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  <title>Le Baron Kevser</title>
  <subtitle>Journal d'écriture d'Azh'</subtitle>
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    <title>Chapitre 9</title>
    <published>2005-11-27T19:44:53Z</published>
    <updated>2005-11-27T21:23:25Z</updated>
    <content type="html">&lt;font size="+1"&gt;Nb de mots :4673&lt;br /&gt;Nb de mots total :45901&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;Facteur stress : TRES INTENSE !!!&lt;br /&gt;Note : heureusement que &lt;span class='ljuser  ljuser-name_lilibel' lj:user='lilibel' style='white-space: nowrap;'&gt;&lt;a href='http://lilibel.livejournal.com/profile'&gt;&lt;img src='http://l-stat.livejournal.com/img/userinfo.gif' alt='[info]' width='17' height='17' style='vertical-align: bottom; border: 0; padding-right: 1px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href='http://lilibel.livejournal.com/'&gt;&lt;b&gt;lilibel&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; était là pour m'écouter raler (et réciproquement^^)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="cutid1"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;font size="+2"&gt;Chapitre 9&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ferial préférait voyager à cheval plutôt qu’en roulotte. Au moins, elle n’était pas enfermée avec sept autres femmes dans un espace confiné, sans possibilité de voir la route qu’ils parcouraient. Bon, d’accord, la route n’était pas spécialement intéressante. Ils étaient sortis de la forêt un peu plus tôt et maintenant ils étaient entourés de terrains en friche… Ce n’était pas vraiment très excitant, mais au moins elle respirait. Finalement, quand ils étaient repartis, ils n’avaient pas emmenés les trois autres mercenaires. Kevser n’avait pas voulu s’occuper de leur surveillance constante. Ezek avait haussé les épaules et elle, étonnée d’être consultée, sinon avec des mots, avec un regard interrogateur, avait déclaré que des gens à qui on ne pouvait pas faire confiance, on ne les gardait pas pour qu’ils vous assassinent pendant la nuit. Ezek les avait donc tué et leurs cadavres avaient été traînés quelques mètres dans la forêt. Il n’y avait rien de plus détestable que les gens qui abandonnaient leurs cadavres au milieu de la route, c’était toujours embêtant pour les voyageurs suivants de devoir les déplacer pour passer, parce que, sérieusement, est-ce que vous avez déjà essayé, vous, de déplacer un cadavre bien faisandé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils avaient donc eu des chevaux en trop. Ferial avait immédiatement dit qu’elle en voulait un. Ils étaient en pleine campagne, n’avaient rencontré aucune difficulté pour l’instant, il n’y avait pas vraiment de risques. Kevser avait décidé d’en prendre un aussi. Et comme personne ne faisait confiance à Antse pour rester seule avec les filles du Baron, elle aussi était à cheval. Ezek et Antse ouvraient la route. Kevser et elle la fermaient. Ce n’était pas ce que Kevser avait voulu au départ, mais elle ne lui avait pas laissé le choix. Il fallait qu’elles parlent et ce ne serait pas possible si elles n’étaient pas seules. Ce brave Ezek était suffisamment solide pour supporter Antse quelques temps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser était une Empathe. Kevser avait ce don, ce talent si rare et si précieux. C’était peut-être la dernière Empathe encore en vie. Ferial serait damnée si elle la laissait retourner à sa vie de Baron criminel au lieu de rentrer dans la Guilde. Sans compter que même sans ce don, elle serait un Mage formidable. Ferial avait attendu de se sentir prête avant d’attaquer le problème. Elle ramena son cheval à la hauteur de celui de Kevser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«On peut avoir cette conversation maintenant ?»&lt;br /&gt;«Bien sûr,» répondit l’autre jeune femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles avaient toutes les deux retrouvés des vêtements plus normaux. Il n’était pas possible de monter avec ce qu’elles avaient portés avant… Enfin peut-être que c’était possible dans l’imagination perverse de quelques mâles mais dans la réalité ? Impossible. Vraiment impossible. Kevser avait retrouvé un ensemble rouge et noir avec une grosse ceinture pour passer le fourreau de sa petite épée qu’elle pouvait à présent exhiber. Ferial avait mis des vêtements que Park lui avait donné avant de partir, pantalon et chemise dans des tons d’automne. Au moins, ça restait dans ces couleurs cette fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Est-ce que tu veux m’expliquer comment tu as trouvé Antse ?»&lt;br /&gt;«Je suppose que je ne m’en sortirais pas en invoquant la chance et un pressentiment ?»&lt;br /&gt;«J’ai l’air d’être stupide ?»&lt;br /&gt;«Seulement quand tu regardes dans mon décolleté.» &lt;br /&gt;Ferial rougit. Elle n’avait pas insisté pour qu’elles se changent en même temps. Et ses yeux s’étaient égarés… pendant quelques dizaines de secondes. Ce n’était pas de sa faute quand même.&lt;br /&gt;«Tu n’avais pas de décolleté.»&lt;br /&gt;«Ah c’est vrai. Pendant que tu regardais mes seins, désolée.»&lt;br /&gt;Kevser avait l’air de trouver ça amusant, mais Ferial pensait qu’elle cherchait plutôt à détourner la conversation.&lt;br /&gt;«Est-ce qu’on peut revenir à Antse ?»&lt;br /&gt;«Tu n’as pas l’air d’être une de ses amies.»&lt;br /&gt;«Nous sommes rivales. Depuis toujours ou presque. On a partagé la même chambre pendant notre apprentissage. Quelques temps du moins.»&lt;br /&gt;«Ça a du être charmant…»&lt;br /&gt;«Pire encore. Alors, comment est-ce que tu as fait ?»&lt;br /&gt;«J’ai senti le sort qu’elle a lancé.»&lt;br /&gt;«A cette distante ? Même moi, qui suis une excellente duelliste, je ne peux pas. Pas d’aussi loin.»&lt;br /&gt;«Tau n’a peut-être pas toutes les réponses.»&lt;br /&gt;«Peut-être que tu es Empathe.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser ne répondit rien et avança en silence pendant un moment.&lt;br /&gt;«Cela ne change rien,» finit-elle par dire.&lt;br /&gt;«Au contraire. Les Empathes sont particulièrement important. Tau a besoin de toi. Ne nous tourne pas le dos.»&lt;br /&gt;«Je n’ai pas envie de rejoindre Tau.»&lt;br /&gt;«Tu serais un Mage tellement brillant… Rien qu’à voir ce que tu peux faire en ayant appris par toi-même, je sais que tu serais sans doute un des meilleurs Mages de notre génération.»&lt;br /&gt;«Je ne suis pas douée pour les études.»&lt;br /&gt;«Tu dis n’importe quoi. Tu as étudié les livres que tu as pu acheter, et tu as su appliquer leurs conseils.»&lt;br /&gt;«Volner était là.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ne put retenir un éclat de rire. Volner n’était qu’un Mage très moyen à ce qu’elle avait pu voir. Elle ne l’avait vu lancer un sort qu’une fois mais elle n’avait pas été très impressionnée. Kevser par contre… Il y avait une telle force à chaque fois qu’elle lançait un sort, à se demander d’où elle tirait toute cette énergie. Elle était petite et menue, pas vraiment le genre qu’on aurait pu prendre pour vraie boule d’énergie, rapide et mortelle. Volner en comparaison faisait peine à voir. Elle aurait adoré travailler avec elle au sein de l’Oma. Il n’y avait pas tellement de femmes de leur âge dans l’Ordre Majeur. En dehors d’elle, il y avait Oxane, Leka et Jilo, mais aucune n’avait son niveau. Peu d’hommes avaient son niveau de toutes façons. Mis à part Hunn, il n’y avait personne. Kevser aurait été une partenaire d’entraînement idéale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Je n’aurais rien pu faire sans Volner,» insista pourtant Kevser.&lt;br /&gt;«Si ça te fait plaisir de le penser. C’est parce que tu es Empathe que tu as pu le trouver n’est-ce pas ? J’aurais du comprendre bien plus tôt.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles continuèrent à avancer sans rien dire un moment.&lt;br /&gt;«Est-ce que tu te rends compte de la chance que tu as d’avoir un tel don ?»&lt;br /&gt;«Une chance qu’il serait criminel de laisser passer. Il faut bien sûr que je mette mon don au service de Tau. Je croyais que ta Guilde permettait de choisir sa voie ?»&lt;br /&gt;«Je ne vois pas ce qu’il y a de si horrible à servir Tau.»&lt;br /&gt;«Tu ne comprends vraiment rien.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser frappa son cheval pour le faire avancer plus vite. Elle ne tarda pas à se retrouver au niveau d’Ezek. Ferial la vit parler à Antse qui se mit sur le côté pour laisser passer les chariots. Excellent… au lieu de pouvoir discuter avec Kevser, elle serait coincée avec Antse. La fin de journée promettait d’être passionnante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Alors, Ferial, tu t’es disputée avec ta copine ?»&lt;br /&gt;«Antse, tais-toi.»&lt;br /&gt;L’autre Mage ne la regardait pas, elle était concentrée sur la route, mais cela ne l’empêcherait sans doute pas de vomir son venin.&lt;br /&gt;«Tu sais, Ferial, j’ai toujours pensé que tu étais complètement stupide, mais là, je dois avouer que tu arrives à me surprendre. J’étais à la Guilde quand tu es partie. Je sais que tu devais mettre fin aux activités d’un certain Baron &lt;b&gt;Kevser&lt;/b&gt;... Y’a-t-il une chance pour que la jeune femme aux allures de prostituée que tu laisses diriger ce convoi et qui répond au nom de Kevser soit de la famille de ce Baron ?»&lt;br /&gt;«Kevser est son prénom.» Elle n’avait pas besoin d’en dire d’avantages.&lt;br /&gt;«Prénom hideux si tu veux mon avis,» dit Antse sur le ton de la conversation. «Alors tu couches avec les Mages dissidents, maintenant ?»&lt;br /&gt;«A proprement parler, elle n’est pas un Mage dissident. Elle n’a jamais fait partie de la Guilde.»&lt;br /&gt;«Si tu arrives à dormir la nuit en te berçant d’excuses aussi pitoyables…»&lt;br /&gt;«Je ne couche pas avec elle. Nous n’avons jamais couché ensemble.»&lt;br /&gt;«Oh pas la peine de mentir avec moi, Ferial, je te connais. Mieux que je ne le souhaiterais parfois.»&lt;br /&gt;«Ce n’est pas comme si ce qui est arrivé était ma faute. C’est à cause de toi…»&lt;br /&gt;«Quoi ? Tu oses encore revenir là-dessus ? Je n’ai été qu’une victime dans cet incident malheureux.»&lt;br /&gt;«Une victime qui ne pouvait pas s’empêcher de crier mon nom.»&lt;br /&gt;Antse la fusilla du regard.&lt;br /&gt;«Peut-on éviter de reparler de ça,» demanda-t-elle finalement.&lt;br /&gt;«C’est toi qui a amené le sujet.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, lorsqu’elle se disputait avec Kevser dans la roulotte, elle avait supplié qu’on lui envoie un Mage… Elle aurait du savoir qu’elle allait encore se faire avoir. Elle avait écopé d’Antse. Antse était un Mage brillant, mais elles n’avaient jamais été capables de parler plus de cinq minutes sans se taper dessus. Ferial avait cru pleurer quand elle l’avait reconnue. Et elle avait cru mourir quand elle l’avait serrée dans ses bras. Eurk. D’accord, d’accord. Elle avait été, un peu, soulagée de voir qu’un Mage qu’elle connaissait était en vie. Elle avait été heureuse de ne plus être seule. Mais Antse ? Antse ? Elle avait du sérieusement pourrir son aura ces derniers temps pour que le sort s’acharne sur elle comme ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Quel est le plan, à part de suivre ta chérie partout ?»&lt;br /&gt;«Je ne la suis pas partout. Elle m’a permis de sortir de Tepsa discrètement.»&lt;br /&gt;«Par bonté d’âme ? Les criminels ne sont plus ce qu’ils étaient.»&lt;br /&gt;«Non, elle veut que je l’aide à retrouver son apprenti. Il a été emmené avec les guérisseurs de Tepsa. Il était dans la maison pour interrogatoire quand l’Omi a débarqué.»&lt;br /&gt;«Tu ne dois pas être si exceptionnelle qu’on le dit si tu n’as pas pu t’occuper de ces imbéciles.»&lt;br /&gt;«Je n’étais pas là… J’étais en train de me battre avec Kevser dans un autre quartier de la ville.»&lt;br /&gt;«Te battre, hein ?»&lt;br /&gt;«J’aimerais bien savoir comment tu as fini par courir seule dans la forêt.»&lt;br /&gt;«Je suis partie de Tepsa juste avant que ça éclate. J’étais avec Oxane qui m’escortait et quand on a vu les Omis arriver en face sur la route du Supra, on n’avait aucune raison de se méfier. Ce n’était que l’Omi. Mais ils nous ont attaqués. Ils étaient une quinzaine. Elle m’a dit de filer dans la forêt et de retourner à Perk immédiatement pour alerter les autres. Je suis dans la forêt depuis… J’ai un peu tourné en rond. Mais je ne pouvais pas faire beaucoup mieux avec les types qui me poursuivaient.»&lt;br /&gt;«Tu sais si Oxane a pu s’en tirer ?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Antse perdit son regard au loin, sans répondre. Ferial n’avait pas besoin de traduction. Si l’escouade qu’elles avaient rencontrée était composée de gardes protégés contre les attaques magiques, le combat avait du être rude. Oxane était débrouillarde, mais avait-elle trouvé une parade assez rapidement ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Les gardes à Tepsa n’étaient pas aussi bien équipés. J’ai pu en tuer un bon nombre avant que Kevser ne me trouve.»&lt;br /&gt;«Ils convoyaient des Mages…  C’était juste avant qu’on arrive à Kesh. Je suppose qu’ils devaient craindre qu’on ne leur donne trop de fils à retordre s’ils n’étaient pas immunisés.»&lt;br /&gt;«Tu sais quoi faire maintenant, n’est-ce pas ? Si jamais tu devais te défendre.»&lt;br /&gt;«Je fais pousser des ronces,» répondit Antse sur le ton de l’élève modèle, «mais sérieusement qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Tu ne vas quand même pas perdre du temps à aller chercher ce type avec ta nouvelle amie.»&lt;br /&gt;«Non… Mon but est d’arriver jusqu’à Perk, de voir si la Guilde est toujours debout, et de prendre de nouveaux ordres de Maître Cianith.»&lt;br /&gt;«Et s’il n’y a plus personne,» Antse avait pris une voix détachée, mais son inquiétude filtrait.&lt;br /&gt;Ferial se tourna vers elle.&lt;br /&gt;«Et bien, j’espère que je pourrais compter sur toi pour qu’on parte sur un coup d’éclat.»&lt;br /&gt;«Tu n’as plus tes lunettes ?»&lt;br /&gt;«Non… elles étaient cassées et personne n’était là pour me les refaire.»&lt;br /&gt;«Je m’en occuperai tout à l’heure.»&lt;br /&gt;«Tu n’es pas si aimable habituellement.»&lt;br /&gt;«Ne t’inquiète pas, Quat’yeux, je recommencerai à te détester aussitôt qu’on sera devant la citadelle.»&lt;br /&gt;«J’ai hâte d’y être parce que tout ça est un peu déroutant.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si on ne pouvait même plus compter sur sa rivale de toujours pour vous rendre la vie infernale… Ce soir, ce soir, elles quitteraient le convoi. Elles attendraient que la nuit tombe avant de filer. Il faudrait qu’elle fasse attention si elle ne voulait pas que Kevser ne les remarque. A deux, en dopant les chevaux de quelques sorts, elles seraient à Perk avant que le soleil ne se lève. Kevser, sans ses mercenaires, ne pourrait pas se permettre de les poursuivre. Elle ne pourrait pas prendre le risque de laisser seul Ezek avec les filles. Si on les attaquait, avec un seul homme pour défendre le convoi, ils étaient perdus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«On partira cette nuit. Reste à côté de moi.»&lt;br /&gt;«Ce n’est pas comme si j’avais le choix. Tu sais que cet Ezek est un assassin ?»&lt;br /&gt;«Et un excellent si on m’a dit la vérité.»&lt;br /&gt;«Tes fréquentations laissent vraiment à désirer, Ferial. Crois-moi, j’en parlerais à Cianith.»&lt;br /&gt;Ferial n’avait jamais pu comprendre comment elle avait réussi à se mettre son chef à elle dans la poche. Antse, répugnante petite couleuvre se glissant partout. &lt;br /&gt;«Tout ce qui compte pour lui se sont les résultats.»&lt;br /&gt;«Et on sait tous que les tiens ont été exemplaires à Tepsa… Combien de survivants déjà ?»&lt;br /&gt;«Tais-toi, Antse. Tu n’es qu’un Mage Guérisseur. Et on voit à quel point vous êtes utiles en cas de crise : au lieu d’aider Oxane tu t’es enfuie pour sauver ta peau.»&lt;br /&gt;«Je n’ai jamais appris quelque chose d’aussi vulgaire que le combat.»&lt;br /&gt;«Bien sûr. Rappelle-toi qui t’a sauvée la vie.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, ils  s’arrêtèrent pour coucher près d’un village, dans un champ laissé à l’abandon depuis quelques années déjà. Ferial avait proposé de camoufler la zone dans laquelle ils se trouvaient pour qu’ils puissent faire un feu de camp sans risque d’être repérés. Kevser accepta. Ferial s’arrangea pour que le sort fasse aussi écran lorsqu’elle et Antse prendraient la route. Kevser s’occupa du feu. Ferial s’installa près d’elle quand elle eut fini.&lt;br /&gt;«Tu aimes bien ce sort,» Elle avait remarqué que Kevser adorait enflammer. Elle utilisait le même pour allumer des bougies ou pour griller un type pendant un combat. &lt;br /&gt;«C’est le premier que j’ai maîtrisé. Il a une place spéciale dans mon répertoire.»&lt;br /&gt;«C’est ce que je constate.»&lt;br /&gt;«Comment est ton niveau d’énergie ?»&lt;br /&gt;Ferial était étonnée de la question, elle regarda Kevser mais celle-ci avait l’air très sérieuse.&lt;br /&gt;«J’espère que ce n’est pas un prélude à une attaque.»&lt;br /&gt;«Non. On sera à Perk demain dans la journée. Et j’ai peur qu’une nuit dans la campagne ne soit pas l’idéal pour récupérer des forces.»&lt;br /&gt;«Ne t’inquiète pas pour ça. Je peux dormir n’imp… presque n’importe où. Et je récupère très facilement.»&lt;br /&gt;«. Tu as du bien entamer tes réserves avec la protection autour du camp. Je te montrerai quelque chose tout à l’heure pour t’aider.»&lt;br /&gt;C’était vrai, mais c’était le moins qu’elle pouvait faire avant de s’enfuir.&lt;br /&gt;«Comment ça ?»&lt;br /&gt;«Tu verras tout à l’heure. Disons qu’être Empathe a plus d’un avantage.»&lt;br /&gt;Ferial hocha la tête, en se disant qu’elle ne serait sans doute déjà plus là. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;***&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Archi Sevinc savait que le coup final serait porté dans les deux jours qui viendraient. Il n’en savait pas plus. Cela dépendrait sans doute des forces qu’ils réussiraient à rassembler. Ils jouaient tous très gros cette fois. En moins d’une semaine, le Suprôme aurait connu une vraie petite révolution. Les choses allaient changer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’était pas sûr qu’elles changeraient pour le mieux, mais elles changeraient. Et il obtiendrait la vengeance qu’il voulait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;***&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser écoutait distraitement Ferial lui vanter la Guilde, une fois de plus, alors qu’elles étaient assises côte à côte devant le feu. Il y avait longtemps que la Guilde ne l’intéressait plus. Enfin, qu’elle ne voulait plus y entrer. Elle réussissait à apprendre la Magie de son côté avec Volner sans devoir pour autant s’engager dans quoi que ce soit. Et surtout pas dans une institution dans laquelle elle n’avait pas confiance. Tout à l’heure elle montrerait au Mage quelque chose de struprafiant. Et elle changerait peut-être d’avis sur ce qu’un apprentissage loin du conformisme de la Guilde pouvait avoir comme avantage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle n’arrivait pas s’ôter de la tête que Ferial était différente depuis que Antse était là. Elle avait l’air plus déterminée. Plus décidée. Peut-être qu’elle devrait se méfier. Ce n’est pas parce qu’elles voyageaient ensemble pour l’instant, qu’elles avaient les mêmes objectifs. Son objectif à elle était uniquement Volner. Ferial voulait sauver la Guilde. Ou aider à la sauver. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Pourquoi tiens-tu tellement que je vienne à Tau ?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré tout ce qu’elle pouvait dire, elle aurait aimé une réponse plus personnelle que le besoin de la Guilde en Empathe et l’impossibilité d’avoir des Mages en dehors de toute autorité. Elle aimait bien ce Mage. C’était une garce, elle ne pensait qu’à elle les trois quarts du temps mais il y avait quelque chose chez elle, qui la rendait presque excusable. Quand elle parlait de Tau, il y avait ce feu dans son regard. Elle croyait vraiment ce qu’elle disait, et Kevser n’aurait pas demandé mieux que de la croire. Mais elle avait déjà vu ce que pouvait être les Mages. Et quand il y a un fruit pourri, les autres se gâtent aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles continuèrent à discuter et Kevser se remit à participer activement à la conversation quand elles quittèrent le sujet de la Guilde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Ferial,» le Mage aux cheveux blonds les interrompit. Elle tenait une paire de lunettes à la main. L’autre Mage les lui arracha quasiment des mains. &lt;br /&gt;«Excellent, elles sont laides mais ça fera l’affaire en attendant qu’un vrai professionnel m’en fasse de meilleures.»&lt;br /&gt;«Ah, je trouve pourtant qu’elles vont très bien avec ton style,» répondit la blonde, «tu sais le style un peu négligé sale que tu adores.»&lt;br /&gt;«Première chose que je fais en arrivant à Perk, c’est te jeter dans la première bouche d’égout que je trouve. Tu vas comprendre ce que…»&lt;br /&gt;Ferial cligna des yeux et s’arrêta net.&lt;br /&gt;«Tu as une idée,» demanda-t-elle, intriguée. Elle avait reconnu le tic du Mage quand quelque chose d’intéressant lui traversait l’esprit, mais lorsqu’elle se tourna vers elle, pendant un bref instant elle crut voir de la culpabilité dans son regard, avant qu’elle n’affiche un air étonné. &lt;br /&gt;«Non, rien, ce sont justes les lunettes qui ne sont pas complètement adaptés à ma vue, elles me piquent les yeux.»&lt;br /&gt;Bien sûr. Kevser n’aimait pas ce qui se passait. Elle n’eut pas le temps de poser plus de questions car Ezek fit le tour pour les rejoindre&lt;br /&gt;«Le repas est presque près. J’ai demandé aux filles d’en faire un peu plus, parce qu’on va avoir besoin de toutes nos forces ce soir,» il avait un grand sourire sur le visage. Il faisait tellement jeune comme ça.&lt;br /&gt;«Qu’est-ce qui se passe ce soir,» demanda Antse, curieuse.&lt;br /&gt;«J’ai rendez-vous avec deux filles un peu plus loin.»&lt;br /&gt;«Deux filles, rien que ça,» railla la blonde.&lt;br /&gt;«Une de plus si vous voulez,» proposa-t-il.&lt;br /&gt;Antse écarquilla les yeux, sans comprendre s’il était sérieux ou pas.&lt;br /&gt;«Vous savez, une de plus ou de moins, ça ne fera aucune différence. Il faut participer aux sauteries du Baron une fois dans sa vie.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser pouvait voir qu’Antse retenait son bras de toutes ses forces pour ne pas gifler l’assassin. La jeune femme avait l’air encore plus coincée que Ferial. Ce devait être truc de Mages de Tau. Il aurait du savoir qu’elle n’accepterait jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Je ne vous permets pas de me parler ainsi ! Vraiment, Ferial, tu leur as donné de bien mauvaises habitudes s’ils pensent pouvoir parler à un Mage comme ça. Si vous voulez absolument inscrire un Mage à votre score, proposez-le à Ferial, elle sera sans doute bien plus réceptive.»&lt;br /&gt;Ezek rit.&lt;br /&gt;«Pour me faire tuer par le Baron ? Non merci.»&lt;br /&gt;«Ah ah !» Antse pointa un doigt accusateur sur Ferial. «Je savais bien qu’il y avait quelque chose entre vous ! Et tu as eu le culot de me mentir !»&lt;br /&gt;Kevser ne put résister au plaisir de jeter de l’huile sur le feu.&lt;br /&gt;«On a juste couché ensemble,» déclara-t-elle au moment même ou Ferial répondait le contraire. &lt;br /&gt;«On n’a jamais couché ensemble !»&lt;br /&gt;Antse les regardait alternativement.&lt;br /&gt;«Ça me fait mal au cœur mais je crois que la dissidente est plus crédible que toi. Tu devrais avoir honte. Des prostituées, Ferial ! Un Mage ne devrait jamais…»&lt;br /&gt;«Je n’ai jamais couché avec elle, je te jure.»&lt;br /&gt;«Charmant… Tu as si vite oublié. Vous pouvez demander à Ezek, il était là lui aussi.»&lt;br /&gt;«Ezek aussi ?!» répéta Antse, outrée.&lt;br /&gt;«Vous savez ce qu’on dit, plus on est de fou, plus on rit,» finit-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial était rouge tomate et ne savait visiblement pas à qui en vouloir le plus. Elle était mignonne comme ça. Elle faisait moins dure. Moins Quatrième de l’Oma.  Surtout quand elle portait ses cheveux détachés comme maintenant. Antse s’éloigna pour aller s’asseoir un peu plus loin. Elle ne voulait visiblement pas avoir à faire quoi que ce soit avec eux. Ezek retourna superviser la préparation du dîner. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Tu exagères, tu n’étais pas obligée d’être aussi ambiguë devant Antse.»&lt;br /&gt;«Pourquoi ? Ça te gênerait qu’elle sache que tu as envie de moi ?»&lt;br /&gt;«Elle le sait déjà.»&lt;br /&gt;Ça avait l’air de déprimer le Mage. Charmant.&lt;br /&gt;«Tu as honte de ça.»&lt;br /&gt;«C’est compliqué. Tu ne veux pas rejoindre la Guilde.»&lt;br /&gt;«Ça n’a rien à voir,» répondit-elle d’une voix froide. Ferial aurait le comprendre.&lt;br /&gt;«Au contraire.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles restèrent un moment silencieuses à regarder le feu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Il y a des Théoriciens qui étudient un peu n’importe quoi à Perk. Il y a une branche d’études qui est très controversées. Ils prétendent pouvoir deviner l’avenir. La plupart des autres Mages les prennent pour des cinglés. Mais ils ont eu quelques bons résultats.»&lt;br /&gt;«Ils font quoi ? Ils lisent les entrailles de petits animaux ?»&lt;br /&gt;«Non, celles des Mages renégats.»&lt;br /&gt;Elle arrêta net de respirer.&lt;br /&gt;«Je plaisante,» essaya de la rassurer Ferial. «C’est juste une plaisanterie.»&lt;br /&gt;«De très mauvais goût.»&lt;br /&gt;Pendant un instant elle avait imaginé Volner ouvert sur la table d’un boucher, les yeux grands ouverts, avec trois Mages en robes noires qui soulevaient ses intestins et échangeaient leurs impressions.&lt;br /&gt;«De très très mauvais goût,» répéta-t-elle.&lt;br /&gt;«Désolée. En fait ils construisent toutes sortes de diagrammes et collectent de nombreuses données. Ils coûtent très cher à la Guilde. Ce sont plus des logiciens et des analystes que des devins  en fin de compte.»&lt;br /&gt;Elle ne voyait pas où elle voulait en venir.&lt;br /&gt;«Tu crois qu’ils peuvent savoir ce qui va se passer ?»&lt;br /&gt;Ferial sourit.&lt;br /&gt;«Je crois surtout qu’ils n’auront plus une pièce d’or quand nos activités habituelles reprendront. Ils n’avaient pas prévu ça.»&lt;br /&gt;Kevser rit avec elle. &lt;br /&gt;Peu de temps après, Ezek appela pour dire que le dîner était près. Elles se levèrent et Ferial lui dit qu’elle allait chercher Antse, qui méditait un peu plus loin. Son sourire était faux. Elle ne dit rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser n’eut pas besoin de se retourner pour savoir que les deux Mages avaient quittés la bulle de protection que Ferial avait dressé tout à l’heure. Elles s’en allaient. On ne pouvait pas dire que cela la surprenait vraiment. De la part de Ferial, cela la décevait un peu. Enfin, si les situations avaient été inversées elle ne serait sans doute pas restée aussi longtemps. Elle savait où allez pour récupérer Volner. Par contre si jamais Ferial se retrouvait de nouveau sur sa route, les choses n’allaient pas être de tout repos. Elle se ferait un plaisir de lui rappeler qu’on ne rompait pas les promesses faites au Baron.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ezek vint la voir un peu plus tard. &lt;br /&gt;«Est-ce qu’on annule pour ce soir ?» Il avait d’espérer que ce ne soit pas le cas.&lt;br /&gt;«Non, je suis encore là, moi, ne t’inquiète pas. Et j’ai toujours besoin de vous. Ca en fera plus pour moi.»&lt;br /&gt;«Vous avez raison, maître.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain matin, Kevser était pleine d’énergie. Après leur petite fête, elle s’était couchée d’excellente humeur malgré la désertion de Ferial. La Magie Stuprafiante lui faisait toujours cet effet là, elle avait l’impression que rien ne pourrait l’arrêter. Elle se sentait plus vivante que jamais. Elle avait commencé à hurler des ordres à ses filles et Ezek dès le lever du jour pour qu’ils se remettent en route le plus tôt possible. Les deux chariots se mirent en branle, Kevser en tête, Ezek en queue. Le jeune assassin avait une mine de déterré. Il avait des cernes énormes et ne semblaient pas avoir dormi beaucoup. Ce qui était sans doute le cas. Kevser avait été dormir bien avant lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils n’avaient pas fait plus d’une heure de route quand elle vit un groupe de personnes au milieu de la route. Ca sentait le Mage à plein nez. Elle fit signe à la jeune femme qui était de corvée pour conduire le chariot de tête de s’arrêter et partit prévenir Ezek. Le jeune homme n’était pas suffisamment en forme pour servir de porte-drapeau/protecteur, surtout face à un groupe de Mages.  Elle défit sa queue de cheval et se replaça sur son cheval pour monter en amazone.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Je vais voir ce qu’il y a, d’accord ?»&lt;br /&gt;«Tu crois que c’est Ferial et sa copine ?»&lt;br /&gt;«Ils sont bien plus que deux. On verra bien. Si le pire venait à arriver j’essaierais de vous donner un peu d’avance. Si tu vois des flammes bleues, tu files sans demander ton reste.»&lt;br /&gt;Son ordre eut l’air de le réveiller. Il se redressa, droit comme un i, et passa une main dans ses cheveux bruns roux. &lt;br /&gt;«A vos ordres, Baron.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser aurait bien pris le temps de passer une robe, mais le temps manquait trop pour se genre de raffinements. Elle était petite, elle était jolie, si Ferial n’était pas dans le groupe, personne ne se poserait de question. En s’approchant, Kevser remarqua qu’ils étaient un peu plus d’une dizaine et que tous portaient des robes. Il n’y avait pas un garde de l’Omi dans le lot. Mais qu’est-ce qu’ils faisaient donc là, arrêté sur le chemin ? Elles qui pensaient que tous les Mages étaient en cage ou morts ou en route pour Perk… ceux là étaient simplement arrêtés sur le bas côté. Cela ne lui disait rien de bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle arriva enfin à leur hauteur. Une première personne vint à sa rencontre, c’était un homme d’une quarantaine d’années aux cheveux qui commençaient à se teinter de gris.&lt;br /&gt;«Bonjour mademoiselle.»&lt;br /&gt;«B’jour, m’sieur, vous avez un problème ?»&lt;br /&gt;«Pas vraiment. Vous êtes avec les voitures arrêtées là-bas ?»&lt;br /&gt;Kevser lui renvoya son plus beau sourire de gentille petite fille.&lt;br /&gt;«Oh oui, m’sieur, les filles m’ont envoyées voir ce qu’il se passait, vous comprenez, par les temps qui courent, on doit être prudentes.»&lt;br /&gt;«Bien sûr… Mais vous n’avez rien à craindre de nous.»&lt;br /&gt;«Oh Yarli, arrête de jouer les séducteurs,» s’écria une des femmes du groupe, une grande brune d’une trentaine d’années. «Fais la descendre de son cheval, qu’on puisse le récupérer.»&lt;br /&gt;Kevser joua les innocentes surprises et serra fermement les rennes dans ses petites mains.&lt;br /&gt;«Comment ? Mais je ne veux pas.»&lt;br /&gt;«Désolé ma jolie, mais c’est un cas de force majeure. Nous sommes en grande difficulté,» répondit une autre homme en s’approchant à son tour.&lt;br /&gt;«Mais c’est mon cheval ! Je ne vais pas vous le laisser ! Pas question,» cria-t-elle d’une voix suraiguë.&lt;br /&gt;«Ma petite, tu ne vas pas avoir le choix, nous sommes des Mages de Tau. Nous avons besoin de ton cheval, et de tes chariots,» reprit celui qui se nommait Yarli. Il approcha sa main de l’encolure du cheval mais n’eut pas le temps de la poser sur la bête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser lui envoya un bon coup de pied dans la figure avant descendre de son cheval tout en dressant un bouclier pour se protéger d’éventuelles attaques.&lt;br /&gt;«Dans tes rêves, mon cochon.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’y avait pas à dire, une bonne dose d'énergie stuprafiante faisait beaucoup pour la confiance en soi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>Chapitre 8</title>
