Maître Cianith à chaque fois qu’il lui passait un savon, même ce connard d’Archi Borg qui détestait l’Oma autant qu’eux détestaient l’Omi. L’amour du conflit était une véritable pathologie chez elle. Pourquoi ne pouvait-elle pas s’intéresser à des gens bien comme Hunn ou Leka ? Avec un peu de chance, le Baron Kevser était un type adorable, toujours calme et jovial. Elle ne savait pas pourquoi, mais cela ne faisait jamais très professionnel de poser un regard concupiscent sur ceux qu’on arrêtait.

Elle tira son sac de dessous son lit et l’ouvrit. Une journée chargée l’attendait. Des robes vertes et un pantalon noir sortirent de son sac et elle s’habilla tout en pratiquant des techniques de méditations et de relaxation. Elle se lança un sourire dans le miroir et rajusta ses lunettes avant de descendre discuter avec ses collègues de la Guilde.

Jon et Than avaient apparemment réussi à convaincre tout le monde de rester pour être interrogé. Parfait. Il y avait donc les deux hommes de l’Oma, Yarly et ses deux collègues et une inconnue que Ferial n’avait jamais vu, pas même hier quand elle s’était présentée aux Mages locaux en les interrompant en plein dans le petit-déjeuner. Elle aurait du être au courant de la présence d’un Mage supplémentaire à Tepsa. Elle se promit de parler de cet oubli à Than et commença la réunion.

« Bonjour à tous, j’espère que vous avez bien dormi. Comme je vous l’ai dit hier, j’enquête actuellement sur les activités d’un criminel notoire de la ville, le Baron Kevser. Vous vous demandez sans doute ce que cela peut avoir à faire avec vous, mais ne vous inquiétez pas, je vais vous le dire. Le Baron Kevser est soupçonné de passer en contrebande et peut-être même d’utiliser des artefacts magiques. Après une conversation très intéressante avec des employés de son bordel, il semblerait que certains mages aient leurs habitudes là-bas. Il se pourrait qu’il s’agisse de renégats. Mais il se pourrait aussi que certains Mages de Tau de Tepsa fréquente la lie de cette ville et traîne la Guilde dans la boue par leurs actions. Je vais vous poser quelques questions supplémentaires ce matin, mais tout d’abord, » elle se tourna vers l’inconnue, « j’aimerais savoir qui vous êtes. »
La femme aux cheveux blancs lui sourit aimablement avant de répondre.
« Je suis Darl, Théoricienne spécialisée dans l’élaboration de potions. Je suis en ville pour rendre visite à ma fille, le Mage Verna depuis deux semaines, » répondit elle d’une voix douce et posée en indiquant une des guérisseuses. « Et je dois vous avouer que je suis ravie de rencontrer enfin la nièce donc Feyrn parle si souvent. »

Ferial maudit la malchance qui avait voulu qu’une Théoricienne, et qui plus est une amie de son oncle, décide de sortir pour une fois de la Guilde, justement pendant sa mission. Elle devait être en train de payer pour avoir ‘oublier’ d’aller lui rendre visite… Elle sourit néanmoins à la vieille dame avant de continuer.
« Je vous prierais de bien vouloir verser de votre sang dans ma coupe que nous puissions procéder sans plus attendre. »

Les Guérisseurs et Darl parurent choqués qu’on leur fasse un tel affront. Mais Jon prit la coupe en argent et la dague qu’elle lui tendait sans faire d’histoires. La lecture de la vérité ne pouvait se faire qu’après avoir ingéré un peu du sang de la personne lue et récité une incantation au-dessus. Ce procédé était couramment utilisé par l’Oma pour son efficacité et sa fiabilité mais bien sûr, sur des Non Mages.

Les Mages de Tau qui n’étaient pas nés dans la Guilde abandonnaient tout quand ils devenaient apprentis, jusqu’à leur nom de famille. La Guilde et ses membres devenaient alors la famille de ces Mages. La confiance implicite entre eux était sacrée et indispensable à la vie dans une communauté comme la Guilde de Tau. Insinuer qu’un Mage pourrait ne pas être totalement honnête avec ses pairs était absolument insupportable pour nombre d’entres eux. Mais Ferial ne les connaissaient pas et n’avait pas de temps à perdre en essayant de les connaître, alors la lecture était la meilleure solution pour elle. Jon puis Than firent couler un peu de leur sang dans la coupe. Ferial ne détacha pas son regard brun et implacable des quatre autres avant qu’ils n’aient finis.

Elle récupéra alors la dague et la coupe et prononça l’incantation tout en mélangeant le liquide de la pointe de la dague. Elle but tout d’un trait et attendit quelques instants que le sang fasse son effet. Les premières questions qu’elle posa étaient uniquement des généralités aux réponses évidentes pour qu’elle ait le temps de se faire la main. Puis, quand elle s’estima prête, elle passa au sujet qui l’intéressait.
« Etes-vous déjà allée au Souffle du Désir, le bordel de Tepsa tenu par le Baron Kevser ? »
Les deux femmes, et Yarly, répondirent un 'non' sans hésitation. Jon et Than répondirent par l’affirmative immédiatement. Le dernier guérisseur, lui, hésita attirant ainsi l’attention du Mage de l’Oma. Elle décida d’en finir tout de suite avec les trois mages qui semblaient ne pas avoir eu de contacts avec le bordel.
« Connaissez-vous le Baron Kevser ? »
« Avez-vous déjà vu le Baron Kevser ? »
« Avez-vous déjà parlé au Baron Kevser ? »
« Savez-vous qui est le Baron Kevser ? »
« Etes-vous au courant d’un trafic de livres de Magie à Tepsa ? »
Et d’autres encore. Quand sa série de questions fut épuisée, elle décida de s’attaquer aux trois autres, en commençant par Than et Jon. Son instinct lui disait de garder Zielk pour la fin. Ceux qui hésitaient trop avaient souvent des choses à se reprocher. Elle se tourna donc vers ses deux collègues de l’Oma et commença à les interroger.
« C’était il y a six mois. La femme de l’Archi de Tepsa a été assassinée pendant qu’il n’était pas là, » commença Than, « il s’agissait de cambrioleurs apparemment. Comme on ne trouvait pas l’Archi, l’Omi a pensé tout de suite à un enlèvement et comme ils se sont retrouvés vite dépassés, » Echange de sourires entendus entre les Mages, « l’Oma a été mise sur le coup. Au bout d’une heure on l’avait retrouvé au lit avec deux prostituées. Chez le Baron. »
Ferial leur sourit.
« Maître Cianith a du adorer votre rapport.
« Ah ça oui. On a eu droit à une lettre de félicitations. »
Cianith adorait la boue qui entachait la réputation des Archis. D’excellents moyens de pressions sur tous ces imbéciles. Et comme Ferial n’avait jamais entendu parler de cette affaire auparavant, il y avait tout à parier que l’Archi de Tepsa était fait chanter.
« Je suis loin d’être étonnée. »
« C’est la seule fois où on a mis les pieds dans ce bordel. »