    <published>2005-11-26T14:35:00Z</published>
    <updated>2005-11-26T14:35:00Z</updated>
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    <content type="html">Nb de mots : 5332&lt;br /&gt;Nb de mots total :41228&lt;br /&gt;Facteur stress : INTENSE&lt;br /&gt;Note : Latex me dit clique clique clique sur l'icône du TC... vient jouer avec nous... et je résiste. Mais pour combien de temps encore ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="cutid1"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size="+2"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Chapitre 8&lt;/div&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ferial se réveilla en sentant Kevser bouger derrière elle. C’était la troisième fois déjà. Elle avait mis des heures avant de s’endormir et à chaque fois que Kevser bougeait, même de façon infime, elle se réveillait en sursaut. Les mains de la jeune femme étaient nouées sur son ventre et elle ne pourrait sans doute pas se lever pour aller dormir ailleurs sans la réveiller. Et si c’était le cas, elle saurait qu’elle avait gagné. Et ça, Ferial le refusait. Oh à quel point cette situation pouvait être ridicule. Elle qui dormait si profondément d’habitude, elle qui pouvait s’endormir dans n’importe quel endroit et se réveiller fraîche comme une rose et prête à en découdre, elle était là, incapable de penser à autre chose qu’aux mains et à la tête qui se reposaient sur elle. Elle détestait Tali. Kevser. Peu importait en fait. Ezek ne savait pas quelle chance il avait de dormir sur ce sol froid et inconfortable… Pourquoi avait-elle tenu à avoir le lit ? Elle continua de pester un moment à voix basse, maudissant son sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Arrête de parler, et rendors-toi. »&lt;br /&gt;Le destin avait décidé de s’acharner sur elle : Kevser était réveillée. &lt;br /&gt;« … »&lt;br /&gt;« Ne fais pas celle qui n’entend rien et ne prétends pas dormir… Tu parlais il y a quelques secondes. »&lt;br /&gt;« Pour ta gouverne, sache que j’aurais pu m’être rendormie. »&lt;br /&gt;« Bien sûr… Juste au moment où tu as réussi à me réveiller. »&lt;br /&gt;Ferial déglutit en sentant les mains de Kevser remonter sur sa taille. &lt;br /&gt;« Ferial, détends-toi. Qu’est-ce qui pourrait bien t’arriver pendant ton sommeil, hein ? »&lt;br /&gt;Son rire clair résonna contre son dos.&lt;br /&gt;« Crois-moi, si je voulais tenter quelque chose cette nuit, ce serait déjà fait… et tu serais nettement plus détendue que ça. Remarque, c’est peut-être ce qu’il te faut… »&lt;br /&gt;Ferial bondit en sentant une main sur sa cuisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser rit de plus belle derrière elle. Elle était paralysée. Comment devait-elle réagir ? Elle n’avait jamais été aussi tiraillée… Et pourtant avec Antse, la culpabilité et la honte l’avaient rongée pendant des semaines. Le cas Kevser était encore pire que ça, parce que ce n’était pas vraiment à elle qu’elle s’opposait, mais à la Guilde. Coucher avec Bian et Oxane n’avait jamais posé ce genre de problèmes. Leur arrangement était beaucoup plus simple. Lorsque l’un d’eux était à Perk, rentré de mission, il passait voir si l’un des autres étaient disponibles ; si c’était le cas, parfait. Sinon, un long bain et quelques jouets faisaient patienter. Il n’y avait aucun conflit d’intérêts. Elle serait déjà en assez mauvaise posture avec Maître Cianith pour avoir laisser mourir les autres à Tepsa, elle n’avait pas besoin qu’il apprenne qu’elle avait couché avec un Mage renégat. Ou autodidacte. Elle voulait cette promotion. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle était en train de se dire qu’aller dormir par terre, maintenant, ne lui causerait plus de tort, parce qu’elle ne pouvait plus tomber plus bas, quand elle entendit murmurer à son oreille. &lt;br /&gt;« Chelk ter sasa. »&lt;br /&gt;La garce n’avait quand même pas osé la…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette fois, lorsqu’elle se réveilla, il faisait jour. Ezek était debout près de la fenêtre. Il avait l’air d’avoir bien dormi. Il devait être habitué à dormir à la dure… Ce qui était surprenant s’il était vraiment un assassin hors pair comme on le lui avait laissé entendre… D’un autre côté, peut-être que la vie de criminel à Tepsa était moins strass et paillettes qu’elle ne le croyait.  Elle aussi en fait avait particulièrement bien dormi. Elle voulut s’étirer mais constata avec surprise que son bras était coincé sous quelque chose de lourd.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses pensées convergèrent automatiquement vers les dernières choses dont elle se souvenait. Le Monastère d’un genre très particulier, les moines qui souhaitaient être corrigés… et la chambre d’Ezek. Kevser qui l’endormait d’un sort. Incapable de regarder, elle tâtonna de son bras libre pour vérifier son horrible hypothèse. Elle sentit des cheveux sous ses doigts mais pas de tête… Oh… c’était donc ça qui pesait si lourd sur son côté gauche qu’elle ne le sentait plus. Oh oh. Son esprit encore embrumé par le sommeil et le sort finit par faire la connexion. Elle se leva d’un bond, envoyant Kevser par terre. Elle grimaça de dégoût, en essuyant sur les draps ses doigts pleins de salive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser, sur le sol, réveillée sans doute par l’atterrissage brutal, se redressa sur le coude.&lt;br /&gt;« Merci Ferial, charmante conclusion pour cette nuit &lt;b&gt;exceptionnelle&lt;/b&gt;, » railla-t-elle.&lt;br /&gt;Ezek était mort de rire mais tendit une main à son maître pour l’aider à se relever. Kevser l’éloigna d’une tape.&lt;br /&gt;« Remarque, je n’ai pas de quoi me plaindre, je me suis déjà réveillée avec pire que tes doigts dans ma bouche.»&lt;br /&gt;Ferial était dégoûtée, médusée, et embarrassée aussi. Elle était debout, perchée sur le lit en sous-vêtements et deux moins que rien se fichaient d’elle. Kevser la regardait dans les yeux, sans ciller. Que voulait-elle donc à la fin ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« On ne devrait pas traîner, » finit par dire Ezek que le concours de regards commençait à ennuyer. « On a une longue route à faire et le frère Puke est impatient de nous voir partir. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel vieil hypocrite celui là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Ce n’est pas ce qu’il disait hier quand il m’appelait &lt;i&gt;Maîtresse&lt;/i&gt; et me suppliait de le pardonner.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ezek fut le premier à pouffer, mais elles suivirent toutes les deux un instant plus tard. Kevser se releva et elle descendit du lit. Ils continuèrent à déblatérer sur les moines en s’habillant. En un peu moins d’une heure, ils avaient retrouvé tout le monde et faisaient de nouveau route vers Perk.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette fois, les femmes de leur chariot ne parlait que des moines et du monastère étonnant qu’elles venaient de quitter. Bien que cette première visite à domicile ait été voulue une démonstration gratuite du savoir-faire des filles du Baron Kevser, certaines avaient obtenu quelques pièces d’un ou deux moines trop gentils ou au goût trop spéciaux. Cela ne dérangeait pas Kevser apparemment. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Elles n’ont pas tant d’occasions que ça de se faire de l’argent de poche. J’y trouverais mon compte plus tard. Les moines ont apprécié, je suis presque certaine qu’ils feront appel à moi et elles, elles sont contentes. Et je gagne bien plus lorsqu’elles sont contentes.»&lt;br /&gt;«Je n’en doute pas.»&lt;br /&gt;«T’es un peu étrange pour un Mage quand même.»&lt;br /&gt;«Comment ça ?»&lt;br /&gt;«Tu réagis bizarrement pour quelqu’un qui a envie de moi.»&lt;br /&gt;Ferial la regarda en faisant celle qui ne comprenait pas. Kevser n’avait pas l’air d’être dupe.&lt;br /&gt;«Peut-être que j’ai envie de toi. Peut-être. Mais j’agis de façon complètement naturelle.»&lt;br /&gt;«Les mages ne s’embarrassent pas de détails d’habitude. Hier j’avais imaginé que tu serais moins passive. Que tu profiterais un peu plus de la situation.»&lt;br /&gt;Ferial vit avec horreur, du coin de l’œil, que les autres femmes les écoutaient en chuchotant entre elles.&lt;br /&gt;«Tu te rappelles quand tu m’as jetée sur la table, la première fois que tu m’as vue ? Quand j’étais sur tes genoux près du comptoir… Tu n’étais pas si fuyante.»&lt;br /&gt;«Je pensais que tu étais juste Tali. Maintenant je sais que tu es le Baron Kevser en personne.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser ne lui répondit pas mais elle devait réfléchir sur ce qu’elle venait de dire. Ferial voulut remonter sur son nez ses lunettes absentes et regretta une fois de plus de ne pas avoir pu les faire remplacer. L’expression sur le visage de Kevser la mettait mal à l’aise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Qu’est-ce que tu vas faire après avoir retrouvé Volner ?»&lt;br /&gt;«Rentrer à Tepsa, reprendre la où on en était resté.»&lt;br /&gt;Ferial n’en croyait pas ses oreilles.&lt;br /&gt;«Mais tu ne peux pas ! La Guilde ne te laissera jamais faire. Tu devrais venir étudier à Tau. Tu es un Mage. Ta place est parmi nous.»&lt;br /&gt;Kevser renifla, méprisante.&lt;br /&gt;«Je ne crois pas non. De toutes façons, la Guilde a bien d’autres problèmes que moi en ce moment. Et je ne veux rien avoir à faire avec Tau.»&lt;br /&gt;Ferial eut l’impression de recevoir une gifle en entendant ça. Elle referma sa main sur son pendentif, seule chose de Tau qu’elle avait encore avec elle.&lt;br /&gt;«Tout ça sera vite oublié. Et Tau reviendra plus forte que jamais.»&lt;br /&gt;Elle n’y croyait pas elle-même, mais elle avait besoin de le dire si elle ne voulait pas devenir folle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Ouvre les yeux, Ferial. Personne ne vous soutient. Personne. La Guilde n’a jamais rien fait pour le peuple sinon voler des enfants à leurs familles, le Supra peut vous faire tout ce qu’il veut, personne ne réagira. L’Omi vous hait parce que vous les rabaissez constamment, personne n’est aussi doué qu’un Mage. Vous avez ruiné des Archis, des marchands, des commerçants quand vous avez commencé à acheter des terres pour vous auto suffire. Personne ne vous regrettera.»&lt;br /&gt;«Tu me fais bien rire,» cracha Ferial, qui avait besoin de s’en prendre à quelqu’un, «Sans nous, personne ne serait en sécurité, tu crois que c’est l’Omi qui régule la criminalité ? Tu crois que les digues et les ponts, et les forts tiendront combien de temps sans nos Théoriciens ? Tu crois peut-être que le Suprôme a oublié ce qu’est une épidémie par miracle ? Sans nous, ils seraient tous pire que des enfants. Ils ont besoin de nous pour survivre.»&lt;br /&gt;«Au départ, peut-être que ce serait dur,» accorda Kevser, «mais nous ne sommes pas stupides. Nous arriverions à nous passer de vous en rien de temps. Tous les enfants apprennent à voler de leurs propres ailes. Les Mages ne sont aussi pas irremplaçables que vous voulez nous le faire croire.»&lt;br /&gt;«Nous, nous, nous… Je n’arrive pas à croire que tu te considères comme l’une des leurs. Tu n’as rien en commun avec ces gens là, tu es meilleure qu’eux. Tu crois qu’il y a un autre endroit que Tau où les femmes sont les égales des hommes ? Un autre endroit où tous les nôtres reçoivent la même éducation quelles que soient leurs origines avant de pouvoir &lt;i&gt;librement choisir&lt;/i&gt; ce à quoi ils consacreront leur vie ? La seule raison pour laquelle tu as pu devenir le &lt;b&gt;Baron&lt;/b&gt; Kevser, c’est parce que tu es une Mage. Et si on venait à apprendre que tu es un Mage, dans le climat actuel, tout le monde se fichera que tu sois de Tau ou non. La loyauté, première, immédiate et inébranlable comme elle est entre tous les Mages, n’existe pas en dehors de Tau. Il n’y a que corruption, violence et vice ailleurs dans le Suprôme.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser rit.&lt;br /&gt;«Si tu avais rencontré les mêmes Mages que moi… Tu idéalises trop. Et avant que je ne rejette Tau, c’est vous qui m’avez rejetée. A une époque j’aurais donné n’importe quoi pour vous rejoindre. Quand j’avais onze ans, j’ai été vendue au Souffle du Désir. J’y suis devenue Tali, la prostituée, avant même qu’un de tes précieux Mages ne viennent dans le village de mes parents. Pendant trois ans, Tali et le Souffle du Désir étaient tout ce que j’avais, tout l’avenir que je pouvais voir. Et puis le Vieux est devenu un de mes clients réguliers. C’était un Mage.  Quand il en avait fini avec moi, il croyait me faire plaisir en me montrant des tours. Et je me suis aperçue, par hasard, que je pouvais faire la même chose. Je me suis entraînée, et je lui ai montré, parce que je pensais qu’il me sauverait. Qu’il m’emmènerait avec lui jusqu’à cette Guilde de Tau dont il parlait avec tant de révérence. Que je deviendrais une apprentie parce que j’étais un Mage. Ou, au moins je pouvais le devenir. Et que crois-tu que ce Mage a fait, Ferial ? Est-ce que tu crois qu’il a été soudain submergé de loyauté à mon égard parce que j’étais un Mage, tout comme lui ?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser la regardait, attendant une réponse. Ferial détourna les yeux. Elle savait ce qui allait suivre et ne voulait pas l’entendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Je vais te le dire puisque tu ne veux pas essayer de deviner. Il a été pris de panique. Il m’a battue et n’est jamais revenu. Il a certainement eu peur pour sa réputation, si on venait à apprendre dans quelles circonstances il m’avait trouvée. Il m’a laissée là-bas, Ferial. Il aurait pu me sauver. Il aurait du me sauver, mais il a préféré sauver sa réputation et celle de Tau. Vous agissez tous comme ça. Vous, votre réputation, votre Tau passent avant tout le reste.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial ne pouvait accepter que Kevser dise la vérité. Tau n’accepterait jamais un comportement pareil chez un des siens. Les Mages - aucun Mage- ne laisseraient jamais un des leurs dans une situation pareille. Surtout pas un apprenti ou un futur apprenti. Jamais. Elle aurait voulu pouvoir lire la jeune femme en face d’elle pour prouver qu’elle mentait. Elle imaginait déjà les accords discordants de sa voix menteuse à ses oreilles. Elle &lt;b&gt;ne pouvait pas&lt;/b&gt; dire la vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais lorsqu’elle releva les yeux, prête à démentir tout ce que Kevser venait de dire, elle s’en trouvait incapable. Elle aurait voulu nier ce qu’elle venait t’entendre, mais en regardant dans les yeux bleus profonds de Kevser, elle sut qu’il ne pourrait y avoir de dissonances lors d’une lecture. Face à elle, les traits de son visage durcis, sa détermination dans son attitude,  elle pouvait presque sentir la magie s’échapper de Kevser, un peu comme lorsqu’un sort allait être lancé. Sauf que ce n’était pas un sort, que la magie n’était pas affinée mais brute et lui imposait de comprendre qu’elle disait la vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Est-ce que tu connais son nom ?»&lt;br /&gt;Kevser rit à nouveau, amère.&lt;br /&gt;«Pour que vous le tuiez pour vous donner bonne conscience ? Oh non. Une goutte d’eau. Votre système est aussi pourri que celui du Supra. Les Mages sont des hommes et des femmes comme les autres. Comment un système qui repose sur une confiance quasiment aveugle en ses membres pourrait fonctionner sans problème ?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces paroles, bien plus que le reste, lui firent mal. Ils étaient une &lt;i&gt;famille&lt;/i&gt;. Elle ferma les yeux et expira en silence. Il fallait qu’elle médite, il fallait qu’elle parle de tout ça avec quelqu’un de la Guilde qui lui dirait que ce n’était que des conneries. Quelqu’un de Tau. Elle sentit une main sur sa jambe. Kevser venait de s’asseoir à côté d’elle. Elle retira le pendentif de sa main.&lt;br /&gt;«Arrête de le triturer, tu vas le casser.»&lt;br /&gt;Elle laissa retomber ses mains et commença ses exercices de méditation. Il fallait qu’elle y voie plus clair. Il fallait  qu’elle retourne à Perk le plus tôt possible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser ne parla pas du reste de la matinée mais elle resta assise à côté d’elle. Ils s’arrêtèrent pour un déjeuner tardif sur le bord de la route. Ils avaient déjà fait les deux tiers du trajet prévu pour la journée. Elles descendirent toutes des roulottes pour manger avec les hommes, au milieu de nulle part. La forêt bordait la route des deux côtés et s’étendaient aussi loin qu’ils pouvaient voir. Ezek était déjà en train de sortir des provisions avec un mercenaire. Les quatre autres discutaient près de leur monture.  Certaines des filles partirent aider Ezek, les autres se remirent à discuter dans leur coin en attendant de pouvoir manger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial avait une drôle d’impression. Il y avait quelque chose qui clochait. Plus elle regardait le convoi et ceux qui le composaient, plus elle était persuadée que quelque chose allait de travers. Il aurait pu s’agir de bandits, qui étaient assez courant sur les routes non Suprale, surtout lorsque les routes traversaient les forêts. Le seul défaut à cette théorie était qu’elle n’avait aucunement l’impression d’être épiée. Son regard se posa sur les mercenaires. Ils parlaient à voix basses et surveillaient Ezek du coin de l’œil. Qu’ils préparent un mauvais coup ne l’aurait pas étonnée. Ils avaient cet air du chat qui a attrapé le canari. Ils devaient penser pouvoir doubler le Baron maintenant qu’ils étaient loin de Tepsa. Ferial sourit et se tourna vers Kevser, postée à côté d’elle. Elle ne serait pas fâchée de montrer à ses rustres, à ce Borgi surtout, à qui ils avaient à faire. Et ça l’aiderait sans doute à évacuer un peu de toute cette tension qu’elle avait accumulée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais Kevser ne lui prêtait pas attention. Elle avait les yeux tournés vers la forêt et semblait très concentrée. Ferial secoua son épaule pour la faire sortir de ses rêveries. &lt;br /&gt;«Je crois qu’on a un problème,» dit-elle en indiquant du pouce les mercenaires.&lt;br /&gt;Kevser sembla hésiter un moment.&lt;br /&gt;«Plus tard, suis-moi.» Elle interpella ensuite l’assassin. «Ezek, on part faire un tour.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il hocha de la tête. Ferial ouvrit la bouche pour demander où elles allaient mais Kevser ne lui laissa pas le temps de répondre. Elle la prit par la main et l’entraîna dans la forêt. Qu’avait-elle donc vu ? A part des animaux et des bandits, il n’y avait rien dans cette forêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Fais attention de pouvoir retrouver le camp,» lui demanda Kevser, «je ne peux pas faire attention au chemin.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ne voyait pas à quoi d’autre pouvait se consacrer l’autre femme mais elle lança un pointeur dans la direction des chariots tout en continuant à courir derrière elle. Elles n’étaient pas habillées pour ce genre d’exercices. Les jambes de Kevser n’étaient pas protégées contre les ronces, et comment pouvait-on donc se mouvoir décemment dans une combinaison en cuir ? Kevser semblait pourtant savoir où elle allait. Elles devaient s’être enfoncées d’un kilomètre dans les bois quand elle commença à entendre des cris au loin. Quel genre d’ouie avait donc cette femme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les cris étaient de plus en plus proches, elle pouvait distinguer deux voix d’homme et une voix de femme.  Ils ne devaient pas être à plus d’une trentaine de mètres devant eux. Kevser ralentit la cadence. Elle allait préparer un sort quand elle sentit quelque chose qui la stoppa net. Quelqu’un là-bas utilisait de la Magie. Elle abandonna Kevser et courut de plus belle dans la direction du sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils étaient là, trois hommes armés d’épées et une femme portant une robe de mage en fort mauvais état, et adossée à un arbre. Elle semblait prise au piège. Ferial s’arrêta en les découvrant. Les hommes étaient de l’Omi, cela ne faisait pas de doute. Elle reconnaissait leurs uniformes de vermines répugnantes. Elle sentit Kevser derrière elle.&lt;br /&gt;«Je crois que je vais enfin pouvoir passer ma colère sur certains des porcs qui sont responsables de ce qui arrive.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avança vers eux, bruyamment, sans se cacher le moins du monde.&lt;br /&gt;«Elle sort d’où celle là ?»&lt;br /&gt;«J’aimerais vous dire que je suis un esprit de la forêt mais je suis seulement un Mage complètement furieux.»&lt;br /&gt;«Un mage ?»&lt;br /&gt;«Avec des fringues pareilles ?»&lt;br /&gt;«Je croyais qu’il n’y en avait qu’une qui s’était échappée ?»&lt;br /&gt;Elle toussota pour recapter leur attention. &lt;br /&gt;«Rendez-vous immédiatement ou je m’arrangerais pour que votre mort soit plus douloureuse que nécessaire.»&lt;br /&gt;«Ils sont protégés !» cria le Mage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En entendant leur prisonnière parler, l’un des hommes la gifla sans retenue, la faisant tomber en arrière. Cette scène provoqua chez Ferial un court-circuit. &lt;b&gt;L’Omi ne levait pas la main sur les Mages.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser n’avait pas suivi Ferial aussi près des trois gardes et de leur prisonnière. Elle était pratiquement sûre qu’ils ne l’avaient pas encore vue. Elle vit Ferial lancer le sort qu’elle avait amorcé mais rien ne se produisit. Le Mage avait l’air surpris. Kevser faillit intervenir en voyant un des hommes foncé sur elle : Ferial n’était pas armée. Du moins c’est ce qu’elle croyait, car le Mage para de sa cravache ce qui lui laissa juste le temps d’envoyer un bon coup dans les tibias de l’homme. Il n’était pas assez fort pour le déséquilibrer mais suffisamment pour le faire reculer et si elle ne se trompait pas, pour qu’elle se crée un bouclier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Ils sont protégés,» répéta le Mage contre l’arbre, d'une voix désespérée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser se doutait bien qu’un garde de l’Omi n’aurait pas du être protégé contre les sorts d’un Mage. Ce n’était pas possible. Sauf si elle n’était pas la seule à avoir eu vent du marché noir de protections qui avait duré quelques semaines avant que l’Oma n’y mette un terme l’année dernière. Peut-être que l’Oma n’avait pas réussi à tous les récupérer. Peut-être que le Supra ou un de ses Archis en avaient mis de côté. Elle essaya d’enflammer l’un des hommes, par acquis de conscience, mais sans plus de succès que Ferial. Le sort semblait absorbé. Elle eut juste le temps de se créer un bouclier à son tour avant que l’Omi le plus proche d’elle ne vienne l’attaquer. La jeune femme qui était à terre, un peu plus loin, frappa le garde qui était resté près d’elle. Il glapit un peu sous la douleur mais l’assomma d’un coup de coude dans le nez. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Kevser, ton poignard, utilise-le ! Il ne sera pas plus arrêté que mon pied ou son poing.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser souleva sa jupe et dégrafa le poignard qu’elle accrochait à sa cuisse et qu’elle camouflait d’un charme pour que personne ne le voie. Elle avait un poignard, soit, mais elle ne pouvait toujours l’utiliser. Si elle n’abaissait pas son bouclier, il ne servait à rien, et si elle abaissait son bouclier, il y avait de bonnes chances qu’elle se fasse massacrer… à moins qu’elle…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial avait du trouver le temps long, parce qu’elle se trouvait à présent devant elle. Kevser jeta un coup d’œil aux gardes : elle avait du frapper le même une deuxième fois en visant plus haut. L’autre garde s’écarta prudemment. Tant qu’elles portaient des boucliers, il n’y avait pas grand-chose qu’ils pouvaient faire. Mais ils leur suffisaient d’attendre qu’elles soient vidées et elles seraient aussi faciles à avoir qu’une de ses filles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Abaisse ton bouclier,» lui chuchota Ferial.&lt;br /&gt;«Quoi ?» Il n’en était pas question.&lt;br /&gt;«Fais-moi confiance, abaisse-le, j’ai une idée.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser se promit de la tuer, réellement, si elle se foutait de sa gueule et comptait se servir d’elle comme d’une distraction et fit ce qu’elle lui demandait. Mais Ferial abaissa aussitôt le sien puis l’attrapa par la taille pour la plaquer contre elle avant de recréer un bouclier autour d’elles d’eux.&lt;br /&gt;«Je me trompe où tu ne sais pas utiliser ton poignard et ton bouclier en même temps ?»&lt;br /&gt;Cela avait l’air d’amuser le Mage. Kevser haussa les épaules.&lt;br /&gt;«Tau à ses avantages, tu ne crois pas ?»&lt;br /&gt;«On pourrait peut-être débattre de ça plus tard, non ?»&lt;br /&gt;«Je maintiens le bouclier. Sers-toi de ton poignard,» murmura Ferial à son oreille pour que les trois hommes n’entendent rien. «S’ils sont intelligents, ils essayeront de nous éviter et il faudra les séparer de l’autre Mage. S’ils sont stupides, tue-les. Tu crois que vas pouvoir le faire en étant accrochée à moi ?»