Ferial contrôla la véracité de leurs dires avec des questions croisées comme pour le précédent groupe. Tout avait l’air parfaitement en ordre. Ne restait plus que le guérisseur hésitant, dénommé Zielk. Il avait une petite quarantaine et était à Tepsa depuis trois ans si ses souvenirs étaient bons.
« Et vous, Mage Zielk, pourquoi vous êtes-vous rendu là-bas ? »
« Je devais soigner des gens. »
A ce qu’elle pouvait sentir, il disait la vérité. Le seul problème était que Ferial était sûre que le Baron Kevser n’avait jamais payé la Guilde pour des soins. Et aucun Guérisseur n’exerçait en dehors du contrôle de la Guilde.
« Qui avez-vous soigné ? »
« Ceux qui en avaient besoin. »
Ferial remonta ses lunettes sur son nez pour cacher un petit sourire satisfait. Elle était certaine qu’il avait quelque chose à cacher maintenant. Il n’était pas subtil dans sa façon d’éviter les questions et de toutes façons, Ferial était entraînée à ne pas se laisser distraire.
« J’en suis sûre. Est-ce qu’il y avait des prostituées dans le lot ? Le Baron Kevser lui-même peut-être ? »
Zielk pinça les lèvres brièvement avant de répondre.
« Non pas le Baron, juste des prostituées. »
Vrai encore. Mais cela n’expliquait rien.
« Zielk, pourquoi avoir soigné des prostituées ? Ont-elles payé le prix exigé par Tau ? Avez-vous été payé pour cela ? »
Il se pouvait qu’il ait essayé de se faire de l’argent de poche. Cela arrivait parfois. C’était extrêmement rare. Les Guérisseurs étaient très vulnérables après les soins qu’ils donnaient, leur magie les épuisait. Ils auraient été sans défense, des proies très faciles. Ils avaient besoin de la Guilde pour survivre sans finir comme des esclaves.
« Non, je n’ai pas eu d’argent. »
« Vous ont-elles payé de leurs faveurs ? »
« Non ! Je n’ai pas été payé ! »
Toujours vrai. Ferial ne voyait plus qu’une seule raison pour laquelle Zielk aurait pu les soigner gratuitement en dehors du programme Une Main Tendue. Et elle savait que Zielk n’avait jamais fait partie du programme qui visait à soigner les plus démunis. Il avait été monté par deux Mages charitables quelques décennies plutôt mais n’était maintenu que pour des questions d’images. A part un ou deux originaux, les Guérisseurs devaient être ordonnés d’accorder une de leur journée par an à ce programme.
« Est-ce que quelqu’un vous fait chanter, Zielk ? »
Ferial ne cacha pas cette fois son sourire triomphant en voyant le Guérisseur pâlir.


Kevser était d’une humeur massacrante cette après-midi là. La journée de la veille semblait bien agréable en comparaison à présent. Deux de ces filles qui avaient la permission de sortir s’étaient faites égorgées dans la rue. Une troisième avait réussi à s’enfuir mais elle était sérieusement blessée et leur médecin avait comme par hasard décidé de prendre congé. Avec le Mage Ferial fouinant partout, Zielk risquait d’être découvert et de ne plus être en mesure de l’être d’une quelconque utilité. Mais cela n’aurait pas du les prendre aux dépourvus comme cela. Ils auraient du être prêts. Kevser était quelqu’un de réaliste et connaissait les limites de son pouvoir, mais la mort d’une de ses employées à cause de son propre manque de prévoyance lui était intolérable. Bien sûr que ce marin de Liurk essayerait de l’intimider. Bien sûr il s’en prendrait aux plus faibles de son organisation. C’était ce que Kevser aurait fait à sa place. Des mesures auraient du être prises depuis longtemps pour le cas où son emprise sur Zielk serait compromise.

Une main se posa sur son épaule et Kevser sentit une présence derrière son grand fauteuil.
« Tu réfléchis trop, Kev. Tout le monde sait que tu as fait de ton mieux. »
« Depuis quand est-ce que cela suffit ? » Un soupir. « Il ne faut pas simplement faire de son mieux. Il faut être meilleur que les autres. Leur montrer sans l’ombre d’un doute que… »
« Bien… D’accord, tu aurais pu prévoir la réaction de ce Cawo. Mais au lieu de ressasser tes erreurs, tu ferais bien mieux de montrer à la ville que le Baron Kevser est toujours aux commandes et qu’aucun pardon ne sera accordé. »
Kevser laissa sa tête se reposer sur le bras de Volner.
« J’ai déjà contacté Park. Demain matin il y aura des cadavres partout dans le quartier sud. » Kevser se leva et se tourna vers Volner. « Tu vas quitter la ville pour quelques temps avec un ami de Park. Tu emportes tous nos livres avec toi. »
« Le marin ne nous causera bientôt plus de problèmes. Je ne vois pas pourquoi je devrais partir. »
« Un incident comme celui de cette nuit est peut-être tout ce que cette Ferial attend justement pour nous tomber dessus.»
« Je ne pars pas sans toi. » Volner aussi bien dans le ton de sa voix que dans son regard appuyé réussit à faire passer la fermeté de sa décision. Malheureusement pour lui, Kevser ne lui demandait pas son avis.
« Il viendra te chercher ce soir. »
« Kev, non… Pas question. »
Mais avant que Kevser n’ait pu répondre pour réaffirmer ses ordres, on frappait à la porte. Deux coups rapides. Ce devait être Jellier.
« Entre, » lança Kevser.