&lt;br /&gt;«Je peux avoir plus de marge ?»&lt;br /&gt;«Pas tant que ça…»&lt;br /&gt;Ferial lâcha sa taille pour la prendre par la main.&lt;br /&gt;«Il va falloir faire vite, je vais être vite épuisée si on se touche aussi peu.»&lt;br /&gt;«Je peux faire vite s’ils sont stupides. Mais s’ils ne sont pas si stupides, une fois qu’ils sont loin de ton amie, qu’est-ce qu’on fait ?»&lt;br /&gt;«Laisse-moi m’occuper de ça, tu veux ?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles s’avancèrent vers le garde qui se tenait près de la Mage. Il ne recula pas assez vite pour échapper complètement à un coup de poignard de Kevser qui le blessa à l’épaule. Ils paraissaient tous surpris de voir qu’elle pouvait les blesser comme ça. Que croyaient-ils donc que leur babiole les rendait invincibles ? Il lui suffit de faire quelques moulinets pour l’éloigner. &lt;br /&gt;«Vous ne perdrez rien pour attendre. On a tout notre temps, nous. Mais ce n’est pas votre cas, n’est-ce pas ?» dit l’un des gardes.&lt;br /&gt;Ce qui était complètement vrai. Elle espérait que le plan de Ferial était bon, parce que sinon, elles allaient vite avoir des problèmes. Elle la sentait préparer un sort, mais elle ne pouvait pas espérer que celui- là justement passerait les défenses des trois hommes. Ce n’est qu’en voyant le sort partir dans le sol qu’elle en comprit l’ingéniosité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;	Ils étaient protégés contre les attaques magiques directes par contre les conséquences d’un sort sur leur environnement par exemple. Les racines des arbres se redressèrent soudainement et comme de petites épées de bois, s’enfoncèrent dans les jambes des trois gardes qui se trouvaient là. Le sort agissait sur les racines, pas sur eux et passait donc à travers leurs défenses sans aucun problème. Elle n’avait pas besoin de se tourner vers Ferial pour savoir qu’elle souriait de toutes ses dents en entendant les hurlements des trois hommes. Elle lui lâcha la main et fit tomber le bouclier avant de se précipiter voir comment allait sa collègue de Tau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser, elle, préféra alla voir de plus près les trois hommes. Peut-être avaient-ils des informations sur Volner. Ils faisaient peine à voir, comme ça. Un seul seulement avait encore son épée dans la main. Les deux autres les avaient laissées tomber. Elle préféra commencer par celui-là, elle le contourna et l’égorgea proprement, répondant son sang sur ses deux amis. Au moins, cela instaurait le climat.&lt;br /&gt;«Bon, messieurs, vous avez deux possibilités, soit vous parlez, soit je vous laisse là, un peu plus estropiés pour que les animaux vous retrouvent et s’occupent de vous. Où sont emmenés les guérisseurs ?»&lt;br /&gt;«A Perk,» répondit immédiatement l’un d’eux. &lt;br /&gt;«Je le sais déjà, ça, il va falloir être plus précis.»&lt;br /&gt;«Au quartier général de l’Omi à l’entrée de la ville. En attendant que le Supra décide…»&lt;br /&gt;Kevser leva les yeux au ciel. C’était presque trop facile. Si l’homme n’avait pas été en train de pleurer de douleur, elle ne l’aurait pas cru.&lt;br /&gt;«Est-ce que c’est vrai,» demanda-t-elle à l’autre.&lt;br /&gt;«Oui, pitié madame, pitié. C’est vrai. On doit les emmener là-bas, c’est tout…»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et les traquer. Et les maltraiter en route. Et qui savait quoi d’autre encore ? Elle trancha la gorge du premier qui lui tomba sous la main. Le troisième ne comprenait visiblement pas ce qu’il se passait.&lt;br /&gt;«Mais vous aviez dit…»&lt;br /&gt;«J’ai dit que je ne vous laisserai pas aux animaux…  Vous devriez être contents, Ferial aurait été plus lente. Je suis certaine qu’elle aurait tenu à s’amuser avec vous avant de vous tuer.»&lt;br /&gt;Elle acheva son travail d’un coup net, coupant court aux jérémiades du dernier Omi... sans mauvais jeu de mots. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsqu’elle se intéressa de nouveau à Ferial, elle vit qu’elle tenait l’autre Mage dans ses bras. Elle ne semblait pas être très à l’aise avec ça, mais l’autre avait les bras passés autour d’elle.&lt;br /&gt;«Non pas que je veuille briser se touchant moment, mais il faut qu’on retourne au convoi.»&lt;br /&gt;L’autre Mage, une jolie blonde, au visage un peu sale, soit, mais jolie quand même, se détacha de Ferial et la regarda avec gratitude. Son air sombre dut la dissuader de lui sauter au cou parce que le mouvement qu’elle avait esquissé avorta immédiatement.&lt;br /&gt;«Je suis le Mage Guérisseur Antse.»&lt;br /&gt;«Kevser.»&lt;br /&gt;«De l’Oma aussi ?»&lt;br /&gt;«Non, je ne suis pas de Tau.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Mage, Antse, parut surprise avant que son expression se change en dégoût quand elle la détailla. Kevser lui renvoya un regard tout aussi amical. Si elle croyait qu’elle allait être impressionnée par sa robe à haut col… &lt;br /&gt;«Pas un Mage de Tau, je ne sais pas pourquoi ça ne m’étonne pas d’une de tes fréquentations Ferial. Habillée comme une catin en plus…» elle prit le temps de jaugea Ferial, «d’un autre côté, toi aussi, tu as opté pour un style dépravé. Tu as finalement décidé d’opter pour une voie qui te convenait mieux ou tu as simplement préféré fuir devant le danger en abandonnant ta Guilde ?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser aurait bien eu envie de lui faire comprendre que la relative sécurité dans laquelle elle se trouvait à présent pouvait basculer en un instant si elle ne se calmait pas. Mais Ferial avait l’air plutôt calme. Plutôt heureuse de voir l’autre Mage, malgré les insultes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Nous allions vers Perk quand on a entendu une petite fille pathétique appelée à l’aide… Même pas capable de se défendre et ça se prétend un Mage. Mais dis-moi, et toi, où est-ce que tu allais exactement ? Parce que à part courir en pleurant, je ne t’ai pas vu faire grand-chose pour aider ta Guilde, Antse.»&lt;br /&gt;«Je me suis échappée hier ! C’est plus que tu n’aurais jamais pu faire.»&lt;br /&gt;«Tu plaisantes ? Tu sais combien d’Omi j’ai tués à Tepsa ?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser regardait les deux Mages de Tau avec beaucoup de perplexité. D’abord, elles se serraient dans les bras l’une de l’autre, puis elles s’insultaient copieusement et elles finissaient par comparer leurs prouesses. Charmant. C’était donc ça, la &lt;b&gt;grande famille&lt;/b&gt; de Tau. Kevser préférait de loin la sienne. Même Park et Jellier ne se disputaient de façon aussi stupide. La dernière journée de voyage risquait d’être très longue. Et elle doutait que les Mages acceptent de rester sur le bas côté pendant que le convoi partait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Ferial, tiens ton amie en laisse, il faut qu’on rejoigne le convoi, maintenant. Si vous tenez tant à vous disputez, faites le en route.» Elle fit une pause. Ferial avait le bon goût de paraître gênée. «Tu as toujours le chemin ?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial lui fit signe que c’était le cas, en effet, et prit la tête du groupe. Kevser la suivait, et la dénommée Antse fermait la marche. Elle n’arrêtait pas de poser des questions mais ni elle, ni Ferial ne souhaitaient y répondre apparemment.  Finalement, la route apparut de nouveau. Le convoi était là, mais le problème que le Mage de Tau avait présenti avant de partir. Ezek était entouré de cinq mercenaires qui ne semblaient pas excessivement bien disposer à son égard. D’ailleurs une partie du déjeuner avait été renversée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser n’était vraiment pas d’humeur à supporter ce genre de problème maintenant. Elle changea la couleur de ses yeux d’un sort, les rendant vairons parce que la «marque du mal» impressionnait toujours les imbéciles et lança une inflammation sur le premier crétin de mercenaire venu. Deux des hommes s’enflammèrent presque simultanément. Elle était douée, mais pas à ce point. Elle se tourna vers Ferial, qui lui fit un clin d’œil. Avoir retrouvé un Mage la mettait de bonne humeur, il semblait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Vous trois, regardez-moi,» ordonna-t-elle aux mercenaires restant qui déglutirent devant son regard. Elle ne devait pas avoir l’air aimable aspergée de sang, un poignard encore humide à la main. «Vous avez deux possibilités, soit vous vous tenez tranquilles et vous oubliez vos plans pour me doubler, soit je vous fait flamber dans l’instant. Qu’est-ce que vous choisissez ?»&lt;br /&gt;«Ba… Ba… Baron… Ke…,» fit le seul qui avait encore quelques neurones.&lt;br /&gt;Agacée, elle lui confirma qu’elle était bien le Baron Kevser.&lt;br /&gt;«Qui d’autre voudrais-tu que je sois, de toutes façons ?»&lt;br /&gt;L’homme déglutit.&lt;br /&gt;«Je suis à votre se se service, Baron Kevser.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca c’était un son qu’elle aimait entendre. Un homme qui tremblait devant elle par peur de mourir. Elle fit signe à Ezek de s’occuper d’eux et du reste du déjeuner avant de se tourner vers Ferial.&lt;br /&gt;«Il va falloir que ton amie accepte quelques règles simples.»&lt;br /&gt;«Antse n’a jamais été très obéissante, malheureusement,» répondit Ferial avec un sourire.&lt;br /&gt;«C’est ta responsabilité. Qu’elle se tienne tranquille, que je ne la vois pas s’en prendre à mes hommes ou à mes filles, et tout se passera bien.»&lt;br /&gt;«Je vais essayer de la convaincre,» répondit Ferial en jetant un coup d’œil à Antse, silencieuse à côté d’elles et qui semblait examiner le camp, «mais il faudra qu’on discute toutes les deux.»&lt;br /&gt;«Vraiment ?»&lt;br /&gt;«Oui. Il faudra que je te remercie de la &lt;i&gt;façon&lt;/i&gt; dont tu as retrouvé Antse.»&lt;br /&gt;Oh… ça.&lt;br /&gt;«Nous devrions pouvoir trouver un moment tout à l’heure. Essaye de garder le nombre de tes disputes avec ton amie au minimum. Vous êtes de la &lt;i&gt;même famille&lt;/i&gt; après tout.»&lt;br /&gt;«Justement. C’est juste comme à Perk. Quand nous nous disputons.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Kevser ! » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ezek avait besoin d’elle. Elle laissa Ferial avec l’autre Mage et rejoignit son assassin. La pause déjeuner avait toutes les chances de durer encore quelques temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Note : Le chapitre 9 devrait suivre d'ici quelques heures</content>
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    <title>Chapitre 7</title>
    <published>2005-11-23T13:21:52Z</published>
    <updated>2005-11-23T18:40:24Z</updated>
    <lj:music>E.S. Posthumus - Nara</lj:music>
    <content type="html">&lt;font size="+1"&gt;Nb de mots : 5265&lt;br /&gt;Nb de mots total : 35896&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;Note : merci à mes 3 esiearques supporters préférés qui sont chiants à vouloir toujours que je poste ;)&lt;br /&gt;Note 2 : merci à mes deux beta-r pour ce chapitre &lt;span class='ljuser  ljuser-name_fuyu_tokyo' lj:user='fuyu_tokyo' style='white-space: nowrap;'&gt;&lt;a href='http://fuyu-tokyo.livejournal.com/profile'&gt;&lt;img src='http://l-stat.livejournal.com/img/userinfo.gif' alt='[info]' width='17' height='17' style='vertical-align: bottom; border: 0; padding-right: 1px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href='http://fuyu-tokyo.livejournal.com/'&gt;&lt;b&gt;fuyu_tokyo&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; et sfeek. Toutes les fautes restantes sont de moi bien sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="cutid1"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;font size="+2"&gt;Chapitre 7&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ferial n’avait jamais voyagé comme ça auparavant. Elle avait marché, elle était montée à cheval, elle avait même une fois du léviter sur une grande distance parce que sa jambe était cassée et qu’elle ne voulait la confier à personne d’autre qu’à un guérisseur. Mais être dans un chariot, ballottée au gré des irrégularités de la route, sans voir où elle allait, comme une marchandise. Une marchandise. C’était un terme bien choisi parce que, effectivement, elle voyageait avec les marchandises du Baron Kevser. Le chariot était grand, mais elles étaient nombreuses étalées sur des coussins. Elle n’avait jamais eu besoin de se préoccuper de promiscuité avant. Un Mage avait toujours de la place. Il en avait toujours suffisamment pour se sentir bien.  Kevser ne devait pas être au courant, apparemment. Ou alors elle trouvait ça justement trop amusant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voyage s’était décidé très vite. Ferial n’avait pas été en état de penser par elle-même à ce moment là, et rien ne disait qu’elle aurait trouvé une meilleure idée. Les gardes n’avaient posé aucun problème. Le seul qui avait regardé à l’intérieur du chariot avait discuté avec Tali, en vieil habitué du Souffle du Désir. La jeune femme l’avait présentée comme une dominatrice que le Baron envoyait à un monastère. Quand elle avait entendu ça, elle avait failli s’étouffer, mais le garde avait eu l’air plutôt convaincu par le regard noir qu’elle lui avait lancé et qui n’avait fait que renforcer son personnage. Il lui avait demandé de fesser Tali qui n’était, selon lui, qu’une friponne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Huit jeunes femmes dans un chariot, faisant route vers un monastère sans intérêt. Tout aurait été pour le mieux si Kevser n’avait pas été du nombre. Ferial était persuadée que tout aurait été plus facile si Kevser, déguisée en Tali, ne s’était pas trouvée à moins d’un mètre d’elle. Elle avait pu, ce matin, voir la transformation complète du Baron en prostituée. Elle avait échangé sa chemise et son pantalon contre une robe fine et transparente. Elle avait mis un peu de fard sur ses yeux. Elle avait ensuite abandonné sa queue de cheval pour laisser ses cheveux tomber librement sur ses épaules. Et surtout elle avait quitté son air froid et austère pour un sourire chaleureux et très engageant. Voyager avec six autres femmes même si peu vêtues ne lui posait pas de problèmes en comparaison. Ferial les considérait tout juste comme de la viande. Mais si vous ajoutiez maintenant Kevser/Tali, son environnement devenait particulièrement étouffant et la situation embarrassante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand la femme de Concil qui travaillait et se battait pour Kevser était venue faire son rapport, Ferial avait eu du mal à tenir le choc. Inconsciemment, elle s’était raccrochée à l’espoir que toute cette histoire était limitée à Tepsa, peut-être un coup de folie de l’Archi. Bien qu’elle ait vu l’édit du Supra, elle avait espéré que tout ne soit qu’une vaste fumisterie. Entendre raconter ce qui était arrivé, de la bouche d’une femme comme Park Yesser, était complètement différent. Si la Guilde avait été aussi durement touchée à Tepsa, il n’y avait aucune raison que ça ne soit pas le cas ailleurs. Perk devait être le seul endroit où les Mages devaient être à peu près en sécurité. Mais pour combien de temps encore ? Si les Empathes avaient été tués, ils ne seraient bientôt plus rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si on lui avait dit une semaine plutôt, qu’elle voyagerait dans une simili roulotte remplie de prostituées et qu’elle se ferait passer pour l’une d’entre elle, elle aurait ri au nez de cette personne avant de la tuer pour l’avoir insultée de la sorte. Un chariot escorté par cinq mercenaires embauchés pour l’occasion et le type qui s’appelait Ezek. Les cinq mercenaires, si on pouvait employer ce terme pour des types pareils, devaient être le pire des bagarreurs de tavernes de Tepsa. Ce n’était pas les plus brillants esprits qu’elle connaisse, mais elle supposait qu’ils étaient bien suffisants pour se faire passer pour leur escorte. Les préparatifs au voyage avaient duré toute la nuit, de la sélection des filles, aux armes, en passant par l’itinéraire qu’ils suivraient. Ils ne devaient pas emprunter la route du Supra, trop fréquentée et où il y aurait eu trop de chances qu’ils tombent sur l’Omi. Ils allaient prendre les petites routes, plus dangereuses et plus cabossées,  et essayer d’arriver à Perk avant le convoi de guérisseurs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Perk, elle pourrait se venger comme elle le voulait. Elle espérait qu’aucun Mage n’avait encore eu pour ordre de tuer le Supra, parce qu’elle souhaitait plus que tout faire partie de l’équipe qui s’en chargerait. En faisant tuer les Empathes, ceux qui étaient appelés les Mages itinérants ou les recruteurs en dehors de la Guilde, on les condamnait à la disparition. Sans les Empathes, qui parcouraient le Suprome pour reconnaître les futurs mages, Tau cesserait d’exister faute de membres. Le taux de natalité chez les Mages était extrêmement faible ; ils ne pourraient pas survivre sans les enfants qui venaient les rejoindre à l’orée de leur adolescence menés par les Empathes. Mais ces Mages étaient rares. Pour cent Mages qui naissaient, un seul était un Empathe. Généralement ils choisissaient de devenir guérisseurs et pratiquaient leur spécialité pendant qu’ils voyageaient. Etre Empathe n’était pas une spécialité, c’était un talent inné. Actuellement, ils n’étaient que quatre. Toujours protégés par deux membres de l’Oma et six de l’Omi. Six de l’Omi. Six traîtres près à fondre sur eux à la première occasion et que personne auparavant n’aurait eu l’idée de considérer comme une menace. Après tout, il n’avait aucune Magie. Elle avait cru mourir en comprenant à quel point la situation était grave : Tau était finie si les Empathes mourraient avant d’avoir pu former leurs successeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait cru mourir et avait vu légèrement rouge… Légèrement. Oh peut-être qu’elle avait pété les plombs comme l’avait formulé Kevser. Mais elle avait des circonstances atténuantes. Elle n’était pas certaine que Kevser ait compris exactement ce qu’impliquait le complément d’informations apporté par Park. Kevser avait juste profité de l’occasion pour pousser son avantage. Logique. Elle lui avait fait promettre  que s’ils l’aidaient à sortir de la ville, elle les aiderait à retrouver et sauver Volner. Apparemment un serment avait plus de valeurs chez les criminels que chez les Mages… parce qu’avoir accepté leur proposition ne la faisait en rien se sentir obligée de les aider. Elle se retrouvait donc en route, avec Kevser, Ezek et quelques filles pour un Monastère qui comptait parmi les très bons clients du Baron. Ferial, en apprenant ce détail, n’avait pas été autrement surprise. Si des &lt;b&gt;Mages&lt;/b&gt; avaient besoin de fréquenter des bordels, il était normal que des moines fassent la même chose. Sauf qu’apparemment, eux, avaient droit à la livraison à domicile. N’étaient-ils pourtant pas sensé vivre à l’écart pour échapper aux tentations de la ville ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Mages n’avaient pas tous les mêmes capacités et c’était en fonction de ces capacités qu’ils choisissaient ce qu’ils feraient de leur vie. Ferial n’aurait pas pu être guérisseur, même si elle l’avait voulu. Enfin, elle aurait pu, mais elle aurait été un très mauvais guérisseur. Très faible et incapable de soigner plus que quelques os brisés. Ferial était faite pour l’Oma. Elle avait cet instinct qui la guidait et la prévenait du danger, qui lui permettait de savoir où aller chercher. C’était pour ça qu’elle était aussi douée dans ce qu’elle faisait. Quatrième avant ses vingt-cinq ans, ce n’était pas rien. Les Empathes étaient une catégorie à part. Ils sentaient les autres mages, même ceux qui n’avaient reçu aucune formation. Peut-être qu’il y a très longtemps, avant la formation de la Guilde, quand les Mages étaient seuls et isolés, tous avaient pu distinguer qui étaient les Mages et qui étaient seulement un homme ou femme tristement ordinaire. Mais maintenant, ceux qui possédaient ce dont se comptaient sur les doigts d’une main. Ils étaient des éléments essentiels à la survie de leur communauté. Ils étaient les seuls à pouvoir dire naturellement, juste en étant en étant en présence d’une personne, qui était un Mage et qui n’en était pas un. Bien sûr, elle supposait que les Théoriciens avaient une ou deux méthodes sous le coude mais aucune qui ne serait aussi simple. Elles exigeraient sans doute des incantations, des rituels et des potions. Jamais ils ne pourraient tester régulièrement toute la population du Suprôme comme ils le faisaient. Ils étaient déjà si peu nombreux, si en plus ils ne pouvaient pas retrouver tous ceux qui avaient le potentiel de devenir Mage…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux jours, peut-être trois avant leur arrivée à Perk. Ensuite elle pourrait laisser éclater toute la colère qu’elle voudrait sur le Supra et ses Archis. Si elle avait son mot à dire, pas un n’en réchapperait. Quand on enlevait tout espoir de reconstruction, il n’y avait plus qu’à détruire le reste pour s’assurer qu’ils ne disparaîtraient pas seuls. Elle se demandait s’il y avait un sort qui rendrait les terres du Suprôme stériles. Ou mieux que ça. La moitié des terres stériles. Cela déclencherait de jolies guerres intestines quand la nourriture viendrait à manquer. Maître Cianith aimerait sûrement cette idée. Sur le chemin qui l’emmenait à Perk, Ferial ne pensait qu’à une chose, comment les Mages, Tau et elle allaient pouvoir se venger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rideau qui les cachait aux regards extérieurs s’ouvrit alors qu’ils avançaient encore. C’était encore ce mercenaire à la face de chien qui venait les observer en faisant avancer son cheval à côté du chariot. Sentir son regard de pervers lubrique sur elle lui donnait des haut-le-cœur. Cet homme était absolument répugnant. De quel droit osait-il la dévisager comme ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Quel est ton nom ? » demanda-t-elle d’un ton froid, brisant le silence qui s’était installé parmi les femmes depuis son arrivée.&lt;br /&gt;« Brongi, ma jolie. » Et en plus il avait le culot de lui sourire avec sa bouche édentée. Qu’est-ce qu’il croyait ? Qu’elle était en train de minauder ? De flirter avec lui ? Il fallait qu’il redescende sur terre avant de se faire tuer.&lt;br /&gt;« Et bien, Brongi, tu vas lâcher ce rideau et crois-moi, si jamais tu recommences, tu vas tellement le regretter que tu… »&lt;br /&gt;« Et tu vas faire quoi, ma jolie ? Me griffer avec tes jolis petits ongles ? »&lt;br /&gt;Ferial n’avait pas de jolis petits ongles. Elle avait des ongles courts et propres, sans fioritures. &lt;br /&gt;« Tu vas tellement souffrir que lorsque j’en aurais fini avec toi, tu me supplieras de t’achever. »&lt;br /&gt;Son ton sérieux et la froideur de son regard décontenancèrent l’homme qui ne devait pas avoir l’habitude de voir des femmes aussi menaçantes et aussi crédibles dans cette attitude. &lt;br /&gt;« Alors tire-toi ou on appelle Ezek ! » rajouta Tali de sa voix de petite fille la plus convaincue.&lt;br /&gt;Ferial la regarda comme si elle avait deux têtes. Qu’est-ce qui lui prenait de jouer les débiles assistées ? Forcément, Borgi rit et oublia toutes les menaces de Ferial.&lt;br /&gt;« C’est ça les filles, je suis terrifié. A tout à l’heure les filles. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il repartit à l’avant du convoi en riant fort. Ferial ouvrit la bouche pour crier après Kevser mais celle-ci fut plus rapide qu’elle.&lt;br /&gt;« Je te rappelle, qu’ici pour le moment, tu n’es pas Ferial de Tau, mais Ferial, prostituée appartenant au Baron Kevser. Essaye de jouer un peu ton rôle. »&lt;br /&gt;« Je ne vois pas pourquoi je devrais… »&lt;br /&gt;« Si tu n’es pas capable de jouer ce rôle, tu ferais mieux de partir avant de dévoiler le mien en même temps et de nous faire tous tuer. »&lt;br /&gt;Apparemment Kevser était aussi maîtresse dans l’art d’exagérer les choses. Remettre cet imbécile à sa place n’allait pas les tuer. Le laisser faire par contre, ça, ça la tuerait. Enfin tuerait son amour propre.&lt;br /&gt;« Et on dit que &lt;b&gt;je&lt;/b&gt; suis paranoïaque… »&lt;br /&gt;« Je ne suis pas paranoïaque, » répondit Kevser, « mais prudente. Devine un peu comme j’ai fait pour qu’&lt;b&gt;IL&lt;/b&gt; reste dans l’ombre aussi longtemps ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les six autres filles recommencèrent à discuter des clients du Souffle du Désir mais Kevser et elle, l’une en face de l’autre, ne participaient à la conversation, préférant s’observer mutuellement. Ferial avait remarqué que Tali ne portait pas toutes les marques que les autres prostituées avaient. La plupart avaient des marques au niveau des poignets et des cuisses. Que ce soit des bleus ou des cicatrices. Et elle ne ressentait pas cette impression de résignation dans l’attitude de Tali comme elle pouvait la lire chez les autres prostituées. En fait, les seules marques visibles de là où elle était étaient les bleus et les coupures qu’elle lui avait elle-même faite pendant qu’elles s’étaient battues. Probablement que si elle avait fréquenté les bordels, elle se serait rendu compte que Tali n’était pas une prostituée ordinaire. Enfin Ferial savait depuis longtemps que même elle, ne pouvait savoir tout sur tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ca fait longtemps que tu joues le rôle de Tali ? » demanda-t-elle de but en blanc. Les jeunes femmes retinrent leur souffle en attendant la réponse de leur maître.&lt;br /&gt;« Trop longtemps si on en croit Volner, » répondit Kevser au bout d’un moment.&lt;br /&gt;Ferial avait vu l’inverse, Tali dans les vêtements de Kevser, mais Kevser dans les vêtements de Tali était encore plus étrange. Il y avait quelque chose qui sonnait particulièrement faux dans ce tableau. &lt;br /&gt;« Et comment est-ce que tu es devenu le &lt;i&gt;Baron Kevser&lt;/i&gt; ? »&lt;br /&gt;Elle voulait connaître la réponse à cette question depuis très longtemps.&lt;br /&gt;« J’ai tué l’ancien propriétaire du Souffle et tous ceux qui ont essayé de me voler sa succession. »&lt;br /&gt;Plausible. Même si cela n’expliquait pas grand-chose.&lt;br /&gt;« Où as-tu appris la Magie ? »&lt;br /&gt;« C’est venu naturellement, » railla Kevser.&lt;br /&gt;Ferial leva les yeux au ciel mais n’insista pas. Si elle ne voulait pas répondre…&lt;br /&gt;« Comment es-tu arrivée au Souffle du Désir ? »&lt;br /&gt;« J’ai connu des interrogatoires mieux déguisés. Tu ne fais pas vraiment dans la subtilité. »&lt;br /&gt;Touché. &lt;br /&gt;« Je vous simplement en savoir plus sur toi. » Ce qui n’était qu’un demi-mensonge. Kevser était encore un mystère et elle avait très envie de le résoudre.&lt;br /&gt;« Bien sûr, parce que tu es le genre à t’intéresser aux autres. »&lt;br /&gt;« Je m’intéresse aux Mages. »&lt;br /&gt;« Je ne suis pas un de vos Mages de Tau. »&lt;br /&gt;Ferial inclina la tête et sourit.&lt;br /&gt;« Il semblerait bien que tous les Mages ne viennent pas de Tau en fin de compte… »&lt;br /&gt;Kevser ne répondit pas, mais elle avait l’air surprise par l’énorme concession qu’elle venait de faire. Tant mieux. Il ne fallait qu’il n’y ait qu’elle qui soit constamment déstabilisée.&lt;br /&gt;« Est-ce que tu couches avec ton précieux Volner ? »&lt;br /&gt;Kevser ne put maintenir un visage neutre et fit une horrible grimace.&lt;br /&gt;« Je le connais depuis qu’il a douze ans. Je l’ai quasiment élevé et j’ai dix ans de plus que lui. Les Mages de Tau sont tous des pervers.»&lt;br /&gt;Ferial allait répliquer quand son cerveau finit de calculer. Kevser avait dix ans de plus que Volner. Elle devait avoir approximativement son âge… Cela faisait quoi ? Le gamin devait avoir treize ou quatorze ans. &lt;br /&gt;« Il fait bien plus vieux que son âge. Je lui aurais donné une vingtaine d’années. A un an ou deux près. »&lt;br /&gt;Kevser hocha la tête avec un petit air satisfait qui ne lui disait rien qui vaille.&lt;br /&gt;« Il a dix-neuf ans. »&lt;br /&gt;Ferial cligna des yeux, additionnant les paramètres, un à un. &lt;br /&gt;« Tu as vingt-neuf ans ?!! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser avait l’air particulièrement amusée de sa réaction, la garce. Elle était &lt;b&gt;vieille&lt;/b&gt;. Ferial espérait être passée à autre chose à son âge. Comme, par exemple, à la direction de l’Oma, dans le fauteuil de Maître Cianith.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je prends ton étonnement comme un compliment, » fit Kevser avec un clin d’œil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle renvoya fièrement ses cheveux en arrière, d’un geste souple. Ferial se détesta de ne pouvoir s’empêcher de contempler le mouvement de sa chevelure retombant sur sa nuque. Il était très difficile de se souvenir qu’elle était dangereuse quand elle agissait comme ça. Quand elle était Tali. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Archi Sevinc était tout juste de retour dans son office après sa réunion avec l’Archi Borg et le Supra. Depuis qu’ils avaient pu le convaincre d’agir contre la Guilde, le Supra ne se contenait plus. Il tenait à rester informé de tout, il félicitait Borg à chaque fois qu’il apprenait qu’un nouveau groupe de Mages avait été arrêté ou tué. Il lui donnait une claque dans le dos à chaque fois que des guérisseurs étaient capturés. Les messagers n’arrêtaient pas de sauter de villes en villes pour rapporter les nouvelles les plus fraîches à la capitale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour l’instant, à part les Mages enfermés dans l’enceinte de la Guilde, tout ce passait comme le Supra et ses Archis le désiraient. Ils ne doutaient pas que la Guilde, affamée, finirait par se rendre même si pour cela il fallait attendre quelques mois. Une fois qu’ils auraient débarrassé le reste du Suprôme des Mages, ils ne seraient plus aussi pressés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sevinc ouvrit son carnet et commença à y consigner tous les derniers rapports qu’ils avaient reçus. La progression de cette affaire ferait plaisir à certains. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser avait été prévenue par Ezek que le monastère était en vue. Ils avaient quitté la route pour emprunter le petit chemin perpendiculaire qui menait aux moines quelques minutes plus tôt. Déjà, ils pouvaient apercevoir l’impressionnante bâtisse, tache blanche et grise au milieu du vert. Kevser s’était enfin accordée le privilège de se pencher à l’extérieur de la roulotte pour le voir apparaître entre les arbres. Elle avait du se retenir pour ne pas avoir constamment la tête dehors pendant le trajet : cela faisait tellement longtemps qu’elle était à Tepsa qu’elle en avait presque oublié qu’il existait autre chose que les rues pavées et les murs en briques. En seize ans, elle n’avait quitté la ville qu’une fois, et ce n’était pas un bon souvenir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Monastère, qu’elle voyait au loin, était tout en pierres bleues comme on en voyait à Liurk. Elles avaient du être importées au moment de la construction. Les arbres étaient de plus en plus espacés, et enfin, une grande cours apparut. Sur la gauche on pouvait voir les jardins potagers qui devaient permettre de nourrir tout le monastère. Sur la colline à l’est, les vignobles qui avaient fait sa richesse et qui devait à présent leur permettre de s’offrir tous les esclaves qu’elle leur vendait. Et partout, des moines s’affairaient. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ezek qui voyageait à cheval discutait déjà avec deux moines. Elle sauta hors du chariot dès qu’il s’immobilisa. L’assassin jouerait les représentants officiels du Baron, mais elle tenait à être là le plus longtemps possible, fondue dans le décor, pour ne pas perdre une miette de ce qui se disait. Elle s’apprêtait à le rejoindre quand elle entendit quelqu’un descendre du chariot derrière elle. Pas besoin de se retourner pour savoir de qui il s’agissait. Ferial ne tenait pas en place. Elle se retourna pour lui donner quelques ‘conseils’ sachant pertinemment qu’elle ne pourrait pas l’empêcher de la suivre.&lt;br /&gt;« Tiens-toi tranquille, ne parle pas, et surtout essaye de tenir ton rôle. »&lt;br /&gt;Ferial la foudroya du regard.&lt;br /&gt;« Voilà, parfait, » approuva-t-elle en souriant, « je suis sûre que tu trouveras bientôt quelques moinillons à discipliner. »&lt;br /&gt;Elle la prit par le bras, et l’entraîna vers Ezek. Elle sentit Ferial tressaillir.&lt;br /&gt;« Calme-toi cocotte, tu es une prostituée, je suis une prostituée, on est toute très proches les unes des autres. Et je te tiens seulement le bras. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Il faut voir avec le frère Puke, mais je suis sûr qu’il sera ravi de votre visite, » disait l’un des moines à Ezek. L’autre, les ayant vues arriver vers eux, les détaillaient sans vergogne. Typique. Kevser, endossant pleinement le rôle de Tali, s’agrippa à Ezek dès qu’il fut à portée, posant sa tête sur son cœur. Le jeune homme, rodé au scénario, passa une main possessive autour de sa taille.&lt;br /&gt;« Et bien j’ai hâte de voir Frère Puke dans ce cas. Je vous présente Tali et Agap qui sont deux de nos filles les plus expérimentées. »&lt;br /&gt;« Vraiment ? » Les yeux des moines s’étaient éclairés en entendant cette &lt;i&gt;bonne nouvelle&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;« Tout à fait, Agap est spécialisée dans les jeux de dominations et Tali… Tali est experte dans les massages exotiques… Entre autres choses. »&lt;br /&gt;Les Moines les regardaient avec plus d’intérêts encore. Elle connaissait suffisamment ce genre de types pour savoir qu’ils étaient en train de s’imaginer en train de leur faire toutes sortes de vilaines choses. Absolument charmant.&lt;br /&gt;« Combien sont-elles ? » demanda l’un des deux Mages en regardant les chariots.&lt;br /&gt;« Huit par chariot. Soit un totale de seize, » répondit Ezek, très à l’aise dans son rôle, son père était un marchand réputé dans le sud du Suprôme. &lt;br /&gt;« Toutes plus exquises, toutes plus habiles les unes que les autres. »&lt;br /&gt;« Je n’en doute pas une seconde, » répondit un moine grand et sec, portant l’habit gris réglementaire. « Je suis le frère Puke, bienvenue dans notre humble Monastère. »&lt;br /&gt;Selon elle, le bâtiment n’avait rien d’humble du tout.&lt;br /&gt;« Ezek Tozd, de Tepsa. Le Baron Kevser vous envoie ses salutations. »&lt;br /&gt;Le Moine Sec hocha la tête.&lt;br /&gt;« Le Baron, oui, oui. Et qu’est-ce qui nous vaut le plaisir de votre visite ? »&lt;br /&gt;« Le Baron développe un nouveau type de services pour ses meilleurs clients, et comme vous étiez sur notre route, il m’a chargé de vous le présenter. »&lt;br /&gt;« Je suis certain qu’il est très intéressant, suivez-moi dans mon office que nous discutions tranquillement. Vous restez cette nuit, naturellement ? »&lt;br /&gt;« Si vous voulez bien nous accueillir. Nous ne voudrions pas nous imposer… »&lt;br /&gt;« Mais non, mais non. Tous les frères seront ravis de l’animation que cela créera. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ezek se détacha d’elle et lui ordonna de rejoindre les autres. Tali fit si bien la moue devant cette décision de ‘son maître’ que Puke proposa de lui-même qu’elle les accompagne. Ferial fut renvoyée au chariot et Kevser fut heureuse de constater qu’elle ne protesta pas et se contenta de rester impassible. Et lorsqu’elle frappa les doigts d’un moine qui tirait sur les lacets de sa combinaison de cuir noir, le Mage le fit d’un coup de cravache ferme mais léger avant de repartir, très calmement comme si ça lui arrivait tous les jours. Elle avait su tout de suite que ce rôle irait à merveille à Ferial. Si tant est qu’elle joue vraiment un rôle, ricana-t-elle intérieurement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le bureau de Puke, qui était bien plus agréable qu’elle n’avait jamais imaginé les quartiers d’un Monastère, Ezek l’installa sur ses genoux avant de parler de leur possible arrangement pour des visites mensuelles des filles du Baron au Monastère. Ils ne mirent pas longtemps à tomber d’accord, le moine ne discuta même pas le prix. Apparemment ce moine ne voyait aucun inconvénient à faire venir des filles de joie dans son monastère pour égayer ses frères. Après cela, il leur proposa de faire le tour du monastère pendant qu’ils finissaient d’être installés pour la nuit. Partout où ils allaient, Kevser lovée contre Ezek, des jardins aux cuisines, en passant par le sanctuaire, partout, il y avait des moines qui s’affairaient. Elle avait pourtant toujours cru que les monastères avaient de plus en plus de mal à recruter. Les temps pieux où les sanctuaires et les religions fleurissaient un peu partout dans le Suprôme était révolu depuis au moins deux générations. Elle s’empressa de lui en faire la remarque.&lt;br /&gt;« Oulala… Z’êtes beaucoup par ici… J’sais pas pourquoi ces gaillards y sont des moines. Y f’raient d’bons maris. »&lt;br /&gt;Le moine la considéra un instant ne sachant pas s’il pouvait lui répondre ou si, au contraire, il devait l’ignorer et faire comme s’il n’avait rien entendu. Ezek hocha de la tête pour donner son accord.&lt;br /&gt;« Il y  a cinq ans, nous n’étions que vingt. A chaque décès d’un frère, nous savions que nous ne trouverions pas de remplaçants. On était déjà bien en deçà du nombre idéal de moines. Alors quand j’ai pris la tête du monastère, j’ai décidé de moderniser notre système pour qu’il corresponde mieux aux attentes des jeunes d’aujourd’hui. Maintenant nous avons une méthode de recrutement inédite qui a montré qu’elle était efficace, et nous arrivons à toucher les couches les plus défavorisées de la population. »&lt;br /&gt;Kevser fit mine de ne rien comprendre, ouvrant grand les yeux au départ et suçotant une mèche de cheveux, puis détournant son intérêt vers les boutons de la chemise d’Ezek. Les mots étaient trop compliqués pour une petite chose comme Tali. &lt;br /&gt;« C'est-à-dire, » demanda Ezek à sa place.&lt;br /&gt;« Et bien nous avons commencé à acheter des esclaves. Une fois qu’ils sont là, nous leur donnons le choix : repartir libre ou rester ici et devenir des frères à leur tour. »&lt;br /&gt;« Et ils acceptent ? » &lt;br /&gt;Ezek, tout comme elle, se demandait ce qui pouvait bien les motiver à rester là, coupés du monde, quand ils pouvaient recommencer leurs vies ailleurs.&lt;br /&gt;« Oh oui. Le monastère est un endroit sûr. Ils sont nourris, logés, blanchis, et nous avons modernisé les principes du célibat ici. Bien sûr, ils ne peuvent pas avoir de femmes mais ils peuvent tout à fait avoir des rapports sexuels avec des prostituées ou d’autres. Tant qu’il n’y a pas de cérémonie d’engagement, tout est parfait. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hu. Ce qui expliquait qu’ils achètent aussi des femmes. Parce que Kevser était certaine d’être la première à leur avoir proposé de faire venir un bordel jusqu’à eux quelques fois par mois. Ils s’étaient recréés une petite communauté qui répondait à tous les désirs du mâle lambda. Pas étonnant qu’ils s’empressent de signer pour devenir des frères dans ce monastère. Ce n’était pas un hasard si les trois quarts des femmes vendues comme esclaves étaient prostituées d’une manière ou d’une autre, et excepté les très rares chanceuses qui trouvaient des maîtres décents, ils valaient mieux complètement ignorer ce qui arrivait au quart restant. &lt;br /&gt;« C’est pour ça, alors que vous achetez aussi des femmes au Baron, » remarque Ezek à son tour.&lt;br /&gt;« Nous leur donnons le choix bien sûr. Si elles acceptent de nous aider pendant six mois, nous les affranchissons. »&lt;br /&gt;Lorsqu’elles devenaient trop ennuyeuses.&lt;br /&gt;« Et si elles n’acceptent pas ? »&lt;br /&gt;« Et bien nous avons toujours un sacrifice rituel ou deux qui attendent les récalcitrantes. Mais cela n’arrive que rarement. Nous ne sommes pas des monstres, si elles veulent changer d’avis, nous l’acceptons. De toutes façons, les sacrifices, c’est très démodé. »&lt;br /&gt;« C’est un système… ingénieux. »&lt;br /&gt;Puke hocha la tête.&lt;br /&gt;« On doit s’adapter à notre époque, nous sommes comme tous autres les secteurs d’activité du Suprôme. »&lt;br /&gt;« Et vos prières, la réflexion… »&lt;br /&gt;Le frère Puke écarta d’un geste tous ces concepts qu’il devait trouver préhistoriques. &lt;br /&gt;« Ceux qui le souhaitent, peuvent le faire, mais nous n’obligeons personne. La plus part des moines préfèrent s’occuper des vignes. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser avait vu beaucoup de choses à Tepsa mais cette communauté qui vivaient ainsi, loin de tout, et pourtant avec ses esclaves sexuelles d’un côté, son business dans le vin de l’autre, était  tout à fait étonnante. Des moines originaux qui avaient fondé le monastère, elle suspectait fortement qu’ils n’aient de moines que l’uniforme gris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial ne la rejoint que tard dans la nuit. Après le dîner, les moines qui avaient voulu profiter de la présence des filles du Baron et qui en avaient reçu l’autorisation par Maître Puke, les avaient conduites à de grandes salles où elles avaient été immédiatement mises au travail. Kevser s’était retrouvée dans la même salle que trois de ses filles. Le moine qu’elle devait servir fut immédiatement soumis à un sort, tout comme les autres personnes de la pièce. Elle était tranquillement assise dans un coin à les regarder baiser les uns avec les autres sans distinction, et si on leur demandait, le lendemain matin si elle avait participé, ils répondraient tous, sans hésitation que oui. Ils seraient même en mesure de donner des détails. Lesquels ? Le sort laissait faire leur imagination. C’était pour ça que Tali était aussi appréciée. On ne pouvait &lt;b&gt;&lt;i&gt;rêver&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; mieux qu’elle. Ferial avait été installée dans une autre salle un peu plus loin. Kevser l’avait vue arriver, l’air fatiguée, et s’effondrée à côté d’elle.&lt;br /&gt;« Qui aurait pu penser qu’il y en aurait tant qui voudrait payer pour être humiliés ? »&lt;br /&gt;Kevser sourit, sans détacher ses yeux de la scène qui se jouait devant elle.&lt;br /&gt;« Il n’y a pas assez d’autorité ici. Normal qu’ils aient besoin de tes services. »&lt;br /&gt;« Je n’ai jamais été aussi contente d’être un Mage. » Ferial frissonna à côté d’elle. « J’ai complètement caché ce qu’ils faisaient et ce qu’ils croyaient que je leur faisais. Dé-goû-tant. »&lt;br /&gt;« Mmm. Ne me fais pas croire que ta cravache n’a pas servie, je ne te croirais pas. »&lt;br /&gt;Ferial sourit à son tour.&lt;br /&gt;« Je l’ai peut-être utilisée une fois ou deux. »&lt;br /&gt;« C’est déjà un peu plus crédible. »&lt;br /&gt;« Comment est-ce que tu peux regarder ça ? Tu as un bordel, tu as du voir ça des dizaines de fois, quel est l’intérêt ? »&lt;br /&gt;Ferial posait exactement la bonne question. Il était temps d’aller se coucher. &lt;br /&gt;« Je trouve ça absolument stuprafiant. » Elle se leva et tendit sa main à Ferial. « Allez debout, il est temps d’aller se coucher. Nous aurons beaucoup de route à faire demain. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial se mit debout à sa suite et la laisser la guider jusqu’à la chambre qui avait été préparée pour Ezek. Le jeune homme s’était installé sur le sol du mieux qu’il pouvait. Kevser lui jeta un sort pour qu’il passe une meilleure nuit et qu’il soit plus en forme le lendemain. Ferial pendant ce temps là n’était pas restée à rien faire : elle s’était installée sur le lit et s’était endormie comme une souche. Kevser leva les yeux au ciel. Elle était sûre que cette garce l’avait fait exprès. Bien sûr, un &lt;b&gt;Mage de Tau&lt;/b&gt; ne pouvait pas dormir par terre. Kevser la secoua mais elle fit mine de ne pas se réveiller. Très bien. Kevser la fit rouler un peu pour avoir de la place et se coucha à côté d’elle. Elle la sentit devenir complètement rigide et essayer de s’éloigner en ayant l’air de toujours dormir. Kevser n’avait pas été dupe une seconde.  Qu’avait-elle cru ? Qu’elle irait dormir par terre  gentiment ? La petite Mage rêvait toute éveillée. Kevser s’installa confortablement et passa un bras autour de la taille de Ferial qui sursauta mais continua de jouer les endormies. Aucune ne semblait vouloir céder. Kevser ferma les yeux. Elle avait mérité son lit. Si le mage était trop embarrassée, elle pouvait aller dormir par terre. Kevser ferma les yeux, et s’endormit, la tête contre le dos de Ferial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Note 3 : n'oubliez pas de reviewer !! Parce que je suis dingue des commentaires.&lt;br /&gt;Note 4 : j'essaie de poster la suite demain ou vendredi soir...</content>
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    <title>Carte du Suprome</title>
    <published>2005-11-20T09:39:32Z</published>
    <updated>2005-11-20T09:39:32Z</updated>
    <lj:music>A Lack Of Color - Death Cab For Cutie</lj:music>
    <content type="html">Pour le chapitre 7 et en fait, pour le 8 aussi, cette carte risque de vous aider un peu. Beaucoup. Enfin au moins vous saurez où tout ce petit monde se déplace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai aucun talent avec 'toshop... donc excusez-moi si ce n'est pas terrible. Pour ce qui est des arts visuels, j'ai deux pieds gauches en guise de mains... si vous voyez ce que je veux dire. Pour le reste je chante divinement bien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://img.photobucket.com/albums/v236/Aiguma/LJ/cartesuprome.jpg"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense qu'elle se lit bien toute seule cette carte... mais si vous avez des questions... J'en posterais une de Perk peut-être pour les derniers chapitres</content>
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    <title>Chapitre 6</title>
    <published>2005-11-19T21:50:29Z</published>
    <updated>2005-11-19T21:50:29Z</updated>
    <lj:music>The Company of Men - Eliza Carthy</lj:music>
    <content type="html">&lt;font size="+1"&gt;&lt;br /&gt;Nb de mots : 6318&lt;br /&gt;Nb de mots total : 31631&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Note 1 : Je crois qu'il est un peu bizarre parce qu'il a été écrit en plein de petits bouts...&lt;br /&gt;Note 2 : Honte à moi, je me suis pas relue... j'ai la flemme. Je relierai ça demain matin^^ &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="cutid1"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size="+2"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Chapitre 6&lt;/div&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial s’était réveillée une heure plus tôt et, encore une fois cette semaine, elle n’avait pas su où elle se trouvait.  Un observateur, qui se serait récemment mis à étudier sa vie, pourrait penser que c’était comme ça tout le temps. Et en vérité, il aurait sans doute raison. Ferial oubliait complètement ce qui l’entourait lorsqu’elle s’endormait. Ce matin là, qui était en fait une après-midi, mais passons, ce matin là, donc, elle réussit sans trop de difficultés à se souvenir des découvertes macabres qu’elle avait faites la veille, les Mages morts, l’édit du Supra, la maison de Tau à Tepsa brûlée. Et Kevser, forcément elle, la prenant en traître, une fois de plus, alors qu’elle était encore sous le choc de ce que subissait la Guilde et les siens. Elle se souvenait très bien du coup sur la tête. Son crâne, douloureux, et la bosse, énorme, sous ses cheveux, ne le lui laissaient pas oublier. En revanche, elle ignorait absolument où elle se trouvait. Elle avait fouillé le Souffle du Désir de fond en comble, et ne se souvenait pas du tout de cette pièce. A moins d’avoir raté une porte dérobée, et ça, c’était impossible tant elle s’était appliquée, Kevser avait une autre cachette en ville. Suffisamment discrète ou inutilisée pour que l’Oma n’en ait pas connu l’existence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial avait d’abord décidé de ne pas bouger. Elle était plus ou moins reposée, elle devait en profiter pour réfléchir au calme sur ce qu’elle ferait maintenant que le Supra voulait tous les faire exécuter. Elle se demandait comment les autres Mages allaient. Elle se demandait lesquels étaient morts, lesquels vivaient, lesquels étaient, comme elle, dans une situation précaire. Elle était certaine, ou plutôt elle espérait très fort, que l’enceinte de la Guilde n’avait pas été violée. Il n’y avait aucune raison pour que l’Omi ait pu s’infiltrer là. L’Oma avait son quartier général là-bas et le plus grand nombre de ses représentants. Les Non Mages n’avaient quasiment jamais accès à l’intérieur de l’enceinte, ils connaissaient mal le terrain. Et pas un Mage n’aurait laissé un détachement armé de l’Omi pénétré chez eux. La Guilde devait toujours tenir, derrière les murs d’enceintes. Le Conseil devait être toujours au cœur  de la citadelle. Maître Cianith devait être là-bas, avec nombres d’entre eux, en sécurité, à la périphérie de Perk et à moins d’une dizaine de kilomètres du palais du Supra. Il fallait qu’elle les rejoigne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa jambe la grattait, c’était insupportable. Elle arrivait à maîtriser son corps la plupart du temps, mais elle ne pouvait jamais dominer entièrement ses démangeaisons. Elle frotta sa jambe contre les draps, refusant fermement de céder à la tentation. Elle faisait ainsi craquer le lit et déclenchait un bruit de ferrailles très déplaisant à son oreille. Elle se forçait à méditer en regardant le plafond d’un blanc presque parfait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle devait rejoindre Perk… Mais en suivant quelle route ? Sortir de la ville risquait déjà d’être périlleux. Les portes étaient déjà gardées par l’Omi en temps normal, mais s’il la savait en ville et plus ou moins libre, ils feraient tripler ou quadrupler les effectifs pour l’empêcher de s’enfuir. Pouvait-elle se permettre d’utiliser autant d’énergie juste pour sortir de la ville ? Que ferait-elle ensuite ? Peut-être devrait-elle au contraire rester à Tepsa et combattre l’ennemi de l’intérieur. Tendre des pièges à l’ Omi. Tuer l’Archi et ses Concils… Mais ce serait rapidement le chaos si personne n’était plus là pour diriger la ville. Et rien n’empêchait le Supra d’envoyer d’autres troupes pour remplacer celles qu’elle éliminerait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah… Ces chaînes ne la laissaient pas réfléchir tranquillement. Sa geôlière avait cru bon de l’attacher au lit pour ne pas qu’elle s’enfuisse. Elle n’avait pas pensé en Mage : les chaînes étaient complètement  normales. Elle avait besoin de se lever. Elle  n’était même pas bâillonnée. Du travail d’amateur. Elle tira un peu sur celle qui tenait son bras droit. Mmm. Au moins elles étaient fixées au mur et pas au lit. Elle incanta et les bracelets de métal grisâtre se brisèrent, et les chaînes glissèrent pour la libérer. Elle se leva et fit quelques pas dans la pièce. Sa peau était d’une couleur violacée presque uniforme. Elle avait des bleus sur tout le corps, mais elle se sentait plutôt à l’aise dans ses mouvements. Pas de courbatures trop vilaines. Ferial profitait pleinement du plaisir d’être magique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois qu’elle aurait franchi les portes de la ville, si elle choisissait de partir, plusieurs alternatives s’offraient à elle. Elle pouvait remonter directement sur Perk, marchant dans les fossés pour ne pas être repérée, ou si elle trouvait un cheval, coupant à travers les champs. Une fois qu’elle serait là-bas, elle retrouverait les autres Mages et elle serait de nouveau aux ordres de Maître Cianith. Elle pourrait également tenter de retrouver d’autres survivants. Il était impossible qu’elle soit la seule à s’être sortie vivante de la traîtrise du Supra. Ils devaient y avoir des Mages à Liurk, Kesh, ou ailleurs, qui étaient aussi surpris et désemparés qu’elle pouvait l’être. S’ils remontaient tous ensemble sur Perk, ils pourraient causer de sérieux dégâts et aider efficacement les Mages qui étaient sans doute assiégés dans l’enceinte de la Guilde. Une petite dizaine de Mages suffiraient à causer énormément de pertes aux forces des Archis et du Supra. A condition que leurs ennemis n’aient pas dans leurs manches de Mages du genre du Baron Kevser et de Volner. Des Mages dont la Guilde ignorait l’existence et qui pourtant savaient utiliser la Magie tout comme eux. Si c’était le cas, la situation était bien plus compliquée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’y avait qu’une penderie dans la pièce, le seul meuble en dehors du lit. Un environnement de caserne qui ne lui était pas entièrement étranger. Ferial ouvrit les portes. Sans surprise, elle était vide, mais il y avait un petit miroir accroché sur l’une des portes. Elle coiffa ses cheveux de son mieux, et fixa son chignon d’un sort. Son pendentif, en argent, ressortait très bien sur sa peau violacée. Elle se demandait si elle devait son état à Kevser. Ferial rougit en pensant à ce qui avait pu se passer. Elle n’était pas très sûre de la réponse qu’elle préférait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faudrait qu’elle décide rapidement de ce qu’elle allait faire pour Tau. Elle ne se voyait pas rester à Tepsa, pas plus qu’errer dans le Suprôme à la recherche d’autres Mages de Tau. Elle pensait que son devoir était d’abord de rejoindre Perk et la Guilde, parce que c’était de là-bas que les Mages pourraient lancer leur contre-attaque. Et aussi parce qu’elle ne s’était jamais sentie aussi seule que depuis qu’elle avait trouvé les corps calcinés de Jon et Darl et qu’elle avait lu l’édit. Elle avait l’impression d’être perdue dans un monde qu’elle ne connaissait pas, elle devait rentrer à Perk pour retrouver ce qui restait des siens. Et si sur le chemin du retour, elle rencontrait des Mages, tant mieux. Sinon, elle se contenterait des ordres que Maître Cianith lui donnerait quand elle arriverait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses lunettes lui manquaient. Elle ne réussissait pas à distinguer tous les détails autour d’elle. La porte était verrouillée par autre chose qu’un seul verrou, de ça, au moins, elle était certaine. Mais le sort n’avait rien d’insurmontable. Elle le fit sauter le temps d’un battement de cils. Elle tomba sur un couloir de portes fermées et un escalier. Du bruit venait d’en bas : des éclats de voix, des tasses que l’on posait sur un meuble. Elle descendit les escaliers sur la pointe des pieds et suivit la lumière jusqu’à ce qui devait être le salon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser s’était déjà tournée vers elle. Elle devait avoir l’ouie extrêmement fine. Elle n’avait pas l’air ravie de la trouver là, mais n’avait pas l’air surprise qu’elle ait réussi à se libérer. L’homme qui discutait avec elle, jeta un coup d’œil par-dessus son épaule pour voir ce qui intriguait sa patronne, et cracha ce qu’il buvait en la voyant.&lt;br /&gt;« Joli pendentif, » remarqua Kevser en buvant une gorgée de ce qui devait être du thé à l’odeur.&lt;br /&gt;« Merci. » Ferial prit place à coté d’elle. &lt;br /&gt;« J’aurais peut-être du vous interroger pendant que vous étiez encore dans la chambre. »&lt;br /&gt;« Vous avez raté votre chance. Vous ne pouviez pas penser que cela me retiendrait très longtemps. » Elle jeta un coup d’œil à l’homme aux cheveux bruns roux qui ne cessait de la regarder, « enfin lui peut-être... Il n’a pas l’air d’avoir vu beaucoup de Mages avant moi. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial allongea le bras et s’empara de la tasse posée devant Kevser. Elle avait soif et aucune envie d’être aimable. Oh. Le thé n’avait pas ce goût là à Perk. On ne le coupait pas avec de l’alcool dans l’enceinte de la Guilde. Ou en tout cas, on ne lui en avait jamais parlé. Elle qui avait un peu froid en fut toute réchauffée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Charmant… » lâcha Kevser en se servant une autre tasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Baron observait, agacée,  l’homme qui était devenu rouge et dont le regard tombait un peu trop bas sur Ferial. Le Mage savait qu’elle était grande et plutôt jolie et que beaucoup d’hommes dans le genre de celui-ci la trouvaient à leur goût, mais quand même, ce type ne savait pas se tenir. Si Ferial avait été seule, elle l’aurait corrigé pour lui apprendre les bonnes manières. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ezek, attends dehors, » finit par dire Kevser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial sourit, hautaine, en voyant le manque de réaction de l’homme. Le Baron dut taper sur la table devant lui pour qu’il se décide à bouger. Elle surveilla sa sortie avant de se tourner vers elle. Ferial n’avait jamais remarqué que Tali avait un regard si expressif. La prostituée savait être en colère ou allumeuse, mais en dehors de ça… Le Baron semblait avoir une gamme plus large de sentiments à jouer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Joli pendentif, » répéta-t-elle. « Un symbole intéressant. Je n’ai pas réussi à le prendre. »&lt;br /&gt;« Merci, » répondit le Mage de Tau de nouveau, sans donner la moindre explication.