Le géant aux cheveux hirsutes entra mais hésita en voyant que Volner était là.
« Je dérange ? »
« Non. Nous avions fini. Tu voulais quelque chose ? »
« Le petit mage est là. »
« Zielk ? Il a attendu tout ce temps ? Qu’est-ce qu’il dit ? »
« Il dit qu’il était avec cette garce de Ferial et qu’il ne pouvait pas venir plutôt sans paraître suspect. »
« Qu’est-ce que tu en penses ? »
Jellier haussa les épaules.
« Très bien, qu’il soigne Tijape et qu’il s’en aille. Tu restes derrière lui tout le temps. Comme toujours.»
Jellier hocha la tête et se retira.
« Tu vois, tout finit par s’arranger, » fit Volner. « Il n’y avait pas de raison de dramatiser. Je vais rester. »
« Ne sois pas si naïf. Mon petit mage a sans doute été découvert. Ferial a du lui ordonner de revenir ici pour voir ce qu’il pourrait apprendre. Elle ne me semble pas stupide. Mais si il peut soigner Tijape, c’est toujours ça de gagner. Et toi, tu ne pars plus ce soir. »
Volner sourit, tout content d’avoir réussi à convaincre Kevser.
« Tu pars immédiatement. Je vais faire chercher immédiatement l’ami de Park. Et tu ne discutes pas. » Kevser planta son regard dans celui du jeune homme qui avait perdu toute trace de satisfaction sur son visage. Volner ne tint pas une seconde face aux yeux froids du Baron. « Viens, il faut qu’on prépare ton sac. »

Volner baissa la tête et suivit Kevser dans sa chambre. Il y avait déjà une malle et un sac de cuir sur son lit. Ils avaient été apportés sur ses ordres un peu plus tôt. Kevser ferait presque n’importe quoi pour protéger Volner. La Guilde ne prenait pas très bien les gens qui s’essayaient à la Magie de leur côté. Oh non. Ils étaient tous emmenés à la Guilde et jamais plus n’en ressortaient. Ce qu’ils devenaient, c’était un secret Tau gardait précieusement tout en faisait circuler les rumeurs les plus extravagantes. La peur est un puissant dissuasif. La malle fut remplie de tous leurs livres d’études et partirait avec Volner. Parce que Kevser ferait n’importe quoi pour protéger Kevser et que si quelqu’un devait être trouvé en possession de livres de Magie… Kevser aimait vraiment son petit protégé pourtant. Mais son propre salut était plus important à ses yeux que n’importe quoi, ou n’importe qui d’autre. La promesse personnelle que son destin ne reposerait plus que dans ses mains.

Heureusement, ou malheureusement, c’était selon, Volner ne comprenait pas toutes les subtilités de la vie au Souffle du Désir. Kevser ne s’en servait que rarement contre lui. Mais ce n’était pas la première fois. Et si la chance était de leur côté, encore une fois, il ne comprendrait pas. Ils s’en sortiraient. Et tout continuerait comme avant, Volner continuerait de voir son sauveur, là où il n’y avait en réalité qu’opportunisme. L’attachement était venu plus tard.
« Tu as bien pris suffisamment de vêtements chauds ? »
Volner roula des yeux.
« Tu crois toujours que j’ai douze ans. »
« Parfois, on le dirait. »

Douze ans, l’âge qu’il avait quand il était arrivé et que Kevser l’avait pris sous son aile. Sept ans plus tôt. Autant dire une éternité. Kevser venait à peine de devenir le Baron Kevser. Le Souffle du Désir battait de l’aile, et ses activités se limitaient à la prostitution. Son cercle de confiance était encore en train d’être construit. Park n’était pas encore avec eux. Jellier faisait des difficultés. Et un gamin encombrant était arrivé et sans lui, peut-être que le Baron Kevser ne serait plus. Il avait partagé ses secrets au fil des années, devenant son confident et son seul véritable ami. Et pourtant, pourtant, il en était ressorti étonnamment pur et idéaliste. C’était là tout son charme. Kevser avait du battre certaines de ses filles loin du jeune homme. S’il commençait à s’attacher à une, ou plusieurs, d’entre elles, il voudrait que Kevser les sauve elles aussi. Et son commerce partirait en fumée. Le
problème avec Tali était déjà assez ennuyeux comme ça. Volner était mieux isolé au maximum de ce monde là, à étudier ses livres et à apprendre. Il valait mieux que tout ce qu’on pouvait trouvé au Souffle, et Kevser ferait tout pour que Volner ne fasse plus jamais partie de la marchandise.

« Tu ne feras pas de bêtise, n’est-ce pas ? »
« Non, Kev. Je te le promets. »
« Charmant. Ne me déçois pas là-dessus, d’accord ? C’est trop important pour que tu fasses des tiennes. »
« Je te le promets, » répéta-t-il.

Kevser accepta la promesse immédiatement, sans penser que tout c’était peut-être un peu trop facile. Volner finit d’emballer des affaires pour quelques jours et la bourse que Kevser lui avait donnée ; puis ils allèrent retrouver Park et son ami pour le départ. Avec un peu de chances, le jeune homme réussirait à éviter les ennuis en quittant Tepsa.


A Perk, au palais, trois Archis attendaient dans une petite chambre que le Supra, Commandant Suprême du Suprôme, les reçoive. Tous trois avaient conscience de l’enjeu de l’entretien qui allait se dérouler dans une pièce voisine. Car si eux étaient près à passer à l’action pour reprendre le contrôle de la Guilde et rendre la conduite de la politique du Suprôme à ceux qui en avaient normalement la charge et ne pas la laisser à ces manipulateurs de Mages, la plupart des autres Archis, même s’ils étaient d’accord sur le principe, ne bougeraient pas sans le Supra. Borg lui avait déjà parlé à plusieurs reprises des problèmes que la Guilde de Tau posaient mais le Supra n’accueillait pas ses remarques toujours de la même façon. Il était difficile de savoir ce qu’il pouvait penser.

Un serviteur entra et leur annonça que le Supra allait les recevoir. Les trois Archis se levèrent et le suivirent, sans hésitation et sans regrets, bien que si Borg se trompait et que le Supra n’approuvait pas leur plan, leurs vies ne vaudraient plus rien du simple fait de l’avoir exposé. Comploter contre Tau venait juste après les complots contre le Supra sur l’échelle des crimes.

Advienne que pourra.


Ferial attendit tranquillement que Zielk revienne du Souffle du Désir pour lui faire son rapport. A aucun moment, elle n’avait douté qu’il reviendrait. Zielk était né dans l’enceinte de Tau, il ne saurait jamais vivre sans la Guilde. Il ne lui viendrait même pas à l’idée de s’enfuir pour échapper à la punition et au déshonneur quand il rentrerait à Perk avec Ferial. Il avait fréquenté des prostituées ce qui en soi n’était pas puni par la Guilde tant que cela restait du domaine privé. Ce qui n’était plus vraiment le cas, puisqu’il avait compromis les intérêts de Tau en laissant des criminels le faire chanter. Au lieu de régler le problème, il laissait faire et cédait à leurs exigences. Ferial ne savait pas comment un Mage avait pu tomber aussi bas. Etre complètement au pouvoir d’un Non-Mage. C’était écoeurant.

Zielk revint et après lui avoir raconté ce qu’il avait vu au Souffle du Désir, Ferial se dit qu’il était peut-être temps d’augmenter la pression sur le patron du bordel puisqu’elle avait l’aide, bien involontaire, d’un nouveau concurrent venu de Liurk, dénommé Cawo. Avec deux ou trois filles en moins, les choses risquaient d’être tendues et si elle savait y faire, elle pourrait obtenir plus d’informations que lors d’une journée ordinaire. Elle consigna donc Zielk dans sa chambre sous la surveillance de Than et quitta le quartier est pour retourner enquêter, Jon sur les talons.

Quand elle poussa la porte du Souffle du Désir ce soir là, personne ne fit trop attention à elle, les esprits étaient ailleurs. Il y avait bien moins de clients que la veille au soir. Sans doute préféraient-ils pour la plupart éviter de se retrouver au milieu d’une guerre entre deux maisons closes. Les clients, même les habitués, ne regretteraient pas longtemps la fermeture du bordel, si cela devait arriver. Ils iraient dans le bordel suivant qui fournissait, après tout, les mêmes services que le leur.

Ferial allait s’asseoir à la table qu’elle avait occupée la veille, mais une tache de couleur sur le comptoir attira son regard. Cheveux auburn tombant sur des épaules dénudées, un corsage à moitié dégrafé, et de longues bottes qui remontaient jusqu’aux cuisses. Oui, c’était bien Tali. Sauf qu’elle portait des sous-vêtements ce jour là. Elle était juchée sur le comptoir, et parlait avec ce qui devait être deux clients assis sur des tabourets de part et d’autre d’elle. Ils avaient l’air déjà bien éméchés et l’alcool qu’elle rajoutait dans leurs verres ne ferait rien pour les aider. Son regard passa au dessus de la tête des deux hommes et tomba directement sur Ferial, qui sourit en voyant qu’elle avait encore quelques marques autour du cou. Le Mage avait très envie de voir comment allait la jeune femme tout à coup.

Ferial, arrivée derrière les deux hommes, toussota et devant leur manque de réactions, posa sa main sur leurs épaules pour les forcer à se retourner. Les deux hommes ne reconnurent pas immédiatement son col montant haut sur sa nuque, signifiant de son appartenance à la Guilde.
« On est déjà occupés ma jolie… »
Ferial le fusilla du regard, mais l’homme était trop fin soul pour s’en apercevoir.
« Nom, prénom et qualité. Tout de suite. »
« Hein ? »
« Je suis le Mage Ferial, détachée par l’Oma sur Tepsa le temps d’une enquête. Ai-je vraiment besoin de me répéter ? »

L’un des deux hommes s’était relevé si précipitamment qu’il en avait fait tomber sa chaise. L’autre était devenu si pâle qu’on aurait pu se demander si ce n’était pas son fantôme qui se tenait là. Les Mages de l’Oma avaient le droit d’arrêter qui ils voulaient, quand ils voulaient pour interrogatoire.

« Allez, partez avant que je ne décide vraiment de prendre vos noms, »

Ferial avait finit par avoir eut pitié d’eux, et d’elle-même, en les voyant paralyser et incapables de répondre ou de bouger. La populace les craignaient toujours pour cette raison ou peut-être parce que la rumeur disait qu’ils pouvaient savoir qui mentaient et qui disaient la vérité. Ce qui était vrai, mais pas aussi immédiat que les gens pouvaient le penser. Pas de sang, pas de vérité.

Ils étaient si pressés de s’enfuir quand elle leur en donna la permission qu’ils en oublièrent de saluer Tali. Mais Ferial se demandait si on devait saluer une prostituée en partant. Mais si on disait au revoir au boucher en quittant son échoppe, on devait sans doute lui dire au revoir à elle aussi.