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle tapotait sur la table en attendant que son hôtesse parle et profitant de ce moment de silence pour observer Kevser et essayer de relever d’autres différences entre elle et le personnage qu’elle avait joué. Elle n’eut pas à attendre longtemps… Kevser n’avait peut-être pas le même regard que Tali, mais elles partageaient la même impatience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Voilà comment je vois les choses. Pour une raison qui ne m’intéresse absolument pas vous êtes tout à coup en froid avec l’Omi. Vous voulez les tuer, et c’est réciproque. » Kevser marqua une pose, faisant mine de réfléchir. « Bon, eux, je les comprends, d’accord, je suis même plutôt de leur avis, vous tuer rendrait service à tout le monde. Peu importe de toutes façons, vous n’avez aucun intérêt à ce qu’on se batte. Vous n’avez pas de temps ni d’énergie à accorder à ça. Sans compter le vacarme, et si on doit en arriver là, comptez sur moi pour ameuter tout le quartier. L’Omi sera sur vous en rien de temps. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial était presque sûre que si elle concentrait son attaque, elle pouvait tuer Kevser avant qu’elle n’ait eu le temps de réagir et sans que le dénommé Ezek, sans doute posté juste à l’extérieur, ne remarque rien. Mort ou vivant, le Baron Kevser n’était plus sa priorité depuis le moment où elle avait compris qu’elle n’avait rien à voir avec ce qui s’était passé dans la Maison de la Guilde. A la rigueur, Ferial la préférait morte parce que cela éviterait qu’elle revienne les mordre plus tard. Mais un sort aussi violent et silencieux pomperait beaucoup de son énergie. Et il fallait qu’elle garde absolument des forces pour sortir de la ville, car elle aurait sans doute à se battre pour passer les portes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Un Théoricien vaut cent Omis&lt;/div&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A condition qu’il soit gonflé à bloc et plus concentré que jamais. Elle ne savait pas combien d’Omis elle pourrait tuer avant d’être trop fatiguée. Et si elle s’en sortait, elle devrait trouver un point rapide pour se reposer et récupérer. Il valait mieux qu’elle garde ses forces pour plus tard, quand il y aurait quelque chose de vraiment intéressant et important, autrement dit, pas Kevser, la criminelle locale mais les traîtres qui avaient poignardé Tau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tu proposes quelque chose ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser semblait chagrinée, comprenez irritée, par la familiarité dont elle usait. Ferial ne voyait pas ce qui posait un problème : ce n’était même pas un &lt;b&gt;vrai&lt;/b&gt; mage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Volner et je te laisse partir avec… » Elle regarda Ferial de la tête aux pieds, « de quoi passer inaperçue. Et de quoi manger. »&lt;br /&gt;« Je n’aime pas le chantage. Si je vous tue, toi et ton ami, je pourrais partir et je n’aurais qu’à fouiller vos cadavres et la maison pour trouver ce dont j’ai besoin. »&lt;br /&gt;« Tout comme de nombreux problèmes. A toi de voir ce que tu préfères. »&lt;br /&gt;« Vous avez vu ce qui est arrivé à la maison qu’occupait la Guilde, qu’est-ce qui peux bien te faire croire qu’il est encore en vie ? »&lt;br /&gt;Kevser se pencha pour planter son regard dans le sien.&lt;br /&gt;« Il vaudrait mieux pour toi qu’il soit toujours vivant. Vous vous êtes disputés avec l’Omi, parfait, je m’en fous. Mais j’espère pour toi qu’il n’a pas subi les conséquences de vos problèmes. Parce que crois-moi, d’une manière ou d’une autre, tu payeras. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial trouvait léger de parler de simple &lt;i&gt;dispute&lt;/i&gt; entre l’Omi et la Guilde. La Guilde était en guerre contre le Supra, c’était ça la réalité. Dispute. Tout ça s’approchait plutôt d’une trahison de Tau organisée dans les plus hautes sphères du pouvoir. Le Supra en personne avait signé l’édit. Comme s’il était vraiment en son pouvoir de faire une chose pareille. La Guilde de Tau était peut-être une institution, mais c’était avant tout un état d’esprit. La somme de tous les Mages. Une grande famille soudée par l’amitié et des valeurs communes différentes de celles du reste du Suprôme. Jamais un papier écrit par un homme à qui la plupart des Mages, elle y comprit, ne reconnaissaient aucune autorité sur eux ne changerait ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tu as une façon étrange et étriquée de voir les choses. »&lt;br /&gt;« Volner. » Les jointures de ses mains étaient devenues blanches autour de sa tasse. Ferial voyait bien que c’était la seule chose qui importait à ses yeux.&lt;br /&gt;« L’Omi a emmené les guérisseurs, » finit-elle par dire, « il se peut que Volner ait été compté parmi eux. Il n’était pas du nombre des cadavres que j’ai trouvés à l’intérieur de ce qui restait de la maison. »&lt;br /&gt;« Emmené ? Où ça ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial haussa les épaules. Elle n’en savait rien. Retrouver les guérisseurs n’était pas sa priorité. Ils étaient importants parce qu’ils étaient des Mages de Tau mais dans les conflits qui se préparaient, ils ne seraient pas en première ligne. Ils ne savaient pas se battre pour la plupart et ne supportait généralement qu’on ôte la vie. Ils étaient utiles à l’arrière des batailles, pour sauver les blessés. Mais ne faisait pas une grande différence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tout ça, c’est de votre faute. Je pourrais t’échanger contre lui.»&lt;br /&gt;« N’espère pas que je me laisse faire. Vous ne faites pas le poids.»&lt;br /&gt;« La dernière fois… »&lt;br /&gt;« La dernière fois, vous avez eu de la chance. Tu veux parier ta vie et celle de ton précieux Volner sur ta bonne étoile ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser se leva pour marcher énergiquement dans la pièce. Ferial jouait avec son pendentif, cadeau de son oncle Feyrn quand elle avait terminé son apprentissage, en la regardant faire les cent pas. Elle ne s’était visiblement pas changée depuis qu’elles s’étaient affrontées. Sa chemise rouge était encore couverte de sang. Son pantalon noir était déchiré par endroit, ses cheveux qu’elle avait toujours vus impeccables avant, étaient emmêlés et sa queue défaite partiellement. Elle n’aurait pas pu imaginer Tali, la jolie femme fragile, avec des cernes, mais le Baron Kevser, l’étrange meneur d’hommes, en avait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un coup frappé à la porte les interrompit dans leurs réflexions. C’était Ezek, qui revenait avec une des affiches annonçant le décret du Supra dans la main. Il la montra à Kevser immédiatement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je crois que ça explique ce qui s’est passé dans le quartier est, Baron. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le visage de Kevser se ferma complètement alors que Ferial la voyait parcourir des yeux l’affiche. Le Mage de Tau avait du mal à comprendre comment elle avait pu passer à côté. Elle était placardée en évidence sur les murs autour de la maison qu’occupait la Guilde. Son regard à elle avait été immédiatement capté par les taches crème sur les murs rouges et gris. Le sceau du Supra, en gros et en noir, en haut de la feuille, indiquait l’importance de l’annonce. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Charmant… » Kevser se tourna vers elle, Ferial sentait que quelque chose clochait, mais elle n’arrivait pas à savoir quoi. « Tu ne comptais pas m’en parler, bien sûr. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial haussa les épaules mais Ezek ricana.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Elle ne doit pas être bien fière la petite Mage… Sa petite Guilde a été dissoute par le Supra lui-même. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De nouveau, le regard de Kevser lui paraissait indéchiffrable et plus étrange encore que d’habitude.&lt;br /&gt;« Il faut que Park récolte un maximum d’informations. Surtout en ce qui concerne les guérisseurs. Qu’est-ce qu’ils font d’eux ? Dis lui que c’est urgent et de première importance. Les Concils ne doivent pas pouvoir s’arrêter de jacasser, ils n’aimaient pas vraiment la Guilde. »&lt;br /&gt;« Ca doit être la chasse aux Mages dans tout le Suprôme, » sourit Ezek mais avant que Ferial n’ait pu rétorquer quoi que ce soit, Kevser le frappait du poing sur la tempe. &lt;br /&gt;« Volner est un Mage. Alors ne t’amuse &lt;b&gt;surtout pas&lt;/b&gt; d’une éventuelle chasse aux Mages. Suis-je bien claire ? »&lt;br /&gt;« Je m’excuse, Baron, c’était déplacé. »&lt;br /&gt;Elle renifla.&lt;br /&gt;« Je veux tout savoir à la tombée de la nuit. Dis-le à Park. Et fais passer le message dans la rue. Le Baron Kevser veut que ses informateurs se remuent pour en apprendre le plus possible. »&lt;br /&gt;« Bien, Baron. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ezek les quitta aussitôt, ses cheveux bruns roux retombant derrière lui en masse. Ferial qui n’avait pas quitté Kevser des yeux, lui posa alors une question qui lui brûlait les lèvres depuis qu’elle savait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ils savent que vous êtes une femme. Et pourtant, ils continuent à vous appeler ‘Baron’. Pourquoi ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser entendit la question de Ferial et la réponse fut évidente et immédiate. Parce que cela leur rappelait qui commandait. Les premiers temps n’avaient pas été faciles pour le Baron Kevser. Tout avait commencé un jour dans la taverne au rez-de-chaussée du Souffle du Désir. Ce jour-là, Kevser avait décidé qu’il était temps pour l’ancien propriétaire de passer la main. Il utilisait ses talents trop souvent depuis qu’il savait qu’elle pouvait utiliser de la magie. Il se reposait sur elle pour régler les problèmes du bordel. Il lui donnait toutes sortes de nouvelles tâches : vol, meurtre, intimidation,…  Kevser aurait pu voir ça comme une promotion mais il la rabaissait continuellement et lui donnait des missions de plus en plus dangereuses. Elle n’était jamais sûre de pouvoir conserver son anonymat. Et à l’époque, elle ne connaissait que des &lt;i&gt;tours de magie&lt;/i&gt;. Rien de vraiment puissant. Elle avait du s’en remettre à son imagination et à sa créativité pour s’en sortir plus qu’à ses talents de Mage. Elle cumulait deux emplois, ne dormait pas plus de quelques heures par nuit. Alors, alors qu’il la dénigrait une fois de plus devant tous les autres, elle avait décidé de le tuer. Quitte à devoir régler les problèmes du bordel, à s’assurer qu’ils recevaient l’argent, qu’ils étaient fournis et pas roulés, autant que ce soit pour &lt;b&gt;son&lt;/b&gt; bordel &lt;b&gt;à elle&lt;/b&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle l’avait provoqué. Elle l’avait défié. Il s’était emporté et elle l’avait tué en l’enflammant. Un sort qu’elle n’avait jusque là utilisé que pour allumer des bougies. C’était après ça seulement, qu’il était devenu son sort préféré. Cet imbécile d’Evon Hark n’avait pas compris qu’elle pouvait être dangereuse &lt;i&gt;pour lui aussi&lt;/i&gt;. Il l’avait pensée soumise à sa volonté, sans doute un peu stupide. Il n’avait vu que Tali. Il n’avait vu qu’une femme. Une erreur qu’il avait payée de sa vie. Elle n’était plus effrayée depuis longtemps. Elle n’avait plus peur, elle avait changé et il n’avait rien vu.  Dans un sens, c’était tant mieux, elle y avait gagné un bordel. Les employés ne l’avaient pas tous pris au sérieux immédiatement, même si la plupart avaient assisté à l’inflammation de leur patron. Kevser était redevenue Kevser à plein temps. Elle avait tué tous ceux qui avaient tentés de s’en prendre à elle que ce soit pour venger Evon ou pour lui reprendre le Souffle du Désir. Elle avait aussi tué tous ceux qui savaient et qui avaient voulu partir. Tous ceux qui avaient cru qu’elle serait facilement manipulable. La réputation du Baron Kevser avait suivi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était Jellier, à l’époque, dont l’avis était encore mitigé au sujet de ses capacités, qui avait parlé de son nouveau patron comme du ‘Baron Kevser’. Ce qui avait été dit au départ comme une blague moqueuse avait été transformé et répété par tous ceux qui se demandaient pourquoi le Souffle du Désir était fermé et recevait autant de nouveaux esclaves. Le Baron Kevser, l’homme froid et impitoyable, était né. Elle avait pris Volner comme assistant, elle s’était intéressée à tous les aspects de la gestion du Souffle, ne voulant laisser à personne le loisir de la doubler. Elle était rentrée dans le commerce d’esclaves parce qu’un des fournisseurs, un imbécile patenté, avait cru pouvoir la voler comme il volait Evon. Il n’avait pas tardé à être retrouvé pendu devant chez lui, le corps recouvert de blessures. Le reste avait suivi, plus facilement après qu’elle avait eu Jellier et Volner avec elle. Ses deux plus proches collaborateurs. Avec Park, qui était rentrée dans le tableau l’année suivante, ils formaient sa famille, bancale et reposant sur des intérêts communs, mais la seule dont elle souhaitait se souvenir. Pour eux, seulement, elle était Kevser. Parfois. Pour tous les autres, elle était le Baron Kevser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Pour leur rappeler qui commande, et à quel genre de personne ils auront à faire s’il leur prenait l’envie de me trahir, » répondit-elle enfin à Ferial avant d’aller regarder la rue de la fenêtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Regarder l’agitation de la foule dans les rues du quartier sud lui donnait toujours une impression de calme personnel. Elle avait mal à la tête depuis tout à l’heure. Elle aurait voulu pouvoir s’étendre. Volner lui aurait apporté une compresse mouillée. Mais lui n’était pas là et Ferial était là. Elle ne pouvait pas la laisser seule. Elle aurait aimé pouvoir passer sa colère sur quelqu’un. Mais pouvait-elle encore se permettre de faire parler du Baron ? Elle n’avait aucune idée de ce que le Supra pensait des Mages qui n’étaient pas dans la Guilde. Essaieraient-ils seulement de faire la différence ? A leur place, elle éliminerait tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un Mage. Elle garderait peut-être un ou deux guérisseurs sous la main, au cas où… Elle était persuadée que c’était ce qu’ils avaient fait. C’était logique. Qu’elle ne soit pas de Tau ne serait pas un avantage s’ils apprenaient qu’elle savait utiliser la Magie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tu pourrais arrêter de jouer avec cette affiche ? C’est extrêmement agaçant. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser regarda ses mains. Ah oui. L’affiche était toujours là. Elle la pliait et la dépliait nerveusement. Ses yeux n’arrivaient pas à dépasser les premiers caractères, elle avait trop mal à la tête. Il lui était insupportable d’avoir perdu Volner. S’il avait été confondu avec un Mage de Tau, il risquait sa vie. Coincé entre ces barbares de Mages et ces barbares de l’Omi, il risquait deux fois sa vie. Elle ferma les yeux et roula l’affiche en boule avant de la jeter par terre, un peu plus loin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Il faut que je prenne l’air. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ouvrit la fenêtre et se força à respirer calmement. Elle avait &lt;b&gt;besoin&lt;/b&gt; de Volner. Qu’est-ce qu’elle allait pouvoir faire sans lui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« C’est original comme technique de méditation… Heureusement que les enseignements de la Guilde sont meilleurs.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se tourna vers Ferial, le peu de calme qu’elle avait réussi à retrouver s’évaporant. La jeune femme était aussi arrogante que d’habitude. Elle la regardait, visiblement amusée de son comportement. Kevser détestait les gens comme elle qui détestaient par principe et ne vivaient que pour prendre les gens de haut. Les Mages n’étaient pas tous des machines à détester, mais elle n’en connaissait pas un seul qui ne l’ait pas prise de haut. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Toi, toi, tu ne sais pas te taire. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial haussa les épaules comme si elle ne comprenait pas pourquoi elle aurait du se taire. Peut-être qu’elle ne comprenait pas, peut-être que c’était ça le problème. Kevser avait besoin de faire quelque chose. Et rapidement, sinon elle allait faire une bêtise comme enflammer cette petite garce qui sirotait tranquillement sa tasse. C’est uniquement quand elle se dit qu’elle le ferait aussi bien au propre qu’au figuré qu’elle comprit ce qui lui restait à faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Suis-moi. Je vais te trouver des vêtements avant qu’Ezek ne revienne et ne perde une fois de plus sa dignité. »&lt;br /&gt;« Il a bon goût, qu’est-ce que j’y peux, » répondit le Mage avec un petit sourire malicieux. « Et pour quelqu’un qui bosse dans un bordel, il est bien impressionnable. »&lt;br /&gt;« Il ne travaille pas au Souffle. Il travaille pour Park. Un assassin. Le meilleur de la ville après Park. Quand elle prendra sa retraite, il la remplacera sûrement. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’avait que vingt ans, mais il était déjà très proche du niveau de Park et il ne tarderait sans doute pas à dépasser son professeur. Ferial lui donnait cinq ans pour ça. Park lui donnait deux ans. Elle était optimiste et avait envie de passer à autre chose, elle disait qu’elle n’était plus aussi souple et plus aussi rapide qu’avant. Ezek avait toute la confiance des deux femmes. Il serait dommage qu’il baisse dans son estime parce qu’il ne pouvait pas s’empêcher de baver devant Ferial, ce qui en soit, était compréhensible, mais n’était pas la conduite attendue d’un assassin sans pitié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je devrais pouvoir te trouver quelque chose en haut. »&lt;br /&gt;« J’espère que ce ne sont pas tes affaires dont tu parles. »&lt;br /&gt;Kevser la foudroya du regard. Elle ne s’arrêtait donc jamais ? Elle sentait son mal de crâne revenir au galop.&lt;br /&gt;« Pourquoi ? Ils ne sont pas assez bien pour toi ? »&lt;br /&gt;Ferial porta la main à son nez, comme pour remonter des lunettes imaginaires.&lt;br /&gt;« Ils risquent d’être ridiculement étroit sur moi et ça ne fera rien pour ce pauvre Ezek. »&lt;br /&gt;« Ce sera toujours mieux que de te voir t’exhiber nue. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux heures plus tard, Park, Ezek et Jellier retrouvaient les deux femmes dans le salon. Kevser ne savait pas ce qu’elle devait penser de la façon dont elle avait habillé Ferial. Le bustier en cuir marron mettait en valeur sa poitrine et son pendentif dont la pointe tombait pile entre ses seins. Kevser l’avait rarement vu aussi bien porté. Enfin, à défaut d’être une tenue passe-partout, au moins elle s’était amusée en l’attachant. Elle avait tiré sur les lacets au maximum, jusqu’à ce que le Mage demande grâce. Le pantalon qui allait avec, même matière, même couleur, ne s’était pas révélé aussi amusant.&lt;br /&gt;« Je suis déçue, » lança Park en voyant Ferial, « Ezek m’avait pourtant assuré que la petite Mage se promenait nue dans la maison. »&lt;br /&gt;« Bah, j’sais pas comment elle était tout à l’heure, mais c’t’habit lui va très bien, » répliqua Jellier avec un clin d’œil appuyé à la jeune femme qui grimaça de dégoût.&lt;br /&gt;« Charmant, vraiment charmant, mais il est temps de passer aux choses importantes. Qu’avez-vous appris ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Park fit son rapport, complété parfois par Ezek et Jellier. Les Mages de tous le Suprôme avaient été attaqués par les escouades de l’Omi des villes où ils étaient stationnés. Des messagers avaient parcouru tout le territoire pour transmettre l’ordre du Supra. S’il avait surpris les Concils de Tepsa, aucun n’avait pour autant cherché à freiner les choses. Pour eux, c’était enfin une bonne chose de faite. Les guérisseurs étaient rassemblés sur Kesh avant d’être convoyés sur Perk où le Supra déciderait lesquels il garderait en vie pour qu’ils servent enfin le Suprôme. L’enceinte de la Guilde devait être assiégée à présent, si ses défenses n’avaient pas cédé. On disait que le Supra avait mobilisé toutes ses troupes disponibles pour l’entourer et commencer un siège. Les Mages n’étaient plus approvisionnés et ne pouvaient plus sortir de leur enclave. Tous les membres de l’Omi qui n’étaient pas absolument nécessaires là où ils étaient devaient regagner Perk pour augmenter les troupes dès que les Mages de leurs secteurs étaient capturés ou exécutés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser pouvait sentir la rage de Ferial s’imbiber du récit pour se faire plus violente encore. Le Mage avait du mal à contenir sa colère. Son beau visage était rouge, ses dents mordaient sa lèvre inférieure violemment, et ses ongles s’enfonçaient profondément dans la chair de ses paumes, jusqu’au sang. Kevser notait tout cela. Et elle notait aussi que malgré tout, Ferial n’avait pas émis un son, pas fait un mouvement. Elle se contenait difficilement, mais elle se contenait. Kevser n’aurait sans doute pas pu en faire autant. Elle aurait déjà détruit la pièce. Ne serait-ce que pour passer son courroux sur quelque chose. C’était sa méthode pour gérer le stress et l’exaspération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Et les Em… Les mages itinérants ? Est-ce qu’ils… » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était la première fois que Kevser la voyait avoir autant de mal à s’exprimer. Park se tourna vers elle, pour avoir son accord avant de répondre à la question du Mage. Kevser n’était pas sûre exactement de pourquoi cette question était si importante qu’elle prenait le risque de la poser ici. Ces Mages devaient avoir une importance particulière dans le fonctionnement de la Guilde… Ou alors, il y avait quelqu’un de sa famille ou de ses amis, un amant peut-être ? qui faisait partie de ce groupe. Kevser aurait voulu savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« D’après ce que mon mari sait, il semblerait que des messagers aient aussi été envoyés aux forces de l’Omi qui les escortaient. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial passa du blanc au rouge puis au vert en quelques secondes. Kevser sentait qu’elle ne se contrôlait plus et qu’elle allait chercher à s’en prendre à quelque chose d’en les secondes qui suivraient. La moindre particule d’air de la pièce était chargée d’électricité, elle le sentait jusque dans ses os, elle ne comprenait pas comment les autres pouvaient ne rien remarquer. Elle ouvrit la porte et poussa Ferial dans la pièce d’à côté. Quand elle retrouva toutes ses facultés, la jeune femme se tourna vers elle, les yeux vibrant du désir de faire souffrir.&lt;br /&gt;« Qu’est-ce qui te prend ? Tu oses me pousser ? Pour qui tu te prends ?! Je vais te… »&lt;br /&gt;Kevser la refroidit immédiatement en l’empêchant de respirer d’un sort. Dans son état, elle ne lui donnait pas trente secondes avant de céder.&lt;br /&gt;« Ecoute, Ferial, tu n’as pas apprécié les nouvelles, mais après ce qui s’est passé ici, ça ne devait pas une surprise totale pour toi. Alors je ne vais pas te laisser t’en prendre à tout ceux qui se trouvent ici. Ce n’est pas de notre faute si vous autres, Mages de Tau, si supérieurs et si parfaits, êtes tellement appréciés que lorsque le Supra décide de vous faire tous tuer, tout le monde s’empresse de lui obéir. Alors il va falloir…»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sort céda et Ferial lévita Kevser jusqu’à elle. Kevser brisa le sort à mi-course. Ferial était furieuse, elle la sentait essayer de se rattraper, mais échouer lamentablement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«… Il va falloir que tu te calmes. Tu veux t’énerver ? Très bien, il y a du mobilier ici, si tu veux être stupide et t’en prendre à tout et à n’importe quoi, je te le laisse pour que tu t’amuses avec. Il y a une porte derrière toi, tu pars quand tu veux, on ne te retient pas. Tu vantais tes techniques de méditations tout à l’heure, il serait peut-être temps de les mettre en pratique ou de passer aux miennes, parce que tu n’iras pas loin comme ça. Tu seras déchargée avant même d’avoir atteint les portes de la ville et après tu seras une proie facile même pour un gamin de dix ans. On m’attend à côté, fais ce que tu veux, mais si tu décides d’attirer la garde par ici, je te préviens, c’est ton cadavre qu’ils trouveront. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;	Kevser attendit de voir si elle la réattaquerait mais quand rien ne vint, elle repassa dans l’autre pièce où Jellier et les deux autres l’attendaient. Ferial aurait commencé par sans prendre à eux. Ou à elle et ils auraient été blessés dans le feu de l’action. Elle ne risquerait pas Jellier et Park. Pas maintenant que Volner faisait route vers Perk, capturé par l’Omi et entouré de Mages. Elle avait besoin d’eux si elle voulait le sauver. Et elle avait justement un plan à leur exposer. Elle aimait la façon dont elle réfléchissait parfois. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je vais chercher Volner. »&lt;br /&gt;« Baron… je ne suis pas sûr que… » commença Jellier.&lt;br /&gt;« Ce n’est pas un point à débattre. Je pars demain matin. »&lt;br /&gt;« Les gardes recherche la petite garce, » essaya de la raisonner Park, « une femme risque d’être exactement ce qu’ils cherchent. Que comptez-vous faire ? »&lt;br /&gt;« Je ne pars pas seule. J’emmène des filles avec moi. Et toi Ezek. Tu vas me recruter quelques hommes dont les services pourront être… terminés si besoin est. »&lt;br /&gt;« Baron ? »&lt;br /&gt;« Le Souffle du Désir lance son premier convoi de prostituées à travers le Suprôme. Le Souffle du Désir visite les villages alentours qui n’ont pas la chance d’avoir accès à un bordel. Nous apportons la joie et la bonne humeur à tous ses paysans. »&lt;br /&gt;« Et nous faisons route vers Perk, » finit Jellier.&lt;br /&gt;« Non, » répondit Kevser. « Toi et Park restez là pour garder la maison en attendant que je revienne. »&lt;br /&gt;« Baron…, » protestèrent-ils. Aucun des deux n’aimaient être laissés sur la touche.&lt;br /&gt;« Je vais chercher Volner. Il est hors de question que quelqu’un d’autre s’en charge. Et je ne peux pas laisser mes affaires à quelqu’un d’autre. Il n’y a que vous deux en qui j’ai confiance. »&lt;br /&gt;« Un seul suffirait… »&lt;br /&gt;Kevser sourit.&lt;br /&gt;« Mais bien sûr… Pour qu’à mon retour celui qui est resté m’ait pris mon affaire. Non. A vous deux, vous vous contrebalancerez. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jellier et Park ne s’entendaient pas vraiment bien. Kevser leur faisait confiance pour ne pas la trahir mais, serait-ce vraiment de la trahison de reprendre le Souffle à leur compte quand elle partirait ? C’était de la logique. Le Souffle avait besoin d’un patron présent. Et si elle n’était pas là, celui qui gérait l’affaire, dirigeait tout, et ipso facto, devenait le boss. Elle espérait ne pas en avoir pour plus d’une semaine, mais qui savait ce qui pouvait se passer ? Ces deux lieutenants comprenaient et lui sourirent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ezek te trouvera tout ce que tu voudras. Tu prends quelqu’un d’autres de confiance ? »&lt;br /&gt;« Non. Un minimum de gens. Je voyagerais en tant que Tali. Jellier pour le voyage choisit des filles qui savent tenir leur langue et qui n’auront pas de problèmes avec la vue du sang. »&lt;br /&gt;« Bien, Baron. Je m’occupe aussi du chariot et des vivres. »&lt;br /&gt;« Park, arrange-toi pour en apprendre le plus possible sur l’itinéraire suivi par le convoi guérisseurs. Tu me feras un résumé demain matin. »&lt;br /&gt;« Bien, Baron. »&lt;br /&gt;« Ezek ? »&lt;br /&gt;« J’ai déjà des hommes en tête, Baron. Tout le monde sera heureux de les voir quitter la ville et personne ne les pleurera s’ils ne reviennent pas. Une escorte plausible pour un transport de marchandises. »&lt;br /&gt;« Parfait. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne restait plus qu’une chose à faire. Kevser savait que Ferial était toujours dans la pièce d’à côté et qu’elle s’était graduellement calmée. On verrait à quel point la jeune femme voulait quitter la ville et regagner Perk. Elle attendit que ses trois hommes partent et elle la rejoignit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial était debout contre le mur, la tête baissée. Kevser ignora les traces humides sur ses joues. Elle n’était pas là pour ça.&lt;br /&gt;« Toujours là ? »&lt;br /&gt;« Je pars dans un instant, » répondit Ferial, en la fusillant du regard.&lt;br /&gt;« Je n’en doute pas, » elle regarda autour d’elle, le mobilier semblait intact, « peut-être que tes techniques de méditations valent le coup, finalement. Il faudrait que tu m’apprennes. »&lt;br /&gt;« Pas dans cette vie en tout cas. »&lt;br /&gt;« C’est ce qu’on verra… Tu as une idée sur la façon de quitter la ville ? »&lt;br /&gt;Ferial ne répondit rien, et malgré la lueur de défi dans son regard, Kevser savait qu’elle n’avait encore aucun plan.&lt;br /&gt;« Surtout que les routes risquent d’être pleines de tous ses petits Omis qui vont à Perk soutenir le Supra… »&lt;br /&gt;« Où veux-tu en venir ? »&lt;br /&gt;« Ca risque d’être dur pour toi, si tu es seule. »&lt;br /&gt;Ferial rit.&lt;br /&gt;« Et depuis quand ça t’intéresse ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser la regarda dans les yeux, avec un sourire sur les lèvres. Le parfait mélange de la séduction de Tali, et de la détermination froide du Baron. Kevser, pour vous servir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« J’ai une proposition pour toi. »&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</content>