« Je suis vraiment flattée. Un Mage tel que vous, se battant avec deux ivrognes pour mon attention, » ironisa Tali, toujours installée sur le comptoir.
Ferial s’assit sur un des hauts tabourets que les hommes avaient laissés libres en partant avant de lui répondre sur le même ton.
« N’importe quoi pour le privilège de votre compagnie, » répondit-elle en levant les yeux au plafond.
« C’est typique des mages ce comportement. A vous voir ou à vous entendre, le monde est à vous. »
« Mais n’est-ce pas le cas ? »
Tali haussa ses ravissantes épaules mais ne prit pas la peine de commenter.
« J’ai appris que vous aviez des problèmes. »
« Vous voulez dire d’autres problèmes que les mages bruyantes et envahissantes ? »
« Je pensais aux cadavres retrouvés au petit matin dans une des rues du quartier et sur lesquels les rats ont festoyés toute la nuit. Des amies à vous je crois. »
Les yeux de Tali s’enflammèrent sous l’effet de la colère. Ferial élargit son sourire, découvrant jusqu’à ses canines. Ce sentiment lui allait bien au teint de toute façon et elle développait des rougeurs charmantes sur ses pommettes saillantes. Elle se pencha sur Ferial, la dominant de sa hauteur, cette fois.

« Vous allez proposer de me venir en aide peut-être ? »
« Oh vous savez, je crois que je vais me contenter de regarder la boue que ça va remuer et compter les cadavres. Peut-être même que je donnerais un coup de mains à l’ami de votre Baron. L’ennemi de votre ennemi… vous comprenez. Rien ne nous empêchera pas la suite de nous retourner contre lui.»
« C’est ça qui me dégoûte chez vous. Vous vous servez de tout le monde. Vous vous présentez comme des protecteurs, des gens qui sont là pour venir en aide aux autres, pour aider à faire respecter la loi dans le Suprôme, mais vous faites que c’qui vous arrange. »
Ferial rajusta ses lunettes rondes.
« Bien sûr. Et tout le monde fait la même chose. Pourquoi la Guilde devrait-elle s’aligner sur un code différent ? D’ailleurs, pourquoi la Guilde devrait s’intéresser à vous ? Les Mages ne devraient pas avoir à servir des gens qui ne comprennent rien et qui n’apprécient même pas tout ce qu’on fait déjà pour eux.»
« J’aimerais bien savoir ce que la Guilde toute puissante a fait pour quelqu’un comme moi. »
Ferial fit mine de réfléchir un moment avant de rire.
« Oups, rien du tout. »
Tali la regardait comme quelque chose de particulièrement répugnant à présent.
« Mais ne vous inquiétez pas, je parlerais des prostituées à notre prochaine réunion. Je suis sûre qu’on pourrait vous aider. Peut-être en vous trouvant des guérisseurs par exemple. »
« Je manquerais pas de faire part de votre généreuse idée au Baron. »
« Je n’en doute pas… Bien qu’à votre place, je serais morte de peur. »
Tali battit ses cils rapidement, ne comprenant pas la question.
« Et bien il semblerait que votre Kevser ne soit plus en mesure de protéger ses employés. Vous ne pouvez pas… »
Tali serra les poings.
« C’est le Baron Kevser pour vous. Vous le connaissez pas ! »
« C’est vrai, je vous l’accorde. Mais je sais qu’on a retrouvé des cadavres. Il a des problèmes avec ce concurrent, il a des problèmes avec l’Oma… Combien de temps croyez-vous qu’il va tenir ? Ni moi, ni l’Oma ne lâchons prise. Et vous, après qu’allez-vous devenir ? Vendue au plus offrant ? Déménagée dans le bordel de ce Cawo ? »
« Le Baron Kevser laissera jamais faire ça ! »
Ferial rit ouvertement.
« Votre Baron n’est rien. Rien du tout. »

Tali pointa son poing en direction de Ferial, elle avait l’air plus furieuse que jamais mais le Mage n’eut pas le temps d’apprécier. En se penchant pour la frapper, Tali fut déséquilibrée par son geste brusque et tomba en avant, sur les genoux de la jeune femme. Ferial écarquilla les yeux, surprise pour une fois par la tournure des évènements.

« Et bien, au moins, vous n’y allez pas par quatre chemins quand vous essayer de convaincre un nouveau client de passer le pas. »

Tali essaya de se redresser et de descendre aussitôt mais elle était légèrement mal placée. Ferial était à son tour, rouge écrevisse, mais cela n’avait rien à voir avec la colère. La jeune femme dut s’apercevoir qu’elle était mal à l’aise parce qu’elle se mit tout à coup à se tortiller pour le plaisir de se tortiller sur les genoux de Ferial et non plus pour essayer de les sortir de cette situation embarrassante. L’esprit de contradiction de Tali semblait avoir encore une fois frappé. Ferial comptait bien reprendre le contrôle de la situation. Si elle trouvait une idée. Elle finit par la saisir par la taille et la redressa pour qu’elle s’arrête de bouger. Oh Oh. Ferial avait oublié qu’elle ne supportait de regarder les gens dans les yeux d’aussi près que ça. Surtout lorsque les siens étaient irrémédiablement attirés par le décolleté de Tali. Elle prit une nouvelle demi-teinte de rouge au niveau des joues.

« Du calme ! Arrêtez de gesticuler dans tous les sens ! »
Tali obéit et resta là, assise à califourchon sur les genoux de Ferial, les coudes et le dos appuyés sur le comptoir.
« Si vous voulez me garder sur vos genoux, je suis pas contre, mais il va falloir penser à payer parce que je peux pas continuer à vous accorder mon temps comme ça. »
Ferial pinça les lèvres.
« Je ne vous retiens pas. »
Tali lui signala ses mains, toujours posées sur sa taille.
« Uniquement parce que je ne vous fait pas confiance pour vous tenir tranquille, » se justifia Ferial, qui aurait pourtant bien voulu remonter ses lunettes, qui n’en avaient pas besoin, sur son nez.
« Oh c’est charmant. Je crois que c’est la première fois qu’on m’sort cette excuse là. »
« J’ai toujours aimé l’originalité. » Ferial lâcha la taille de la jeune fille et croisa ses bras sur sa poitrine. « Peut-on reprendre la conversation de tout à l’heure à présent ? Enfin si l’envie de me frapper vous a passé. »
« Pour l’instant oui, mais je ne promets rien si vous recommencez à être insupportable. »
« Tali, je peux vous aider. Si vous vous montrez coopérative, je peux m’arranger pour que vous ayez un petit pécule pour recommencer votre vie autre part. Le monde du Baron Kevser s’écroule. Etes-vous sûre de vouloir assister à la chute. »
« Et à quel point je devrais me montrer coopérative exactement ? Trahir mes amis suffira-t-il ou devrais-je aussi, » elle passa ses bras autour du cou de Ferial, « me montrer aimable avec vous ? »

Ferial restait immobile, se demandant ce que Tali avait en tête. Non, pas ça. Ce qu’elle sous-entendait était suffisamment clair, mais Ferial était pratiquement sûre que…

« Qu’est-ce qui se passe ici !!! »

Ferial se tourna vers le nouveau venu qui avait hurlé dans la taverne. Un jeune homme, à peine sorti de l’adolescence, à peu près de sa taille, des cheveux blonds cendrés qui lui tombaient en dessous des oreilles. Plutôt mignon… Il était mieux habillé que le Tepsien ordinaire, et malgré la douceur du temps, portait une écharpe bleu autour du cou. Il avait l’air plus cultivé aussi que la plupart des clients du Souffle du Désir. Il n’avait pas vraiment l’air à sa place dans un endroit comme celui là. Tali devait le connaître en tout cas parce qu’elle s’immobilisa sur les genoux de Ferial en voyant de qui il s’agissait. Peut-être le fils d’un Concil qui s’était entichée de la jolie prostituée que son papa avait payée pour faire de lui un homme.

« Lâchez-là tout de suite, » ordonna-t-il.
Ferial le jaugea, amusée, de la tête aux pieds.
« Passe ton chemin, gamin. Tu ne veux pas avoir à faire à moi. »
Tali essaya de descendre de ses genoux mais Ferial la retint d’un bras passé autour de sa taille.
« Vous croyez que je ne sais pas que vous êtes un Mage ? Lâchez-là ! Laissez-là partir. Vous n’êtes tous qu’une bande de pervers. Tali n’a pas à… »
« Oh, du calme. Rentre chez tes parents. C’est une prostituée, elle fait son travail. Repasse un autre soir et tu l’auras à ton tour. »

Le jeune homme vit rouge et Ferial eut l’impression curieuse d’être en danger. Son intuition la trompait rarement mais elle ne voyait pas ce qu’elle aurait pu craindre du chiot. Cela n’avait aucun sens.

« Ne parlez pas d’elle comme ça ! »
Ferial roula des yeux et passa la main qu’elle avait gardé libre dans les cheveux de Tali. Aussi soyeux au toucher qu’ils en avaient l’air.
« Ne te tourne pas plus en ridicule, mon garçon. »
« Je vais vous… »

Le jeune homme s’avança, menaçant sur Ferial et Tali mais avant que le Mage ne puisse réagir, Tali lui donnait un coup de coude dans les côtes, lui permettant ainsi de se libérer et de se placer entre elle et le jeune coq.
« Ca suffit maintenant, » dit-elle, « Monte dans ta chambre, le Baron sera furieux que tu ais désobéi. »
« Si tu crois que je vais te laisser là avec cette vicieuse petite Mage… »

Tali le gifla. Elle faisait quinze bons centimètres de moins que lui, mais le bruit de la gifle retentit dans la taverne.

« J’ai dit : remonte dans ta chambre ! Tu auras de la chance si le Baron accepte de te faire encore confiance après ça ! »

Le jeune homme semblait perdu à présent. Un instant, Ferial crut même qu’il allait se mettre à pleurer. Mais en le voyant hocher la tête et se diriger vers les escaliers, Ferial comprit ce que Tali avait dit. Remonter dans sa chambre. Et l’impression étonnante de danger qu’elle avait ressenti. Un sourire immense apparut sur son visage. Si elle avait raison, et elle n’en doutait pas une seule seconde, le Baron était fait. Le jeune homme habitait là. Elle se leva immédiatement.

« Attends ! »
Le jeune homme s’arrêta et se retourna lentement.
« Comment t’appelles-tu ? »
Tali ne lui laissa pas le temps de répondre.
« C’est juste un gamin qui est amoureux de moi… Le Baron l’avait prévenu de ne plus faire de scandale… Laissez le tranquille. »
Ferial ne faisait plus du tout attention à Tali.
« Ton nom, gamin. »
« V… Volner. »
« Volner… Tu travailles pour le Baron Kevser n’est-ce pas ? »
Il hocha la tête.
« Je t’arrête. »
« Quoi ?! » s’écrièrent en même temps Tali et lui.
« JON ! » cria Ferial pour sa voix porte jusqu’au dehors où le Mage de l’Oma l’attendait. Un instant plus tard, il était là.
« Un problème Mage Ferial ? »
« Au contraire. On fouille cet endroit. On le démonte si besoin est. Et on prend ce gamin avec nous. »
« Bien, Quatrième. »

Tali avait l’air ulcérée. Les clients commencèrent à opérer une retraite stratégique hors du Souffle du Désir. Le dénommé Volner avait l’air terrifié.
« Oh, et Jon, prends des précautions, celui là a appris de la Magie. »
« Comment vous le savez ?! » s’écria le jeune homme avant de se plaquer une main sur la bouche.
Ferial rajusta ses lunettes sur son nez, très fière d’elle.
« Et bien à part le fait que vous veniez de confirmer tous mes soupçons, je parie que vous avez préparé un sort pour moi tout à l’heure… Même si vous vous êtes ravisé, je l’ai senti. Je suis un Mage de Tau, vous devriez savoir que nous ne sommes pas des débutants. »

Elle se tourna vers les employés du Baron.
« Je vous déconseille de vous mêlez de ça. Nous n’avons aucun problème avec le fait de devoir vous tuer. Gardez ça en tête avant d’avoir envie de nous freiner. »

« Jon, tu gardes le gamin. Je vais fouiller cette maison. Tali, tu me sers de guide.»