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    <title>Chapitre 5</title>
    <published>2005-11-14T06:45:08Z</published>
    <updated>2005-11-14T12:43:47Z</updated>
    <content type="html">&lt;font size="+1"&gt;&lt;br /&gt;Nb de mots : 4304&lt;br /&gt;Nb de mots total : 25313&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Note : &lt;span class='ljuser  ljuser-name_jedicathy' lj:user='jedicathy' style='white-space: nowrap;'&gt;&lt;a href='http://jedicathy.livejournal.com/profile'&gt;&lt;img src='http://l-stat.livejournal.com/img/userinfo.gif' alt='[info]' width='17' height='17' style='vertical-align: bottom; border: 0; padding-right: 1px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href='http://jedicathy.livejournal.com/'&gt;&lt;b&gt;jedicathy&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, j'espère que que tu reconnaîtras ce que je t'avais promis^^&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="cutid1"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;font size="+2"&gt;Chapitre 5&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Chapitre 5&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Bonsoir Tali… Ou devrais-je plutôt dire, &lt;b&gt;Baron Kevser&lt;/b&gt; ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser avait senti que des Mages étaient dans la pièce aussitôt que Ferial avait levé son illusion. La garce, qui lui avait pris Volner, avait le culot de se tenir là, devant elle, alors qu’elle aurait du pouvoir profiter pleinement de sa victoire contre cet imbécile de Cawo. Elle se tenait là, elle souriait hypocrite avec sa bouche alors que ses yeux hurlaient qu’elle voulait la tuer. Ferial… Kevser ne faisait pas confiance aux Mages, elle se méfiait d’eux comme de la peste, et pourtant, elle avait laissé cette femme qui exsudait la violence et le mépris emmener Volner. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« C’est bizarre mais comme ça, je vous donne dix ans de plus, » dit Ferial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser la regarda sans comprendre pendant un instant tant cette remarque était loin ses préoccupations présentes. Cette garce ne prenait même pas cette situation au sérieux. Kevser était gonflée à bloc, elle avait pris soin d’être toujours pleine depuis que Ferial était en ville à fouiner autour de ses affaires. Ce qu’elle manquait en technique, elle le rattraperait en puissance. Du moins, elle l’espérait. Elle décida d’attaquer avant l’autre et de commencer par le sort qu’elle maîtrisait le mieux, l’inflammation. Elle l’amorça et quand elle fut prête, elle tendit les mains avant que Ferial et son collègue n’aient pu lancer le leur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme n’eut pas le temps de contrer et ses robes prirent feu de façon spectaculaire, une vraie torche humaine. Mais Ferial avait pu stopper le sort autour d’elle sans pour autant perdre le fil de ce qu’elle faisait. Kevser la vit ramener ses bras en arc de cercle autour de sa tête dans une combinaison qu’elle ne connaissait pas et quand le Mage pointa, elle ne put dresser qu’un bouclier général avant qu’un souffle violent ne s’engouffre dans la pièce, projetant tous ses hommes contre les murs. Elle-même ne tenait debout que par miracle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’autre Mage avait réussi à éteindre ses robes mais semblait avoir été blessé par le feu car elle pouvait le voir  se mouvoir avec difficultés. Kevser fit signe à Jellier de s’occuper de lui avec les autres.  Ferial était pour elle. Elles avaient des comptes à régler toutes les deux. Elles enchaînèrent les sorts, se focalisant uniquement l’une sur l’autre. Chacune essayait de faire le plus de dégâts possibles sans toujours prendre le temps de se protéger. Ferial était meilleure. Kevser n’avait aucun doute là-dessus. Pour chaque fois qu’elle réussissait à l’atteindre d’un sort, Ferial l’avait atteint deux fois au moins. La seule chose qui jouait en sa faveur, c’était que Ferial la voulait vivante. Kevser avait pensé qu’elle voulait la tuer au début mais elle avait eu une occasion sérieuse de l’envoyer Ailleurs et elle n’avait rien fait. Elle ne voulait pas croire à une erreur aussi grosse. Kevser, elle, était là pour tuer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tu sais, Kevser, j’ai &lt;b&gt;adoré&lt;/b&gt; le voir pleurer. » commença Ferial alors qu’elles n’étaient qu’à un mètre l’une de l’autre,  « Un joli petit garçon qui attendait juste d’être brisé par des mains expertes. » Elle passe sa langue sur ses lèvres, et poursuit sur le ton de la confidence. « J’ai adoré le faire crier aussi. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser était colérique. Elle était impatiente. Et elle ne supportait pas qu’on s’en prenne à son petit protégé. Elle perdit toute retenue en entendant Ferial parler de la sorte. Elle abandonna son sort pour se jeter sur elle avec son poignard. Si elle fut surprise, la brune au chignon n’en montra rien. Elle avait érigé le même bouclier que Kevser avait utilisé plus tôt dans la rue contre l’homme de Cawo. Elle rebondit dessus et se prit le poing de Ferial dans le ventre. Elle en eut le souffle coupé et retomba durement sur ses fesses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial marcha jusqu’à elle lentement avec ce petit sourire qu’elle commençait à bien connaître. Celui qui riait de son adversaire et lui disait je t’ai eu. Elle attrapa Kevser par sa queue de cheval pour la relever. Cela faisait mal mais ce n’était rien qu’elle n’ait pas déjà subi des centaines de fois. Le Mage se pencha sur son oreille pour lui murmurer d’une voix rieuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Il était persuadé que tu le sauverais. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser essayait de se libérer mais sa petite taille, bien que normale pour une femme, ne pouvait pas l’aider contre Ferial qui était plutôt grande, elle. Elle la tenait à présent par les poignets, ne la laissant pas s’échapper ni jeter de sort. Et son poignard avait glissé un peu plus loin… Mais Kevser pouvait encore se défendre. Elle tapa son talon sur le sol pour déclencher le mécanisme qui sortirait une lame sur le devant et frappa Ferial de toutes ses forces dans la jambe. Le Mage de Tau glapit et la libéra lui laissant ainsi le temps de préparer une nouvelle inflammation. Mais alors qu’elle allait tendre ses mains vers Ferial, elle sentit le sol trembler sous ses pieds et elle perdit l’équilibre, enflammant le plafond à la place du mage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial ne la releva pas cette fois.  Elle lui envoya quelques coups de pieds vicieux dans les côtes, sans doute pour la remercier de la lame qui avait entamé sa jambe. De là où elle était, elle pouvait voir sans mal que la blessure saignait abondamment. Tant mieux. Ferial s’accroupit près d’elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je préférais Tali. Elle était énervante et j’avais peut-être parfois envie de la tuer mais je n’avais pas envie de la faire souffrir pendant des heures comme j’ai envie de te faire souffrir. »&lt;br /&gt;« Les Mages préfèrent toujours Tali. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser força son visage à se détendre pour qu’il retrouve l’apparence de fragilité de Tali et son sourire aguicheur tout en se redressant pour être assise face à sa proie.&lt;br /&gt;« Ils ont tous envie d’elle, » souffla-t-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial semblait déconcertée par la transformation qui s’était opérée devant elle. La voix douce et sucrée de Tali, dans les habits du Baron Kevser. Kevser n’hésita pas et poussa son avantage pendant que Ferial était encore confuse. Elle passa une main derrière sa nuque pour l’attirer à elle et l’embrasser. Les Mages étaient vraiment tous les mêmes. Ferial se laissa faire sans rien dire oubliant sans doute ce qu’elles faisaient seulement quelques dizaines de secondes plutôt. Pendant qu’elle la laissait explorer sa bouche et mener la danse, Kevser faisait remonter sa main sur son ventre. Cette bécasse ne se rendit même pas compte qu’elle était en train d’amorcer un sort. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser se détacha d’elle et la regarda en souriant. Ferial rougit jusqu’aux oreilles. Elle ne lui laissa le temps de rien d’autre avant de lancer son sort en prononçant le mot qui le déclenchait. Elle envoya une décharge d’énergie dans le Mage qui la propulsa de l’autre côté de la pièce où elle percuta le mur dans un bruit sourd. Ah ! Kevser était peut-être moins entraînée, mais elle ne tombait pas dans des pièges aussi grossiers. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial se redressa complètement réveillée. Kevser la vit toucher l’arrière de son crâne et ramener une main couverte de sang. Elle n’allait pas la plaindre. Elle se prépara à lancer un sort mais un objet fut lancé sur le Mage de Tau, que celle-ci évita d’un air irrité. Kevser faillit rire en reconnaissant ce dont il s’agissait et en voyant le mage ne pas s’en éloigner. Kevser n’était qu’à quelques mètres, elle recula discrètement et érigea un bouclier pour éviter les débris. Quelques secondes plus tard, la petite bombe de Park explosait et détruisait une partie du mur et du plafond, ensevelissant Ferial dessous. Avec un peu de chance, son bouclier n’avait pas tenu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser se tourna vers Park pour la remercier avec un sourire, qu’elle perdit aussitôt en voyant que Park ne faisait pas attention à elle. Deux de ses hommes étaient à terre, probablement morts. Park était dans un sale état, Jellier avait un bras qui pendait inerte, et le dernier des leurs n’allait pas tarder à y passer à voir comme il se tenait. Le Mage n’avait pas l’air d’avoir subi d’autres dommages que le feu. Il n’avait pas vu que Ferial était hors circuit. Kevser en profita pour l’enflammer à nouveau et pour cette fois coupler le sort avec un blocage de sa respiration. Une minute plus tard, il était aussi mort qu’on pouvait l’être. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser s’avança vers ses hommes, ou du moins ce qu’il restait d’eux. Park et Jellier soutenait le troisième, mais à voir ses tripes à l’air, il n’en avait pas pour longtemps. Elle passa derrière lui et lui brisa la nuque. C’était plus rapide et ça lui éviterait de souffrir. Park et Jellier laissèrent tomber le cadavre et allèrent vérifier l’état des deux autres. Pas de surprises, Ils étaient bien morts. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Qu’est-ce qu’on fait, Baron ? »&lt;br /&gt;« Deux Mages à terre, je vais chercher Volner. »&lt;br /&gt;« Vous êtes sûre de pouvoir, Maître ? » Jellier voyait bien qu’elle tenait son ventre. &lt;br /&gt;« Je ne vais pas le laisser là-bas plus longtemps. »&lt;br /&gt;« Est-ce que l’autre Mage est mort, » demanda Park.&lt;br /&gt;Kevser regarda l’amoncellement de pierres en dessous duquel Ferial avait disparu.&lt;br /&gt;« Si ce n’est pas le cas, elle va mettre un moment avant de sortir de là. Il n’y a plus qu’un mage de l’Oma là-bas. Je peux m’en charger et ramener Volner. Vous, vous rentrez. Park, chez toi, Jellier au Souffle du Désir. »&lt;br /&gt;« Et vous laissez vous amusez, seule, » protesta Park. « Il fait encore nuit, mon cher mari est sans doute encore avec sa maîtresse. Je viens. »&lt;br /&gt;« Moi aussi, » répondit Jellier.&lt;br /&gt;« Non, avec ton bras dans cet état ? Tu vas demander à ta femme te remettre d’aplomb. Ta Cathy va déjà me demander des comptes pour ça, pas la peine d’aggraver les choses. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jellier avait épousé une étrangère, charmante mais qui le menait à la baguette et qui, chose normale pour une épouse dévouée envers son mari, détestait le voir blessé. Et elle adorait le signaler à Kevser en lui rappelant qui elle tenait pour responsable. Le nom de sa femme eut l’effet escompté et Jellier accepta de rentrer pour se faire soigner. Cathy était encore pire maintenant qu’elle était enceinte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils se séparèrent dans la rue, Jellier reprenant le chemin du Souffle du Désir et les deux femmes, de nouveaux sous leurs capes grises, se dirigeant vers le quartier est et l’antenne local de Tau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Archi Borg sirotait tranquillement sa liqueur. A l’heure qu’il était, l’Omi devaient être au travail un peu partout dans le Suprôme ou le serait aux premières lueurs de l’aube pour exécuter ses ordres. Il avait hâte d’entendre ou de lire les premiers rapports. Cianith allait se mordre les doigts de ne pas l’avoir pris en considération toutes ses années, le traitant comme quantité négligeable… Il était Archi ! Il était au service direct du Supra, il avait droit au respect. Mais ces maudits Mages ne respectaient rien sinon leurs propres règles. Tout ça allait changer bientôt. Ils allaient rentrer dans le rang, qu’ils le veuillent ou non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Kesh, un détachement de quarante gardes de l’Omi entra sans prévenir dans le quartier général de la Guilde Tau en ville. Des pièges avaient été tendus plus tôt aux quatre Mages de l’Oma de Kesh. Ils ne s’étaient bien sûr pas méfier de leurs collègues &lt;i&gt;inférieurs&lt;/i&gt;  et s’étaient littéralement fait poignardés dans le dos, là où on les avait envoyés. Il ne restait plus que des guérisseurs à l’intérieur et trois Théoriciens qui étaient en ville pour des recherches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Les Guérisseurs d’un côté, les Théoriciens de l’autre. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un garde était derrière chacun avec un sabre sous la gorge. Ces Mages là n’étaient pas des guerriers. Ils auraient peut-être pu se défendre sans la menace constante qui pesait sur leur vie, tranchante et glacée sur leur gorge, mais dans ces conditions, ils ne pouvaient que protester contre le comportement grossier des gardes qui les avaient réveillés en pleine nuit et traîner dans la salle commune. Ils se turent bien vite en voyant un des leurs se faire égorger devant eux. &lt;br /&gt;« Théoriciens à gauche, Guérisseurs à droite. Tout de suite. Sinon je fais encore tuer l’un d’entre vous. »&lt;br /&gt;Les Mages s’exécutèrent aussi horribles que prendre des ordres de l’Omi leur paraissaient.&lt;br /&gt;« Bien, » fit le chef de l’Omi de Kesh. « Les ordres sont clairs. Tuer les Théoriciens. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Guérisseurs hurlèrent et pleurèrent en voyant leurs trois frères de Tau mourir devant eux et se laissèrent conduire à l’extérieur sans protester.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial ouvrit un œil. Elle était probablement dans le plus mauvais lit qu’elle n’avait jamais connu. Elle essaya de se relever mais elle n’arrivait pas à bouger. Où était-elle donc ? Elle chercha une minute puis les souvenirs de son combat contre le Baron Kevser/Tali lui revinrent d’eux-mêmes en tête. Quelle humiliation. Comment avait-elle pu se laisser avoir aussi facilement ? Elle se serait bien frappée la tête contre le mur si elle avait pu bouger et si le mur n’était pas déjà sur elle. Depuis combien de temps était-elle là ? Elle avait l’impression qu’un moment s’était écoulé depuis qu’elle avait été ensevelie. Elle n’entendait aucun bruit. Than aurait du la sortir de là. Ou il aurait déjà du revenir avec Jon s’il n’avait pas été capable de le faire seul. Ferial commençait à avoir un très mauvais pressentiment. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait encore des forces, heureusement d’ailleurs, parce que c’était son seul moyen de se sortir de là. Elle ne pouvait pas bouger, alors elle prononça complètement l’incantation pour le sort en espérant que cela suffirait. Une douce chaleur commença à l’entourée et son corps fut soulevé. Les pierres tombèrent sans la toucher. Le sort ne se contentait pas de la dégager de là, il la protégeait aussi. Une fois reposée doucement sur le sol un peu plus loin, elle testa ses membres un par un pour voir ce qui était cassé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apparemment elle avait eu de la chance. A part des bleus et des courbatures, tout avait l’air de fonctionner. Elle essaya de se redresser pour être immédiatement prise d’un violent mal de tête. Très bien, ça compliquait un peu les choses. Elle mit cinq bonnes minutes avant de parvenir à se mettre debout. Elle avait mal partout. Elle allait user deux guérisseurs à elle seule. Elle essaya de marcher un peu. Ce serait lent, mais ses jambes tenaient le coup. Bien, maintenant qu’elle était de nouveau opérationnelle, il était temps de s’intéresser au reste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial parcourut la pièce des yeux. Il y avait huit cadavres dont un presque carbonisé. Elle n’avait pas besoin de s’approcher pour savoir qu’il s’agissait de Than. Cette petite garce de Kevser avait du le finir après l’avoir ensevelie. Non… Non… ce n’était pas elle. C’était un des Non Mages… Avec cette petite boite bizarre qu’on lui avait jeté à la tête et qu’elle avait évitée. Sur le moment, elle avait cru à une diversion pour permettre à Kevser de lancer un sort. Mais ce n’avait pas été le cas. Elle s’était trompée et apparemment Than avait payé le prix fort pour ça. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’un autre côté, il était de l’Oma, il n’aurait pas du avoir de problème. Il aurait du pouvoir tuer tous les Non Mages. Et à ce qu’elle voyait, il y avait Cawo et ses trois hommes, et quatre autres cadavres en plus seulement. En admettant que Kevser ait tué Than… Il aurait du à ce moment là s’être débarrassé depuis longtemps des deux autres acolytes du Baron. Than manquait d’entraînement apparemment. Elle n’allait pas pleurer sur lui. Les Mages dans son genre étaient des dangers pour eux et pour les autres. Elle l’avait imaginé plus compétent que ça. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial quitta la maison de Cawo tant bien que mal. Elle pouvait déjà deviner où Kevser s’était rendue après ça. Son petit chéri avait du être sa priorité. Jon avait intérêt à avoir assurer et à ne pas avoir perdu Volner. Elle était encore assez en forme pour le tuer s’il s’était laissé avoir comme elle. Sauf qu’elle, c’était une erreur tout à fait compréhensible. Cette petite traînée de Kevser ou Tali, peu importait, avait usé de moyens odieux pour parvenir à ses fins. Un véritable Mage n’aurait pas usé de techniques aussi viles et grossières. Ce n’était pas de sa faute si elle s’était faite assommer pendant l’affrontement.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors qu’elle marchait dans les rues en remontant vers le quartier est, elle pouvait sentir que quelque chose n’allait pas. Le soleil indiquait il devait être dans les neuf heures, neuf heures et demie. Les rues n’étaient pas désertes mais il y avait quelque chose dans l’air qui lui laissait une très mauvaise impression. Malgré la douleur, elle se mit à avancer plus vite vers la maison qui abritait Tau en ville. Il y avait quelque chose qui clochait. Son instinct lui disait qu’il y avait un problème. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était peut-être tout simplement le fait qu’elle n’avait plus ses lunettes qui lui faisait cette impression. Elle n’avait pas pu les sauver, elles étaient en miettes sous des pierres. Elle n’avait pas l’habitude de ne pas les porter. Elle voyait les choses un peu floues. Elle aurait du accepter de se faire corriger les yeux par un guérisseur quand elle en avait eu l’occasion. Elle porta la main à sa poitrine pour vérifier qu’elle avait toujours son pendentif.  Oui, lui, au moins, n’était pas perdu. Il n’avait pas l’air d’être abîmé sous ses doigts. Ses vêtements avaient du le protéger. C’était déjà ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était peut-être Kevser/Tali et le fait qu’elle avait laissé cette fille l’embrasser qui lui donnait cette impression de malaise. Elle avait, pendant un instant, complètement oublié où elle était. Pathologique. Un combat, des morts, son esprit malade devait penser que c’était le décor parfait pour une scène romantique. Ou peut-être était-ce son échec cuisant, la perte d’un de ses subordonnés qui la rendait nerveuse. Maître Cianith allait lui passer un sacré savon. Après ça, elle pouvait dire au revoir à la promotion au rang de Troisième de l’Ordre. Elle aurait déjà de la chance si Hunn ne lui passait pas devant. Elle ne supporterait pas l’humiliation supplémentaire de se faire dégrader.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand elle entra enfin dans le quartier est, les gens commencèrent à la regarder étrangement. A croire qu’il n’avait jamais vu un Mage. D’accord celui là était une femme. Et il marchait bizarrement. Et ses vêtements étaient déchirés en plusieurs endroits. En fait, elle se demandait comment ses robes pouvaient encore tenir sur elle. Elle n’avait jamais été très douée pour les sorts de confections et réparations de vêtements. Elle allait finir par étrangler un des habitants s’ils n’arrêtaient pas de la regarder comme ça.  Elle se força à se tenir plus droite. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, elle tourna dans la rue où se trouvait l’antenne locale de la Guilde. Elle crut qu’elle allait s’effondrer en voyant les murs calcinés de la maison. Il y avait deux gardes de l’Omi devant. Sa colère et sa rage lui redonnèrent des forces. Elle allait tuer cette petite prostituée de rien tout. Brûler une propriété de Tau. Elle allait lui faire tellement mal qu’elle supplierait qu’on l’achève, mais non, ce serait encore trop bon pour elle. Ferial la garderait en vie pendant des jours pour ça. Des semaines mêmes. Elle se planta devant les deux gardes qui parurent surpris de la voir. Oh non. Faites que personne ne soit mort dans l’incendie. Elle préférait se tuer plutôt que de faire face à la disgrâce d’être responsable de plus de morts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Vous ! Qu’est-ce qu’il s’est passé ?! »&lt;br /&gt;« Heu… Je… » bégaya le garde.&lt;br /&gt;Elle le fusilla du regard et l’attrapa par son col.&lt;br /&gt;« Je ne suis pas d’humeur à attendre que les deux neurones dont les membres de l’Omi disposent veuillent bien se connecter. Je veux des réponses, et je les veux tout de suite. » Elle fit taper sa tête contre le mur. « Suis-je claire ? »&lt;br /&gt;« Qu’est-ce qu’on a là ? » fit une voix derrière elle, « ne serait-ce pas un Mage de l’Oma ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial se retourna. C’était Bolder, le chef de l’Omi pour Tepsa. Elle avait lu son dossier en arrivant. Elle savait qu’il fréquentait le bordel du Baron Kevser de temps en temps. Elle n’aimait pas du tout l’air suffisant qu’il avait en la regardant. Pour qui il se prenait celui-là. Si même l’Omi oubliait sa place, le monde devenait vraiment fou. Ce n’était pas parce qu’elle était un peu dégingandée qu’il fallait qu’il oublie où était sa place exactement. Il n’était même pas digne de lécher ses bottes, et il croyait qu’il pouvait la regarder dans les yeux ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Vous oubliez les convenances, Bolder. Ne parlez pas à vos supérieurs de la sorte. Vous risqueriez de le regretter. »&lt;br /&gt;L’homme ricana, tout comme les cinq hommes qui étaient derrière lui. Ferial n’aimait pas du tout ce qu’il se passait. Sa nuque la démangeait de plus en plus fort.&lt;br /&gt;« Je vois que vous n’êtes pas au courant du petit changement qui a eu lieu. Mais on va vous expliquer ça. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial sentit quelqu’un bouger dans son dos et érigea instinctivement un bouclier. Elle se retourna pour voir qu’ils avaient sortis leurs épées. Ces deux petits gardes avaient essayé de la tuer. Non mais qu’est-ce qu’il se passait par ici ? Et pourquoi les six autres sortaient-ils leurs armes ? Le monde était vraiment fou cette fois, si l’Omi pensait pouvoir s’en prendre impunément à elle. Elle ne savait pas ce qu’il se passait, mais ces hommes étaient morts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle profita de son bouclier pour prendre la dague qui était toujours dans sa botte. L’intérêt du bouclier créé par un Mage était qu’il était intégral, que rien de solide ne rentrait, ce qui bien sûr ne les protégeait pas des fumées mais pour ça il y avait d’autres sorts plus adaptés, et chose tout aussi appréciable, ils pouvaient quand même porter des coups à l’arme blanche tout en restant protéger. Quand on voulait préserver son énergie, c’était l’idéal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle n’hésita pas un seul instant lorsqu’elle enfonça sa dague dans le cou du garde qui avait essayé de la tuer si maladroitement. Il n’eut pas le temps de réagir. Le second essaya de parer mais comme elle ne craignait pas ses coups sous le bouclier, elle se protégea de son bras libre et de l’autre le poignarda dans le cœur. Voilà qui aurait du suffire aux six autres pour leur prouver qu’elle ne se laisserait pas faire et qu’ils avaient plutôt intérêt à prier pour qu’elle leur accorde sa clémence. Mais comme tous les êtres d’intelligence inférieure, deux exemples de la futilité de leurs attaques ne suffirent pas. Ils essayèrent à leur tour de s’en prendre à elle, et bien sûr sans plus de succès. Elle les égorgea, les poignarda dans le torse ou dans la tête, et quand le dernier essaya de s’enfuir, elle laissa tomber son bouclier pour le tuer d’un sort avant qu’il ne soit trop loin. Elle était furieuse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce que ces imbéciles s’étaient imaginés qu’elle avait pu incendier une maison de sa propre Guilde ? Même eux n’étaient pas aussi stupides. Ils devaient forcément y avoir autre chose. Elle entra dans ce qui restait de la maison. Un sort la protégeait de la trop grande chaleur qui régnait dans les lieux. Elle trouva un premier corps dans la salle commune. En nuisette. D’après la longueur de ce qu’il restait des cheveux, il devait s’agir du Mage Darl, la vieille amie Théoricienne de son Oncle Feyrn. Elle chercha d’autres corps, passant dans chaque pièce, cherchant ce qui avait pu se passer. Elle trouva le cadavre de Jon dans sa chambre. Une épée dans la poitrine. A la façon dont il était placé, il avait du être couché quand c’était arrivé. Puis il avait essayé de se lever pour se défendre mais était retombé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial reconnaissait l’épée. Elle était identique à des milliers d’autres. L’épée standard de l’Omi. Elle savait que Bolder était un client du Souffle du Désir, mais est-ce que Kevser avait vraiment pu l’acheter pour qu’il s’en prenne à la Guilde pour elle ? C’était du suicide. Ferial lui avait démontré que c’était du suicide en le tuant. Comment Kevser avait-elle pu réussir ce tour de force ? Le chantage ne pouvait pas avoir suffi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial devait au plus tôt prévenir Maître Cianith. La situation était trop grave pour qu’il n’en soit pas informé immédiatement. Il y avait le problème de Kevser en liberté et qui devait avoir à présent retrouvé son apprenti. Il manquait aussi tous les guérisseurs. Croyait-elle vraiment qu’elle pourrait les kidnapper et s’en tirer comme ça ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sortit de la maison, dans ses pensées, épuisée par la nuit, épuisée parce qu’elle venait de découvrir. Son regard fut attiré par une affiche officielle, collée sur le mur qu’il lui faisait face. Elle ne voyait pas très bien de là où elle était, mais elle s’approcha, certaine qu’elle &lt;b&gt;devait&lt;/b&gt; la lire. Le titre en gros caractère écrit en gros caractères devint lisible. &lt;i&gt;Dissolution de la Guilde de Tau sur ordres du Supra&lt;/i&gt;. Ferial se frotta les yeux, incapable de &lt;b&gt;comprendre&lt;/b&gt; ce que cela voulait dire. Il ne pouvait pas être écrit sur cette affiche, ce qu’elle croyait qui était écrit…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était sans doute parce qu’elle était trop concentrée qu’elle ne remarqua rien d’étrange avant que son bouclier ne commence à céder. Ses yeux s’ouvrirent grands sous la panique quand elle le sentit se défaire autour d’elle mais elle n’eut pas le temps de voir où Kevser, car elle doutait qu’un autre Mage renégat puisse se trouver dans cette ville à présent. Quelqu’un derrière elle, profitant de sa surprise, lui donna un bon coup sur la tête. Ferial se sentit tomber et sombra dans l’inconscience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>Chapitre 4</title>
    <published>2005-11-13T00:07:29Z</published>
    <updated>2005-11-13T20:52:49Z</updated>
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    <content type="html">&lt;font size="+1"&gt;Nb de mots: 4263&lt;br /&gt;Nb de mots total : 21009&lt;br /&gt;Note : Toutes mes excuses à Sfeek pour ne pas l'avoir remercié pour la scène des genoux... Jeez, tu étais là aussi, Oh Dieu des Pingouins^^&lt;br /&gt;Note 2 : Heureusement que j'ai des slavers qui me font avancer.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="cutid1"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size="+2"&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: center"&gt;Chapitre 4&lt;/div&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;L’Archi Borg avait réuni ses trente plus fidèles lieutenants juste après son entrevue avec le Supra. Ils étaient partis à cheval, au grand galop, porter les ordres du Supra et de ses Archis à toutes les antennes stratégiques de l’Omi dans le Suprôme. L’heure n’était plus à la réflexion… Non, toute sa vie, il avait œuvré pour en arriver là. Les Mages de Tau ne seraient bientôt plus qu’un mauvais souvenir. Une page définitivement tournée de leur histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser savait exactement où aller dans Tepsa pour trouver Cawo et ses hommes. Les informateurs de Park les tenaient au courant plusieurs fois par heure depuis deux jours. Le plan convenu était de tomber sur les hommes du marin qui étaient sortis se distraire ce soir là. Ensuite, quand les rangs seraient éclaircis, ils iraient trouver Cawo et il payerait pour ce qu’il avait fait, et, parce qu’il était tout ce que Kevser aurait sous la main, il payerait aussi pour ce que le Mage avait fait. Cela l’inquiétait tellement de ne pas savoir ce que traversait Volner…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jellier marchait d’un côté, Park de l’autre. Et derrière trois de leurs hommes. Ils n’étaient que six, mais Kevser avait un avantage pour équilibrer les forces : la pratique de la magie. Il y avait trois hommes à prendre ce soir, et deux de plus qui seraient avec Cawo quand ils iraient frapper à sa porte. Ils se divisèrent en équipe de deux et se séparèrent. Il était temps de partir à la chasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser suivait depuis un quart d’heure un des gros bras du marin depuis qu’il était sortie de l’auberge où il avait dîné. Il marchait lentement dans la ville, sans vraiment faire attention à ce qui l'entourait. Il n’avait posé aucune difficulté jusque là. Jellier était posté en embuscade deux cent mètres avant la maison de Cawo. Kevser le vit avant l’homme de main parce qu’il ne réagit pas immédiatement quand il apparut dans leur champ de vision. Pourtant, Jellier était tout ce qu’il y avait de plus visible : un géant, une lourde matraque à la main, la mine patibulaire éclairée par l’éclairage glauque d’une artère déserte de la ville. Il ne pouvait y avoir aucun doute sur ses intentions : Il cherchait la bagarre. Le type voulut faire demi-tour pour s’enfuir, mais Kevser était à présent au milieu de la rue, visible, et à l’allure tout aussi amicale que son bras droit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser trouvait toujours insultant que les gens qui ne les connaissaient pas, pensent toujours que Jellier était une plus grande menace. L’homme courut dans sa direction, décidé et les poings en avant, sans doute pour lui faire peur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ecarte-toi de mon chemin ! » cria-t-il en percutant Kevser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les yeux de l’homme s’écarquillèrent au moment de l’impact. Au lieu de réussir à passer en faisant tomber son adversaire, de plus petit gabarit, il avait percuté un vrai bloc de marbre. Merci la Magie. Kevser lui sourit en le regardant baisser les yeux sur le poignard enfoncé jusqu’à la garde dans son ventre. L’homme déglutit, terrifié à présent et sentant sa mort venir. Kevser le tenait par l’épaule d’une main et de l’autre tournait la lame dans la blessure, la faisant monter et descendre à l’intérieur. Quand le regard de l’homme devint vitreux, la lame glissa hors de la blessure et Kevser le laissa tomber sur le sol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une bougie avait été allumée au premier étage d’une maison de la rue et quelqu’un regardait à travers la fenêtre ce qui se passait en bas. Un seul regard direct de Kevser suffit à lui faire souffler la bougie et à fermer les rideaux. Les aveugles vivaient bien plus vieux que les curieux. Jellier les rejoignit peu de temps après. Kevser aimait qu’il lui laisse le temps d’apprécier tranquillement ses actes, et il le savait bien. C’était pour ça aussi qu’ils étaient en équipe ce soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Est-ce que tu as ta hache ? »&lt;br /&gt;« Oui, maître. »&lt;br /&gt;« Excellent, coupe sa tête, on l’emmène avec nous. »&lt;br /&gt;« Bien, Baron. »&lt;br /&gt;« Et dépêche-toi, nous n’avons pas beaucoup de temps. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois coups de hache et la tête fut détachée du reste du cadavre. Jellier la prit sous son bras. Park était là, dans la ruelle qui bordait la maison de Cawo, avec les trois autres. Tous en longues capes grises. Park, elle, avait en plus une balafre sur la joue qu’elle n’avait pas eue tout à l’heure. Son mari risquait de ne pas être content. Park, une de ses plus fidèles collaboratrices. Park la fille rebelle d’un Concil que ses parents avaient ramené de force dans le &lt;i&gt;droit chemin&lt;/i&gt; et obligée à rentrer dans le moule en épousant un Concil à son tour. Ce qui n’était pas une réussite très probante quand on savait qu’à quarante-cinq ans, elle était aussi le meilleur assassin de la ville. Elle avait toujours soutenu le Baron Kevser depuis sa prise de pouvoir au Souffle du Désir jusqu’à l’expansion de son organisation pour devenir ce qu’elle était aujourd’hui. Park avait naturellement pris la tête de son groupe d’assassins, formant même les plus jeunes. De part sa position sociale, elle disposait d’un excellent réseau d’informateurs sous la forme de femmes du monde avides des derniers potins sur leurs semblables en plus des gens qu’ils payaient dans les quartiers moins fortunés de la ville. Elle faisait toujours rire Kevser quand elle insistait pour recevoir tout le monde dans le quartier Ouest. Elle les faisait boire et manger, eux les criminels, dans la porcelaine fine de son cher Concil de mari. On trouvait son plaisir où on le pouvait, et Kevser comprenait bien ce genre de revanche silencieuse. Quarante-cinq ans et Park Yesser était au mieux de sa forme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je vois que vous avez fait quelques emplettes, Baron, » dit-elle en désignant Jellier et son paquet.&lt;br /&gt;« Juste un cadeau de bienvenue pour Cawo. Malheureusement, je ne fais pas la cuisine, mais un presse-papier sera tout aussi approprié qu’un gâteau, vous ne trouvez pas ? »&lt;br /&gt;« Tout à fait, tout à fait, » approuva Park.&lt;br /&gt;Kevser parcourut des yeux les cinq personnes qui composaient sa garde rapprochée de la soirée. Certains avaient un peu de sang sur eux, mais Park était la seule blessée, et encore, très légèrement.&lt;br /&gt;« Allons-y. Rappelez-vous, personne ne bouge avant mon signal. Occupez-vous des hommes de mains mais laissez-moi Cawo. »&lt;br /&gt;Tous hochèrent la tête avant de suivre Kevser chez Cawo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial était occupée avec le dénommé Volner depuis une heure déjà. Elle l’avait saigné pour pouvoir le lire tranquillement toute la nuit s’il le fallait. Elle avait posé des questions mais il ne semblait vouloir répondre à aucune d’entre elles. Ferial soupira, frustrée. Contrairement à ce qui se disait dans son dos, elle ne prenait aucun plaisir aux interrogatoires violents. Enfin pas beaucoup. Et ce gamin était trop mignon pour être abîmé si jeune. Il aurait fait tourner bien des têtes à la Guilde s’il n’avait pas été détourné par le Baron Kevser. Un rituel de compulsion prendrait trop de temps et il faudrait attendre la lumière du jour. Elle essaya une dernière fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Qui est le Baron Kevser ? Quel est son vrai nom ? »&lt;br /&gt;« … »&lt;br /&gt;« Très bien, tu ne me laisses pas le choix, gamin. J’espère que tu t’en rends compte. » Elle se tourna vers Jon. « Insonorise la pièce, je ne voudrais pas que ses cris réveillent les autres Mages. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial vit les yeux du jeune homme s’agrandir et ses mains, attachées aux accoudoirs du fauteuil dans lequel ils l’avaient installés, commencèrent à s’agiter nerveusement. Elle ne lui donnait pas cinq minutes quand elle aurait commencer avant qu’il ne se mette à chanter. Elle n’aurait sans doute même pas à sortir ses couteaux… Elle les adorait pourtant. Un ou deux coups de fouet et il se transformerait en moulin à paroles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand Jon eut fini de poser son sort, elle lui ordonna de déshabiller Volner et de le préparer à recevoir quelques coups. Jon s’exécuta et transforma la chaise en arche de bois fixée au centre de la pièce, et y fixa le jeune homme nu par les bras. Bien qu’il ne fasse pas froid, il devait trembler et claquer des dents car Ferial, le dos tourné, entendait le bruit de ses chaînes et de ses dents s’entrechoquant pendant qu’elle préparait son fouet. Pauvre garçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial emmenait toujours quelques instruments pour les interrogatoires difficiles. Ils variaient selon l’humeur dans laquelle elle était au moment de faire ses bagages, mais elle emportait son fouet dans tous ses déplacements. Il ne prenait pas de place puisqu’il n’y avait en fait, qu’un manche d’une quinzaine de centimètres en bois recouverts de cuir pour une prise parfaite. Le reste était créé par un sort pour qu’elle puisse décider, et maîtriser entièrement, les dégâts qu’elle infligeait à ses prisonniers. Elle opta pour des lanières multiples et brûlantes. Elle pensait que les brûlures infligées en plus n’étaient pas forcément nécessaires mais si ça pouvait diminuer le nombre de coups qu’elle donnait… L’odeur de la chair brûlée avait toujours un effet sensationnel lors des interrogatoires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial testa l’équilibre de son instrument en le faisant claquer plusieurs fois dans les airs. Elle rectifia légèrement son sort et quand elle fut prête, elle se retourna pour faire face à Volner. Jon, adossé au mur en face d’elle, avait fait du beau travail. Les chaînes étaient lâches juste ce qu’il fallait pour rendre la situation la plus frustrante possible pour le prisonnier qui essayait d’éviter les coups. Assez pour lui donner l’illusion qu’il pourrait y parvenir mais pas suffisamment pour qu’il puisse effectivement le faire. Jon avait du apprécier les mêmes cours qu’elle pendant son apprentissage. Le blond avait déjà les larmes aux yeux et était rouge d’humiliation. Et à ce qu’elle voyait en parcourant son corps des yeux, le joli garçon avait de quoi être humilié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« J’espère que ce n’est pas avec ça, » elle désigna son pénis, goguenarde, « que tu comptais garder Tali. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oh non… Il pleurait maintenant. Elle voyait de grosses larmes qui coulaient sur ses joues, elle qui pensait que le Baron Kevser était un adversaire de qualité. Son entourage laissait fortement à désirer. Elle fit claquer son fouet encore une fois, avant de se mettre au travail. Elle leva le bras et…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Non…Non…Pitié, je vais parler, » gémit-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial qui avait stoppé son geste de façon nette en entendant sa voix entrecoupée de sanglots, cligna des yeux plusieurs fois avant de comprendre. Elle s’approcha de Volner en réajustant ses lunettes pour l’observer plus attentivement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tu veux parler maintenant ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il hocha la tête avec ferveur en réponse et le visage de Ferial se décomposa. Oh oh. Pas de fouet cette nuit, apparemment. Elle le garda tout de même sous la main au cas où, s’il changeait encore d’avis par la suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Qui est le Baron Kevser alors ? Quel est son vrai nom ? »&lt;br /&gt;« Kevser est son vrai nom. » répondit-il sans la regarder, la tête baissée. &lt;br /&gt;Ferial pouvait lire que c’était la vérité. Ou ce qu’il pensait être la vérité. Parce qu’elle n’avait jamais entendu parler d’un Mage dénommé Kevser, et une chose était sûre, Kevser était un Mage.&lt;br /&gt;« Quand a-t-il quitté Tau ? Est-ce qu’il a simulé sa mort ? »&lt;br /&gt;« Kevser n’a jamais été de Tau. Nous crachons sur votre Guilde. »&lt;br /&gt;« Impossible ! Comment aurait-il pu apprendre sinon ? »&lt;br /&gt;« A votre avis ? »&lt;br /&gt;« C’est moi qui pose les questions ici. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Agacée, Ferial caressa le manche de son fouet du bout des doigts pour prouver ce qu’elle affirmait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« D’accord, d’accord. Je n’ai jamais connu celui qui le lui a appris, mais il se peut qu’il ait été de Tau. C’était avant que je n’arrive au Souffle du Désir. »&lt;br /&gt;« Quel est son nom ? »&lt;br /&gt;« Je ne sais pas… On ne parle pas de lui. »&lt;br /&gt;« Comment a-t-il fait pour trouver Kevser, et vous, avant la Guilde ? Comment ? »&lt;br /&gt;Volner ricana.&lt;br /&gt;« Vous croyez que votre système est sans faille ? Vous croyez que quand vous venez examiner les enfants, on vous les présente tous ? Vous pouvez peut-être trouver ceux que les parents cachent, mais ceux qui ont été vendus en esclavage ne sont &lt;b&gt;jamais&lt;/b&gt; testés. Ils sont morts pour tout le monde sauf pour leur maître. C’est en m’achetant que Kevser m’a trouvé. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial était choquée de ne lire que la vérité dans ses propos outranciers. Elle s’était mise à tenir son pendentif de sa main libre, comme pour se protéger. De possibles Mages, esclaves ? Alors qu’ils étaient déjà si peu nombreux ? Ces frères et sœurs soumis à des maîtres stupides et inférieurs ? Cette idée lui donnait envie de vomir. C’était tout ce que la Guilde combattait : l’asservissement des leurs. Combien de mages potentiels avaient été ainsi gâchés au fil des années ? Qui les possédaient ? Et plus important, savaient-ils quel trésor ils avaient entre leurs mains dégoûtantes ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle devait prévenir Maître Cianith. Il fallait immédiatement s’occuper de ce problème. Il fallait les retrouver, et les ramener à Tau. Cela ne pouvait pas attendre, il fallait… Son regard croisa celui de Jon. Il semblait tout aussi secoué par cette idée qu’elle l’était. Il fallait pourtant qu’ils se reprennent. Allez ma fille. Si horrible que le problème pouvait être, même si tout cela n’était pas que des mensonges implantés dans le crâne de Volner par le Baron Kevser pour le manipuler, se précipiter n’y changerait rien. Mais cela pouvait compromettre sa mission actuelle. Et il était vital pour la Guilde de capture Kevser. Encore plus maintenant qu’auparavant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Où se cache le Baron ? »&lt;br /&gt;« Je ne sais pas. »&lt;br /&gt;« Essaie de deviner. »&lt;br /&gt;« Je ne sais pas. Kevser ne quitte presque jamais le Souffle du Désir et ne dort jamais ailleurs. C’est une question de confiance. »&lt;br /&gt;« J’en suis sûre… » Elle était sceptique mais ne pouvait déceler que la vérité.&lt;br /&gt;« Décris-moi Kevser. »&lt;br /&gt;« Cheveux châtains, des yeux bleu-vert, habillé dans les tons foncés. »&lt;br /&gt;Ferial attendit un instant qu’il complète sa description, mais non, rien.&lt;br /&gt;« C’est tout ? Est-il grand ? »&lt;br /&gt;« Normal. »&lt;br /&gt;« Un nez cassé ? Droit, de travers ? En choux-fleurs ? »&lt;br /&gt;« Non, il est plutôt fin. »&lt;br /&gt;« Un tatouage ? Un bijou voyant ? »&lt;br /&gt;« Non. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial qui avait déjà dans la tête comme Baron Kevser, un personnage anonyme et passe-partout, en eut assez du chouineur. Elle consulta Jon du regard qui semblait être du même avis. Il ne servait à rien de continuer à l’interroger maintenant. Il n’était pas loin de deux heures du matin, il les avait déprimés, ils étaient tous fatigués et le gamin serait toujours là le lendemain matin. Et ils auraient un rituel de compulsion, rituel qui semblait bien plus alléchant maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tu l’installes dans une des chambres libres. Je vais t’aider à le boucler pour la nuit. »&lt;br /&gt;« Bien sûr, Mage Ferial. »&lt;br /&gt;« Mets-le à côté de la mienne. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial commença à ranger ses affaires, désamorça son jouet pendant que Jon s’occupait de Volner. Mais alors qu’elle caressait encore le manche de son fouet avec regrets, une impression de danger attira son attention. Elle fit volte-face juste à temps pour pouvoir parer un sort de ce cher Volner. Jon n’avait pas eu cette chance. Il était à terre, les mains autour du cou. Il semblait ne plus pouvoir respirer. Le gamin s’était bien fichu d’eux. Elle n’arrivait pas à croire qu’elle ne l’avait pas vu venir plus tôt. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jeune homme n’avait plus rien du gamin apeuré qu’il était quelques minutes plutôt. Il semblait vouloir en découdre. Ses cheveux blonds étaient électriques, et elle pouvait le sentir préparer un nouveau sort. Aider Jon qui tournait au violet et n’était plus en mesure de lancer un contre-sort pour sauver sa vie, ou s’occuper du gamin ? La question ne se posait même pas pour un Mage de l’Oma. Elle créa immédiatement une vague de mouvements dans la pièce tout en contrant son sort. Un débutant comme lui n’avait aucune chance. La vague le déséquilibra et le fit tomber. Il avait de la chance qu’elle ne souhaite pas le tuer. Elle prit le temps ensuite de le paralyser avant de s’occuper de Jon. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle tendit sa main à son collègue pour l’aider à se relever et ils contemplèrent tous les deux Volner avec un nouvel intérêt. Jon sembla lui poser une question du regard, elle haussa les épaules. Il lui donna un bon coup de pieds dans les côtes. Puis ils le relevèrent et le replacèrent sur l’arche. Puis Ferial lui ôta la paralysie avant de le gifler. Parce qu’il n’était pas question pour lui de croire qu’on pouvait se moquer d’elle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Mon garçon, tu as fait une erreur. Et nous allons adorer te montrer à quel point le regret va pouvoir te dévorer. »&lt;br /&gt;« … »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était retombé dans son mutisme. Cela ne dérangeait pas Ferial. Elle passa sa langue sur ses lèvres. Elle aurait l’occasion d’utiliser son fouet finalement. Elle tapota la joue de Volner qui portait la marque de sa main. Elle était prête à se dévouer pour lui apprendre les bonnes manières. Quelqu’un aurait du le faire depuis longtemps. Elle se souvenait que Tali avait dit qu’il désobéissait au Baron. Si on tolérait là-bas ses écarts, ce n’était pas son cas à elle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Jon, je crois que notre nuit vient juste de se prolonger. »&lt;br /&gt;« Aucun problème pour moi, Mage Ferial. »&lt;br /&gt;« Pour moi non plus, » sourit-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le sort avait décidé de s’acharner sur elle car alors qu’elle incantait sur son fouet, on frappa à la porte. C’était Than qui souriait jusqu’aux oreilles et avait l’air particulièrement fier. &lt;br /&gt;« Mage Ferial, le Baron Kevser est en mouvement en ville. Il va régler ses comptes chez Otulk Cawo. Il y est avec quelques uns de ses hommes. »&lt;br /&gt;Ferial sourit à son tour. Très bien, elle était mauvaise langue, la chance avait décidé de tourner en fin de comptes. Tant pis pour sa séance avec Volner.&lt;br /&gt;« Excellent. Je vais enfin pouvoir le rencontrer. »&lt;br /&gt;« On emmène quoi, » demanda Than, impatient.&lt;br /&gt;« Jon, j’ai besoin que tu restes avec le gamin au cas où ce serait une ruse pour éloigner l’Oma d’ici pendant qu’ils font un raide pour délivrer leur petit apprenti. »&lt;br /&gt;« Bien, Quatrième, » accepta-t-il immédiatement bien que son visage trahissait sa déception d’être mis à l’écart pour ce qui promettait d’être l’arrestation de l’année.&lt;br /&gt;« Je compte sur vous pour lui expliquer qu’on ne s’en prend pas à un Mage sans payer le prix fort, n’est-ce pas, Jon ? »&lt;br /&gt;Le Mage reprit un peu de sa bonne humeur.&lt;br /&gt;« Bien sûr. Je saurais être à la hauteur. »&lt;br /&gt;« Je n’en doute pas une seconde. »&lt;br /&gt;« Kevser vous mettra tous à genoux, jamais vous ne l’aurez jamais, » cracha Volner. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial qui était la plus proche de lui le dit taire d’un coup de coude &lt;i&gt;amical&lt;/i&gt; dans les côtes. Elle confia son fouet à Jon et le laissa gérer Volner comme il le souhaitait mais en lui rappelant que les Mages obéissaient tout de même à un certain code déontologique. Pas de viol, pas de meurtres pendant les interrogatoires. Le reste était complètement libre. Ah la joie d’être de l’Oma. Aucun compte à rendre si ce n’était à Maître Cianith.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Than et elle se dirigèrent vers le quartier sud d’un bon pas. Il ne fallait pas arriver après la fête. Ferial voulait tellement attraper ce Baron Kevser. Elle était curieuse de nature mais ce type invisible lui avait complètement retourné les méninges. Il fallait qu’elle sache qui il était. Et qu’elle le ramène en trophée à Maître Cianith. Elle se voyait déjà, promue Troisième de l’Ordre. Elle se sentait pousser des ailes en avançant dans la rue. Pour un peu elle aurait chantonné. Cette soirée allait être un succès complet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La maison de Cawo était là. Et elle pouvait voir un groupe de quatre personnes qui faisaient le guet à côté. Sûrement le Baron et ses hommes. Mais tant qu’elle n’était pas certaine qu’il était avec eux, elle préférait rester discrète. Elle ne voulait&amp;nbsp;pas échouer si près du but à cause de son impatience. Ferial fit signe à Than de monter. Elle espérait qu’il maîtrisait la lévitation aussi bien qu’elle. Ils s’installèrent sur le toit de la maison qui faisait face et attendirent en silence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux individus, un géant et un nain rejoignirent les deux autres. Enfin un nain, tout était relatif… parce que son compagnon était vraiment immense. Il ne passait pas inaperçu comme elle se l’imaginait, mais sa carrure pouvait coller avec certaines rumeurs qu’elle avait entendues en ville sur le Baron. Ils discutèrent un instant avant de passer la porte de Cawo. Ferial attendit deux minutes avant de faire signe à Than qu’il était temps qu’ils se bougent. Elle voulait le Baron.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Than étouffa la porte d’entrée pendant qu’elle plaçait une illusion sur eux. Ils entrèrent chez Cawo. Un couloir semblait mener à une salle commune d’où s’élevaient des voix. Ils approchèrent pour voir deux groupes, un de quatre, et un de six se faire face dans ce qui semblait être la réplique de la taverne au rez-de-chaussée du Souffle du Désir. Sauf que le mobilier semblait plus neuf et qu’il n’y avait pas encore cette odeur d’alcool et de sexe dans l’air. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le groupe de Cawo ne comptait que des hommes, armés de matraques. Cawo ne se distinguait en rien des trois autres, aussi décida-t-elle qu’il devait être celui qui parlait et qui avait sous le pied droit une tête fraîchement tranchée. Franchement, on n’apprenait plus rien aux criminels : Les mutilations de ce genre était d’un démodé… Dans l’autre groupe, les hommes portaient tous des capes grises qui couvraient jusqu’à leurs têtes. De la où elle était placée, elle ne pouvait voir personne. A part le géant, les autres n’avaient pas l’air particulièrement grands et musclés. En tout cas pas autant que Cawo et ses amis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Si vous croyez que votre groupe de bras cassés me fait peur, Baron, vous vous trompez. La tête de Jipé n’y change rien, » fit Cawo en s’adressant au géant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial frémit d’excitation. Le Baron Kevser. Il était bien là, dans la même pièce qu’elle. Oh elle allait lui faire passer l’envie de jouer avec Tau. Elle devait faire tout son possible pour ne pas le prendre tout de suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Oh charmant… Vraiment, je ne sais pas pourquoi tout le monde pense toujours que c’est le type le plus grand qui doit être le plus méchant. &lt;i&gt;Je&lt;/i&gt; suis le Baron Kevser. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial reconnaissait vaguement cette voix. Elle lui disait quelque chose… Mais peut-être pas dans cette intonation, peut-être pas avec ce charisme et cette autorité derrière. Le Baron claqua des doigts et les capes de ses acolytes et la sienne tombèrent. Ferial faillit glapir en voyant de qui il s’agissait. Des cheveux auburn ramenés en queue de cheval, un petit mètre soixante, un pantalon noir, une chemise rouge sombre et des bottes à talons, pas besoin de voir son visage pour s’apercevoir de qui il s’agissait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Une femme, le Baron Kevser dont tout le monde a peur est une femme, » s’esclaffa Cawo, suivi de près par ses hommes. « Ça va être encore plus facile que ce que je pensais. »&lt;br /&gt;« Bien sûr… Vous savez Cawo… Ceux qui connaissent mon secret ne sont pas laissés en vie. »&lt;br /&gt;« Avec quelle armée ? Deux femmes déguisées en homme et leurs copines, je suis mort de frousse. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial remarqua alors qu’il y avait une autre femme. De sa taille, en noir de la tête aux pieds. Elle n’avait prêté attention à rien si ce n’est au fait que le &lt;b&gt;fameux Baron Kevser&lt;/b&gt; était une femme… et pas n’importe laquelle, s’il vous plait. Than, à côté d’elle, semblait attendre des ordres qu’elle était dans l’incapacité de donner. Le Baron Kevser était sur ses genoux quelques heures auparavant. Elle avait peloté le Baron Kevser. Elle décida de laisser les deux groupes s’affronter. A moins que quelque chose menace le Baron… Ta… Kevser quelque chose… ne soit menacée de mort. Il la lui fallait vivante pour… Pour quoi déjà ? Ah oui, un interrogatoire. Important les interrogatoires. Vraiment…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Than lui donna un coup de coude. Kevser utilisait de la Magie. Ce qui n’était pas une surprise parce qu’elle avait soupçonné le Baron d’être un mage renégat depuis le début. Mais voir &lt;b&gt;cette petite garce&lt;/b&gt; faire de la Magie et s’en servir pour faire exploser la tête d’un homme, de façon très artistique d’ailleurs nota Ferial en passant, était quelque chose de complètement inattendu. Bonne nouvelle, les autres n’utilisaient que leurs muscles. Ils ne firent qu’une bouchée de Cawo et ses hommes. Un des leurs était blessé sérieusement, mais les autres semblaient en forme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial fit signe à Than qu’il était temps pour eux d’agir. Than devait s’occuper des Non Mages, le Baron était pour elle. Oh elle allait payer cette petite garce pour s’être fichue d’elle ces derniers jours. Oh oui. Ferial ôta le sort qui les couvrait, les révélant ainsi aux yeux des autres. Elle était tellement furieuse qu’elle avait du mal à se contenir et à ne pas massacrer cette fille sur le champ. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Bonsoir Tali… Ou devrais-je plutôt dire, &lt;b&gt;Baron Kevser&lt;/b&gt; ? »&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>Chapitre 3</title>