Ferial avait beau fouillé, elle ne trouvait rien. Elle avait démonté tous les meubles de la manière forte, avec des sorts explosifs, avaient trouvé des doubles fonds, deux portes dérobées, une pièce secrète, et pourtant, elle n’avait rien trouvé. Pourtant Volner habitait là selon Tali. Enfin ce que Tali avait dit avant qu’elle ne tombe dans un mutisme inébranlable. Ferial savait qu’il apprenait la magie. C’était un Mage ou il avait le potentiel pour en devenir un. Elle n’était pas Empathe, mais elle savait reconnaître les signes d’une attaque. Elle venait de trouver une des personnes pour qui elle était venue. Une des personnes qui utilisaient les livres de Magie qu’elle pistait. Qu’il habite sous le toit du fameux Baron Kevser ne pouvait que justifier sa première intuition : le Baron Kevser était un Mage renégat. Pire que ça. Il avait commencé à former des apprentis hors de la Guilde. Ferial ne pouvait pas laisser faire ça, elle devait à Tau d’agir vite et bien.

Malheureusement le temps de monter, de trouver la porte qui menait à un escalier qui donnait sur la rue, le Baron ainsi que la plupart des clients et les prostituées avaient disparus. Elle ne pouvait pas laisser des Mages traîner dans les rues mais elle n’avait d’autre choix que de quitter le Souffle du Désir avec comme seul prix, Volner. Au moins, son interrogatoire promettait d’être plus fructueux que celui de Zielk. Il était impossible qu’il n’ait jamais vu le Baron.


Kevser était de retour dans sa chambre au Souffle du Désir. Cela ne faisait pas une heure que cette garce de Ferial avait emmené Volner avec elle. Il lui restait plus qu’à remettre ses bottes avant d’aller chercher vengeance. En commençant par Cawo. Cette affaire avec lui n’avait que trop traîner, et on ne lui laissait plus le choix. Volner serait libéré quand il n’y aurait qu’un Mage avec lui. Un Mage que Kevser se ferait un plaisir de tuer. Pour l’instant, ce qui importait, c’était de tuer le marin et ses acolytes. Les assassins de Park étaient tous postés autour de l’antenne locale de la Guilde. Pour l’instant, ils ne pouvaient rien faire, mais ils seraient informés du moindre mouvement. Et quand les Mages se mettraient en chasse pour attraper le Baron Kevser, alors, alors seulement, ils iraient récupérer Volner. Et ils quitteraient cette ville. Jellier s’occuperait des affaires en attendant que les choses se calment. Volner avait toujours dit qu’il voulait voir la mer.

Jellier frappa à la porte et entra.
« Baron ? Park est de retour. On peut y aller. »
Kevser rengaina son poignard et passa sa cape.
« Très bien. Il est temps de montrer à ce Cawo à qui cette ville appartient. »







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[info]lilibel
2005-11-11 12:25 pm UTC (link)
J'adore la tournure que prennent les evenements.

Yipeee

Vouala le commentaire vachement constructif du jour :p

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[info]azhureheart
2005-11-11 12:30 pm UTC (link)
LOL
bahhh j'espère que tu aimeras le chapitre 4 alors... parce queeee le chapitre 4 m'éclate encore plus^^

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[info]lilibel
2005-11-11 02:02 pm UTC (link)
Essaye de pas oublier des petits mots parciparlà (oui en un seul mot ça fait plus classe :p) ^^;

*oui oui c'est moi qui fait des fautes immondes qui parle* huhu

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[info]azhureheart
2005-11-11 10:54 pm UTC (link)
c bon j'ai eu l'aide de fofo pour retrouver les mots perdus. je sais pas s'ils sont tous là maintenant, mais bon... au moins quelques uns sont là^^

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[info]jedicathy
2005-11-11 01:41 pm UTC (link)
huhu... la suite la suite la suite...

Volner est chou... un peu con mais chou :p

l'histoire s'accélère et j'aime ça, mais j'aimerai en savoir plus sur Tali... sur le baron aussi bien sûr... mais plus tali...

Par contre je maintiens ce que j'ai dit... Le baron me fait penser à Lucius... pas le lucius du livre, mais ton lucius de VE (désolée de te poursuivre avec ça, je sais que ça t'énerve mais bon :p)

au niveau du style... le style est plus fluide que le chapitre précédent je trouve... les différentes scènes s'enchainent mieux.
Les niveaux de langage... au début Tali a commencé à parler comme Ferial, mais tu t'es reprise ensuite lol

So good job and go on...

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[info]azhureheart
2005-11-11 02:10 pm UTC (link)
mah nooon. VE ne m'énerve pas. Jeez !!! Pas du tout. *serre les dents*. Nan sérieusement, y'a peut-être des trucs de l'un chez l'autre, mais je pense pas qu'il y en ait tant que ça...

Tu verras plus de Tali et plus du Baron dans le suivant. Et plus de Ferial. Oui Volner est peu con con. mais c'est pas de sa faute, il a été trop protégé^^

je ferais plus attention au langage dans le suivant^^

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[info]jedicathy
2005-11-12 10:04 am UTC (link)
bah je dis pas non plus que kevser est une copie conforme de Lucius... juste certains points...

donc on aura pas de Baron/Volner ? hm... Volner/Tali peut-être lol
bon tu as dit que tu postais today là alors j'attends :p

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[info]azhureheart
2005-11-12 05:21 pm UTC (link)
jeez... tous des esclavagistes. On verra si j'arrive à boucler pour ce soir. Anyway il sera pas aussi gros que le précédent^^

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[info]jedicathy
2005-11-12 07:03 pm UTC (link)
oué esclaagiste et fière de l'être :p

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(Anonymous)
2005-11-11 01:52 pm UTC (link)
rho superrrrrrrrrrrrrrrrr je veux la suite vittttteuh
"Si elle n’était pas en conflit avec quelqu’un, si on ne la menaçait pas de mille morts, si il n’y avait ni dispute, ni insulte, elle n’arrivait pas à être attirée. " C

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(Anonymous)
2005-11-11 01:55 pm UTC (link)
oups pb de com';D
donc vi je disais c super comme phrase tout à fait dans l'esprit de ton personnage et de toi bien sur!
bon sinon t'as oublié une petite dizaine de mots ou de conjugaison à droite à gauche mais je suis sure que tu vas nous arranger ça avant d'etre publié ;)
ah vi la scène du tabouret entre Tali et Ferial géant!
bopppp bouges toi on veut tous la suite miss!

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[info]azhureheart
2005-11-11 02:56 pm UTC (link)
Ohhh cécé chérie^^
j'espérais bien que cette scène te plairait parce que c'est toi qui m'a dit de la mettre^^

j'essaie de poster la suite ce week-end promis... mais seulement si je vois ton chapitre 2^^

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[info]angeliksmall
2005-11-11 03:56 pm UTC (link)
OMG j'adore, Ferial est terrible, Volner cute, oh que j'aime la pairing Kevser/Volner "Et toi, tu ne pars plus ce soir. »
Volner sourit, tout content d’avoir réussi à convaincre Kevser.
« Tu pars immédiatement." Arghhhhhhhhhhhh i love it!!!
Talli est super aussi en petite prostituée fûtée et le coup je te tombe sur les cuisses, great^^
La suite la suite!!

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[info]azhureheart
2005-11-11 08:16 pm UTC (link)
chérie chérie chérie. Le Kevser/Volner n'arrivera jamais.

J'adore Tali aussi. Ah cette sacrée Tali... J'espère qu'elle continuera de te plaire dans la suite^^

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La suite !
[info]zohra00
2005-11-11 10:36 pm UTC (link)

On est encore bien pris dedans, va falloir que tu les fasse tes 25 000 mots pou le week end sinon va y avoir des decut ( moi en tout cas ).
Héhé je relève encore les ressemblances entre Ferial et toi : "Oh Oh. Ferial avait oublié qu’elle ne supportait de regarder les gens dans les yeux d’aussi près que ça" Décidément c'est une petite Eva celle la...
Tali avait l'air drolement impliqué dans la vie du souffle du désir... je sens que tu lui a laissé un role interessant mais je me demande a quel point elle est proche de Kevser... surement tres proche pour se permetre de gifler son protéger. Un bel idiot celui la d'ailleur ! Parfait dans le role du gamin trop romantique iresponsable... on a envie de voir Ferial lui apprendre la vie et le manger tout cru.
La scene de Tali sur les genoux de Ferial t'a été conséillée par CC ??? héhé je la verai bien sur tes genoux. C'est peut etre une invitation implicite !
Moi j'aime bien Jon et Than, t'en parle pas beaucoup, mais ca al'air de mecs sreieux et efficace.

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Re: La suite !
[info]azhureheart
2005-11-11 10:53 pm UTC (link)
La scene de Tali sur les genoux de Ferial t'a été conséillée par CC ??? héhé je la verai bien sur tes genoux. C'est peut etre une invitation implicite !
Ce serait bien mais je sais pas pourquoi j'ai des doutes ;)

Je fais mon maximum pour que la suite soit postée rapidement. La relation Tali/Kevser sera expliquée très bientôt... C'est vrai que je n'ai pas encore eu l'occasion de le faire...

Jon & Than ? LOL. Pourtant ce sont les persos "à l'arrache" à commencer par leurs noms Jon et Than, Jonathan lol...

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(Anonymous)
2005-11-12 12:41 pm UTC (link)
Voilaaaaa!!! C'est lu :):):)

Comme promis un commentaire :p
Je veux la suiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiittttttttttteeeeeeeeuuuuuuuuuuu
On va harceler cécile pour qu'elle sorte le chapitre 2 comme ca on aura le chapitre 4 XD
Par contre d'ou tu dis que y'a QUE cécile qui a donné son avis pour la scène sur les genoux?!!! J'étais là!!!! Je suis suuuuper véxé!! Et voila tu m'as brisé le coeur.. (encore une fois... sic)

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[info]azhureheart
2005-11-12 05:23 pm UTC (link)
Clair^^ parce que pas de chap2, pas de chap4^^ Troc façon esiearque^^

Rhooo c'est parce que tu m'as brisé le coeur hier au téléphone ça !! Chacun son tour^^

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[info]rosengirl
2005-11-13 12:42 am UTC (link)
Wow il était dense ce chapitre !!

J'adore, je suis complètement ds l'univers qui devient plus clair au fil des chapitres.

Les persos sont super, j'ai hâte de voir le face off Kev/Ferial, ça risque d'être explosif !

*enchaine avec le chap 4*

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[info]azhureheart
2005-11-13 12:56 am UTC (link)
huhu...
contente que ça te plaise... le face off attendra réellement le chapitre 5. mais on y va doucement^^

j'adore ton icone mais je comprends pas teh quoi ?

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[info]rosengirl
2005-11-13 01:45 am UTC (link)
Teh evol, TEH EVOL !!!! The evil en pas argo lol

Ce qu'est Lex cette saison si on en croit Dumb & Dumber... *rolls eyes*

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[info]azhureheart
2005-11-13 08:19 am UTC (link)
j'ai du mal à suivre le cyber argo... autant teh je peux comprendre parce que ça m'est arrivé mais evol heuu non. LOL. Merci chérie^^

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(22 comments) - (Post a new comment)

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