    <published>2005-11-11T11:13:32Z</published>
    <updated>2005-11-11T16:18:08Z</updated>
    <lj:music>Shot to Pieces - The Gathering</lj:music>
    <content type="html">&lt;font size="+1"&gt;Nb de mots:  6710&lt;br /&gt;Nb de mots total : 16746&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;Note : Oh god, je pouvais plus m'arrêter avec ce chapitre... LOL. Il est pour Sfeek et The Hot One qui n'ont pas arrêté de me mettre la pression pour que je poste. Maintenant j'ai le droit de lire le tiens, miss^^&lt;br /&gt;Note 2 : Laissez des reviews !!!!! Des comments !! Des comments !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="cutid1"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size="+2"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Chapitre 3&lt;/div&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Ferial était dans la taverne au rez-de-chaussée du Souffle du Désir. Elle reconnaissait les peintures criardes aux murs, les tables en bois brut que la crasse et le temps avaient patinées. Il n’y avait aucune chaise pourtant, aucun client. Il y avait juste Tali sur la table où elle l’avait poussée la veille. Ferial pouvait voir la marque rouge de ses doigts imprimée dans la chair tendre de son cou et sa poitrine se soulever rapidement pour respirer enfin après avoir été privée d’air pendant un moment. Elle remarquait tout ce qu’elle n’avait pas pris le temps de voir la veille : la cicatrice à l’intérieur de sa cuisse, ses cheveux défaits répandus sur la table, les pointes de ses seins tendus sous la nuisette trop fine, son regard bleu sombre qui semblait vouloir la tuer, sa bouche entre ouverte. Ferial aurait voulu s’avancer pour la rejoindre mais elle ne pouvait pas bouger. Elle semblait être complètement immobilisée à quelques…&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soleil s’était levé une heure plus tôt sur Tepsa quand Ferial se réveilla en sursaut dans une chambre qui n’était pas la sienne. Cela ne lui arrivait pas aussi souvent qu’on pouvait le penser. Le plus souvent ses missions ne l’écartaient pas de Perk et elle pouvait dormir dans sa chambre dans l’enceinte de la Guilde. Quand elle était en mission ailleurs, il était rare qu’elle prenne le temps de dormir. Elle finit par reconnaître la chambre bleue comme celle que lui avait donné Than. Elle se redressa et remarqua les griffures que Tali avait infligées à son avant bras lorsqu’elle l’avait étranglée. Elle ne s’en était rendue compte que lorsque Jon lui avait demandé si elle avait eu des problèmes en ville. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle quitta son lit et décida du même coup d’occulter les dernières bribes du rêve qu’elle venait de faire. Elle n’avait pas besoin de s’encombrer la tête avec des bêtises pareilles. C’était une vraie maladie chez elle. Comme si elle n’était pas tombée assez bas en fantasmant sur &lt;b&gt;Antse&lt;/b&gt;, il fallait qu’elle fantasme à présent sur une dénommée Tali. Une prostituée. Une vraie maladie. Si elle n’était pas en conflit avec quelqu’un, si on ne la menaçait pas de mille morts, si il n’y avait ni dispute, ni insulte, elle n’arrivait pas à être attirée. Cette pétasse d’Antse, Maître Cianith à chaque fois qu’il lui passait un savon, même ce connard d’Archi Borg qui détestait l’Oma autant qu’eux détestaient l’Omi. L’amour du conflit était une véritable pathologie chez elle.  Pourquoi ne pouvait-elle pas s’intéresser à des gens bien comme Hunn ou Leka ? Avec un peu de chance, le Baron Kevser était un type adorable, toujours calme et jovial. Elle ne savait pas pourquoi, mais cela ne faisait jamais très professionnel de poser un regard concupiscent sur ceux qu’on arrêtait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle tira son sac de dessous son lit et l’ouvrit. Une journée chargée l’attendait. Des robes vertes et un pantalon noir sortirent de son sac et elle s’habilla tout en pratiquant des techniques de méditations et de relaxation. Elle se lança un sourire dans le miroir et rajusta ses lunettes avant de descendre discuter avec ses collègues de la Guilde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jon et Than avaient apparemment réussi à convaincre tout le monde de rester pour être interrogé. Parfait. Il y avait donc les deux hommes de l’Oma, Yarly et ses deux collègues et une inconnue que Ferial n’avait jamais vu, pas même hier quand elle s’était présentée aux Mages locaux en les interrompant en plein dans le petit-déjeuner. Elle aurait du être au courant de la présence d’un Mage supplémentaire à Tepsa. Elle se promit de parler de cet oubli à Than et commença la réunion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Bonjour à tous, j’espère que vous avez bien dormi. Comme je vous l’ai dit hier, j’enquête actuellement sur les activités d’un criminel notoire de la ville, le Baron Kevser. Vous vous demandez sans doute ce que cela peut avoir à faire avec vous, mais ne vous inquiétez pas, je vais vous le dire. Le Baron Kevser est soupçonné de passer en contrebande et peut-être même d’utiliser des artefacts magiques. Après une conversation très intéressante avec des employés de son bordel, il semblerait que certains mages aient leurs habitudes là-bas. Il se pourrait qu’il s’agisse de renégats. Mais il se pourrait aussi que certains Mages de Tau de Tepsa fréquente la lie de cette ville et traîne la Guilde dans la boue par leurs actions. Je vais vous poser quelques questions supplémentaires ce matin, mais tout d’abord, » elle se tourna vers l’inconnue, « j’aimerais savoir qui vous êtes. »&lt;br /&gt;La femme aux cheveux blancs lui sourit aimablement avant de répondre.&lt;br /&gt;« Je suis Darl, Théoricienne spécialisée dans l’élaboration de potions. Je suis en ville pour rendre visite à ma fille, le Mage Verna depuis deux semaines, » répondit elle d’une voix douce et posée en indiquant une des guérisseuses. « Et je dois vous avouer que je suis ravie de rencontrer enfin la nièce donc Feyrn parle si souvent. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial maudit la malchance qui avait voulu qu’une Théoricienne, et qui plus est une amie de son oncle, décide de sortir pour une fois de la Guilde, justement pendant sa mission. Elle devait être en train de payer pour avoir ‘oublier’ d’aller lui rendre visite… Elle sourit néanmoins à la vieille dame avant de continuer.&lt;br /&gt;« Je vous prierais de bien vouloir verser de votre sang dans ma coupe que nous puissions procéder sans plus attendre. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Guérisseurs et Darl parurent choqués qu’on leur fasse un tel affront. Mais Jon prit la coupe en argent et la dague qu’elle lui tendait sans faire d’histoires. La lecture de la vérité ne pouvait se faire qu’après avoir ingéré un peu du sang de la personne lue et récité une incantation au-dessus. Ce procédé était couramment utilisé par l’Oma pour son efficacité et sa fiabilité mais bien sûr, sur des Non Mages. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Mages de Tau qui n’étaient pas nés dans la Guilde abandonnaient tout quand ils devenaient apprentis, jusqu’à leur nom de famille. La Guilde et ses membres devenaient alors la famille de ces Mages. La confiance implicite entre eux était sacrée et indispensable à la vie dans une communauté comme la Guilde de Tau. Insinuer qu’un Mage pourrait ne pas être totalement honnête avec ses pairs était absolument insupportable pour nombre d’entres eux. Mais Ferial ne les connaissaient pas et n’avait pas de temps à perdre en essayant de les connaître, alors la lecture était la meilleure solution pour elle. Jon puis Than firent couler un peu de leur sang dans la coupe. Ferial ne détacha pas son regard brun et implacable des quatre autres avant qu’ils n’aient finis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle récupéra alors la dague et la coupe et prononça l’incantation tout en mélangeant le liquide de la pointe de la dague. Elle but tout d’un trait et attendit quelques instants que le sang fasse son effet. Les premières questions qu’elle posa étaient uniquement des généralités aux réponses évidentes pour qu’elle ait le temps de se faire la main. Puis, quand elle s’estima prête, elle passa au sujet qui l’intéressait.&lt;br /&gt;« Etes-vous déjà allée au Souffle du Désir, le bordel de Tepsa tenu par le Baron Kevser ? »&lt;br /&gt;Les deux femmes, et Yarly, répondirent un 'non' sans hésitation. Jon et Than répondirent par l’affirmative immédiatement. Le dernier guérisseur, lui, hésita attirant ainsi l’attention du Mage de l’Oma. Elle décida d’en finir tout de suite avec les trois mages qui semblaient ne pas avoir eu de contacts avec le bordel.&lt;br /&gt;« Connaissez-vous le Baron Kevser ? »&lt;br /&gt;«  Avez-vous déjà vu le Baron Kevser ? » &lt;br /&gt;« Avez-vous déjà parlé au Baron Kevser ? » &lt;br /&gt;« Savez-vous qui est le Baron Kevser ? » &lt;br /&gt;« Etes-vous au courant d’un trafic de livres de Magie à Tepsa ? »&lt;br /&gt;Et d’autres encore. Quand sa série de questions fut épuisée, elle décida de s’attaquer aux trois autres, en commençant par Than et Jon. Son instinct lui disait de garder Zielk pour la fin. Ceux qui hésitaient trop avaient souvent des choses à se reprocher. Elle se tourna donc vers ses deux collègues de l’Oma et commença à les interroger.&lt;br /&gt;« C’était il y a six mois. La femme de l’Archi de Tepsa a été assassinée pendant qu’il n’était pas là, » commença Than, « il s’agissait de cambrioleurs apparemment. Comme on ne trouvait pas l’Archi, l’Omi a pensé tout de suite à un enlèvement et comme ils se sont retrouvés vite dépassés, » Echange de sourires entendus entre les Mages, « l’Oma a été mise sur le coup. Au bout d’une heure on l’avait retrouvé au lit avec deux prostituées. Chez le Baron. »&lt;br /&gt;Ferial leur sourit.&lt;br /&gt;« Maître Cianith a du adorer votre rapport. &lt;br /&gt;« Ah ça oui. On a eu droit à une lettre de félicitations. »&lt;br /&gt;Cianith adorait la boue qui entachait la réputation des Archis. D’excellents moyens de pressions sur tous ces imbéciles. Et comme Ferial n’avait jamais entendu parler de cette affaire auparavant, il y avait tout à parier que l’Archi de Tepsa était fait chanter.&lt;br /&gt;« Je suis loin d’être étonnée. »&lt;br /&gt;« C’est la seule fois où on a mis les pieds dans ce bordel. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial contrôla la véracité de leurs dires avec des questions croisées comme pour le précédent groupe. Tout avait l’air parfaitement en ordre. Ne restait plus que le guérisseur hésitant, dénommé Zielk. Il avait une petite quarantaine et était à Tepsa depuis trois ans si ses souvenirs étaient bons.&lt;br /&gt;« Et vous, Mage Zielk, pourquoi vous êtes-vous rendu là-bas ? »&lt;br /&gt;« Je devais soigner des gens. »&lt;br /&gt;A ce qu’elle pouvait sentir, il disait la vérité. Le seul problème était que Ferial était sûre que le Baron Kevser n’avait jamais payé la Guilde pour des soins. Et aucun Guérisseur n’exerçait en dehors du contrôle de la Guilde.&lt;br /&gt;« Qui avez-vous soigné ? »&lt;br /&gt;« Ceux qui en avaient besoin. »&lt;br /&gt;Ferial remonta ses lunettes sur son nez pour cacher un petit sourire satisfait. Elle était certaine qu’il avait quelque chose à cacher maintenant. Il n’était pas subtil dans sa façon d’éviter les questions et de toutes façons, Ferial était entraînée à ne pas se laisser distraire.&lt;br /&gt;« J’en suis sûre. Est-ce qu’il y avait des prostituées dans le lot ? Le Baron Kevser lui-même peut-être ? »&lt;br /&gt;Zielk pinça les lèvres brièvement avant de répondre.&lt;br /&gt;« Non pas le Baron, juste des prostituées. »&lt;br /&gt;Vrai encore. Mais cela n’expliquait rien.&lt;br /&gt;« Zielk, pourquoi avoir soigné des prostituées ? Ont-elles payé le prix exigé par Tau ? Avez-vous été payé pour cela ? »&lt;br /&gt;Il se pouvait qu’il ait essayé de se faire de l’argent de poche. Cela arrivait parfois. C’était extrêmement rare. Les Guérisseurs étaient très vulnérables après les soins qu’ils donnaient, leur magie les épuisait. Ils auraient été sans défense, des proies très faciles. Ils avaient besoin de la Guilde pour survivre sans finir comme des esclaves.&lt;br /&gt;« Non, je n’ai pas eu d’argent. »&lt;br /&gt;« Vous ont-elles payé de leurs faveurs ? »&lt;br /&gt;« Non ! Je n’ai pas été payé ! »&lt;br /&gt;Toujours vrai. Ferial ne voyait plus qu’une seule raison pour laquelle Zielk aurait pu les soigner gratuitement en dehors du programme &lt;i&gt;Une Main Tendue&lt;/i&gt;. Et elle savait que Zielk n’avait jamais fait partie du programme qui visait à soigner les plus démunis. Il avait été monté par deux Mages charitables quelques décennies plutôt mais n’était maintenu que pour des questions d’images. A part un ou deux originaux, les Guérisseurs devaient être ordonnés d’accorder une de leur journée par an à ce programme.&lt;br /&gt;« Est-ce que quelqu’un vous fait chanter, Zielk ? »&lt;br /&gt;Ferial ne cacha pas cette fois son sourire triomphant en voyant le Guérisseur pâlir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser était d’une humeur massacrante cette après-midi là. La journée de la veille semblait bien agréable en comparaison à présent. Deux de ces filles qui avaient la permission de sortir s’étaient faites égorgées dans la rue. Une troisième avait réussi à s’enfuir mais elle était sérieusement blessée et leur médecin avait comme par hasard décidé de prendre congé. Avec le Mage Ferial fouinant partout, Zielk risquait d’être découvert et de ne plus être en mesure de l’être d’une quelconque utilité. Mais cela n’aurait pas du les prendre aux dépourvus comme cela. Ils auraient du être prêts. Kevser était quelqu’un de réaliste et connaissait les limites de son pouvoir, mais la mort d’une de ses employées à cause de son propre manque de prévoyance lui était intolérable. Bien sûr que ce marin de Liurk essayerait de l’intimider. Bien sûr il s’en prendrait aux plus faibles de son organisation. C’était ce que Kevser aurait fait à sa place. Des mesures auraient du être prises depuis longtemps pour le cas où son emprise sur Zielk serait compromise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une main se posa sur son épaule et Kevser sentit une présence derrière son grand fauteuil.&lt;br /&gt;« Tu réfléchis trop, Kev. Tout le monde sait que tu as fait de ton mieux. »&lt;br /&gt;« Depuis quand est-ce que cela suffit ? » Un soupir. « Il ne faut pas simplement faire de son mieux. Il faut être meilleur que les autres. Leur montrer sans l’ombre d’un doute que… »&lt;br /&gt;« Bien… D’accord, tu aurais pu prévoir la réaction de ce Cawo. Mais au lieu de ressasser tes erreurs, tu ferais bien mieux de montrer à la ville que le Baron Kevser est toujours aux commandes et qu’aucun pardon ne sera accordé. »&lt;br /&gt;Kevser laissa sa tête se reposer sur le bras de Volner.&lt;br /&gt;« J’ai déjà contacté Park. Demain matin il y aura des cadavres partout dans le quartier sud. » Kevser se leva et se tourna vers Volner.  « Tu vas quitter la ville pour quelques temps avec un ami de Park. Tu emportes tous nos livres avec toi. »&lt;br /&gt;« Le marin ne nous causera bientôt plus de problèmes. Je ne vois pas pourquoi je devrais partir. »&lt;br /&gt;« Un incident comme celui de cette nuit est peut-être tout ce que cette Ferial attend justement pour nous tomber dessus.»&lt;br /&gt;« Je ne pars pas sans toi. » Volner aussi bien dans le ton de sa voix que dans son regard appuyé réussit à faire passer la fermeté de sa décision. Malheureusement pour lui, Kevser ne lui demandait pas son avis.&lt;br /&gt;« Il viendra te chercher ce soir. »&lt;br /&gt;« Kev, non… Pas question. »&lt;br /&gt;Mais avant que Kevser n’ait pu répondre pour réaffirmer ses ordres, on frappait à la porte. Deux coups rapides. Ce devait être Jellier. &lt;br /&gt;« Entre, » lança Kevser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le géant aux cheveux hirsutes entra mais hésita en voyant que Volner était là. &lt;br /&gt;« Je dérange ? »&lt;br /&gt;« Non. Nous avions fini. Tu voulais quelque chose ? »&lt;br /&gt;« Le petit mage est là. »&lt;br /&gt;« Zielk ? Il a attendu tout ce temps ? Qu’est-ce qu’il dit ? »&lt;br /&gt;« Il dit qu’il était avec cette garce de Ferial et qu’il ne pouvait pas venir plutôt sans paraître suspect. »&lt;br /&gt;« Qu’est-ce que tu en penses ? » &lt;br /&gt;Jellier haussa les épaules.&lt;br /&gt;« Très bien, qu’il soigne Tijape et qu’il s’en aille. Tu restes derrière lui tout le temps. Comme toujours.»&lt;br /&gt;Jellier hocha la tête et se retira.&lt;br /&gt;« Tu vois, tout finit par s’arranger, » fit Volner. « Il n’y avait pas de raison de dramatiser. Je vais rester. »&lt;br /&gt;« Ne sois pas si naïf. Mon petit mage a sans doute été découvert. Ferial a du lui ordonner de revenir ici pour voir ce qu’il pourrait apprendre. Elle ne me semble pas stupide. Mais si il peut soigner Tijape, c’est toujours ça de gagner. Et toi, tu ne pars plus ce soir. »&lt;br /&gt;Volner sourit, tout content d’avoir réussi à convaincre Kevser.&lt;br /&gt;« Tu pars immédiatement. Je vais faire chercher immédiatement l’ami de Park. Et tu ne discutes pas. » Kevser planta son regard dans celui du jeune homme qui avait perdu toute trace de satisfaction sur son visage.  Volner ne tint pas une seconde face aux yeux froids du Baron. « Viens, il faut qu’on prépare ton sac. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Volner baissa la tête et suivit Kevser dans sa chambre. Il y avait déjà une malle et un sac de cuir sur son lit. Ils avaient été apportés sur ses ordres un peu plus tôt. Kevser ferait presque n’importe quoi pour protéger Volner. La Guilde ne prenait pas très bien les gens qui s’essayaient à la Magie de leur côté. Oh non. Ils étaient tous emmenés à la Guilde et jamais plus n’en ressortaient. Ce qu’ils devenaient, c’était un secret Tau gardait précieusement tout en faisait circuler les rumeurs les plus extravagantes. La peur est un puissant dissuasif. La malle fut remplie de tous leurs livres d’études et partirait avec Volner. Parce que Kevser ferait n’importe quoi pour protéger Kevser et que si quelqu’un devait être trouvé en possession de livres de Magie…  Kevser aimait vraiment son petit protégé pourtant. Mais son propre salut était plus important à ses yeux que n’importe quoi, ou n’importe qui d’autre. La promesse personnelle que son destin ne reposerait plus que dans ses mains. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement, ou malheureusement, c’était selon, Volner ne comprenait pas toutes les subtilités de la vie au Souffle du Désir. Kevser ne s’en servait que rarement contre lui. Mais ce n’était pas la première fois. Et si la chance était de leur côté, encore une fois, il ne comprendrait pas. Ils s’en sortiraient. Et tout continuerait comme avant, Volner continuerait de voir son sauveur, là où il n’y avait en réalité qu’opportunisme. L’attachement était venu plus tard.&lt;br /&gt;« Tu as bien pris suffisamment de vêtements chauds ? »&lt;br /&gt;Volner roula des yeux.&lt;br /&gt;« Tu crois toujours que j’ai douze ans. »&lt;br /&gt;« Parfois, on le dirait. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Douze ans, l’âge qu’il avait quand il était arrivé et que Kevser l’avait pris sous son aile. Sept ans plus tôt. Autant dire une éternité. Kevser venait à peine de devenir le Baron Kevser. Le Souffle du Désir battait de l’aile, et ses activités se limitaient à la prostitution. Son cercle de confiance était encore en train d’être construit. Park n’était pas encore avec eux. Jellier faisait des difficultés. Et un gamin encombrant était arrivé et sans lui, peut-être que le Baron Kevser ne serait plus. Il avait partagé ses secrets au fil des années, devenant son confident et son seul véritable ami. Et pourtant, pourtant, il en était ressorti étonnamment pur et idéaliste. C’était là tout son charme. Kevser avait du battre certaines de ses filles loin du jeune homme. S’il commençait à s’attacher à une, ou plusieurs, d’entre elles, il voudrait que Kevser les &lt;i&gt;sauve&lt;/i&gt; elles aussi. Et son commerce partirait en fumée. Le&lt;br /&gt;problème avec Tali était déjà assez ennuyeux comme ça. Volner était mieux isolé au maximum de ce monde là, à étudier ses livres et à apprendre. Il valait mieux que tout ce qu’on pouvait trouvé au Souffle, et Kevser ferait tout pour que Volner ne fasse plus jamais partie de la marchandise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tu ne feras pas de bêtise, n’est-ce pas ? »&lt;br /&gt;« Non, Kev. Je te le promets. »&lt;br /&gt;« Charmant. Ne me déçois pas là-dessus, d’accord ? C’est trop important pour que tu fasses des tiennes. »&lt;br /&gt;« Je te le promets, » répéta-t-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser accepta la promesse immédiatement, sans penser que tout c’était peut-être un peu trop facile. Volner finit d’emballer des affaires pour quelques jours et la bourse que Kevser lui avait donnée ; puis ils allèrent retrouver Park et son ami pour le départ. Avec un peu de chances, le jeune homme réussirait à éviter les ennuis en quittant Tepsa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Perk, au palais, trois Archis attendaient dans une petite chambre que le Supra, Commandant Suprême du Suprôme, les reçoive. Tous trois avaient conscience de l’enjeu de l’entretien qui allait se dérouler dans une pièce voisine. Car si eux étaient près à passer à l’action pour reprendre le contrôle de la Guilde et rendre la conduite de la politique du Suprôme à ceux qui en avaient normalement la charge et ne pas la laisser à ces manipulateurs de Mages, la plupart des autres Archis, même s’ils étaient d’accord sur le principe, ne bougeraient pas sans le Supra. Borg lui avait déjà parlé à plusieurs reprises des problèmes que la Guilde de Tau posaient mais le Supra n’accueillait pas ses remarques toujours de la même façon. Il était difficile de savoir ce qu’il pouvait penser. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un serviteur entra et leur annonça que le Supra allait les recevoir. Les trois Archis se levèrent et le suivirent, sans hésitation et sans regrets, bien que si Borg se trompait et que le Supra n’approuvait pas leur plan, leurs vies ne vaudraient plus rien du simple fait de l’avoir exposé. Comploter contre Tau venait juste après les complots contre le Supra sur l’échelle des crimes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Advienne que pourra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial attendit tranquillement que Zielk revienne du Souffle du Désir pour lui faire son rapport. A aucun moment, elle n’avait douté qu’il reviendrait. Zielk était né dans l’enceinte de Tau, il ne saurait jamais vivre sans la Guilde. Il ne lui viendrait même pas à l’idée de s’enfuir pour échapper à la punition et au déshonneur quand il rentrerait à Perk avec Ferial. Il avait fréquenté des prostituées ce qui en soi n’était pas puni par la Guilde tant que cela restait du domaine privé. Ce qui n’était plus vraiment le cas, puisqu’il avait compromis les intérêts de Tau en laissant des criminels le faire chanter. Au lieu de régler le problème, il laissait faire et cédait à leurs exigences. Ferial ne savait pas comment un Mage avait pu tomber aussi bas. Etre complètement au pouvoir d’un Non-Mage. C’était écoeurant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zielk revint et après lui avoir raconté ce qu’il avait vu au Souffle du Désir, Ferial se dit qu’il était peut-être temps d’augmenter la pression sur le patron du bordel puisqu’elle avait l’aide, bien involontaire, d’un nouveau concurrent venu de Liurk, dénommé Cawo. Avec deux ou trois filles en moins, les choses risquaient d’être tendues et si elle savait y faire, elle pourrait obtenir plus d’informations que lors d’une journée ordinaire. Elle consigna donc Zielk dans sa chambre sous la surveillance de Than et quitta le quartier est pour retourner enquêter, Jon sur les talons. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand elle poussa la porte du Souffle du Désir ce soir là, personne ne fit trop attention à elle, les esprits étaient ailleurs. Il y avait bien moins de clients que la veille au soir. Sans doute préféraient-ils pour la plupart éviter de se retrouver au milieu d’une guerre entre deux maisons closes. Les clients, même les habitués, ne regretteraient pas longtemps la fermeture du bordel, si cela devait arriver. Ils iraient dans le bordel suivant qui fournissait, après tout, les mêmes services que le leur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial allait s’asseoir à la table qu’elle avait occupée la veille, mais une tache de couleur sur le comptoir attira son regard. Cheveux auburn tombant sur des épaules dénudées, un corsage à moitié dégrafé, et de longues bottes qui remontaient jusqu’aux cuisses. Oui, c’était bien Tali. Sauf qu’elle portait des sous-vêtements ce jour là. Elle était juchée sur le comptoir, et parlait avec ce qui devait être deux clients assis sur des tabourets de part et d’autre d’elle. Ils avaient l’air déjà bien éméchés et l’alcool qu’elle rajoutait dans leurs verres ne ferait rien pour les aider. Son regard passa au dessus de la tête des deux hommes et tomba directement sur Ferial, qui sourit en voyant qu’elle avait encore quelques marques autour du cou. Le Mage avait très envie de voir comment allait la jeune femme tout à coup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial, arrivée derrière les deux hommes, toussota et devant leur manque de réactions, posa sa main sur leurs épaules pour les forcer à se retourner. Les deux hommes ne reconnurent pas immédiatement son col montant haut sur sa nuque, signifiant de son appartenance à la Guilde.&lt;br /&gt;« On est déjà occupés ma jolie… »&lt;br /&gt;Ferial le fusilla du regard, mais l’homme était trop fin soul pour s’en apercevoir.&lt;br /&gt;« Nom, prénom et qualité. Tout de suite. »&lt;br /&gt;« Hein ? »&lt;br /&gt;« Je suis le Mage Ferial, détachée par l’Oma sur Tepsa le temps d’une enquête. Ai-je vraiment besoin de me répéter ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’un des deux hommes s’était relevé si précipitamment qu’il en avait fait tomber sa chaise. L’autre était devenu si pâle qu’on aurait pu se demander si ce n’était pas son fantôme qui se tenait là. Les Mages de l’Oma avaient le droit d’arrêter qui ils voulaient, quand ils voulaient pour interrogatoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Allez, partez avant que je ne décide &lt;b&gt;vraiment&lt;/b&gt; de prendre vos noms, » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial 	avait finit par avoir eut pitié d’eux, et d’elle-même, en les voyant paralyser et incapables de répondre ou de bouger.  La populace les craignaient toujours pour cette raison ou peut-être parce que la rumeur disait qu’ils pouvaient savoir qui mentaient et qui disaient la vérité. Ce qui était vrai, mais pas aussi immédiat que les gens pouvaient le penser. Pas de sang, pas de vérité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils étaient si pressés de s’enfuir quand elle leur en donna la permission qu’ils en oublièrent de saluer Tali. Mais Ferial se demandait si on devait saluer une prostituée en partant. Mais si on disait au revoir au boucher en quittant son échoppe, on devait sans doute lui dire au revoir à elle aussi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je suis vraiment flattée. Un Mage tel que vous, se battant avec deux ivrognes pour mon attention, » ironisa Tali, toujours installée sur le comptoir.&lt;br /&gt;Ferial s’assit sur un des hauts tabourets que les hommes avaient laissés libres en partant avant de lui répondre sur le même ton.&lt;br /&gt;« N’importe quoi pour le privilège de votre compagnie, » répondit-elle en levant les yeux au plafond.&lt;br /&gt;« C’est typique des mages ce comportement. A vous voir ou à vous entendre, le monde est à vous. »&lt;br /&gt;« Mais n’est-ce pas le cas ? »&lt;br /&gt;Tali haussa ses ravissantes épaules mais ne prit pas la peine de commenter.&lt;br /&gt;« J’ai appris que vous aviez des problèmes. »&lt;br /&gt;« Vous voulez dire d’autres problèmes que les mages bruyantes et envahissantes ? »&lt;br /&gt;« Je pensais aux cadavres retrouvés au petit matin dans une des rues du quartier et sur lesquels les rats ont festoyés toute la nuit. Des amies à vous je crois. »&lt;br /&gt;Les yeux de Tali s’enflammèrent sous l’effet de la colère. Ferial élargit son sourire, découvrant jusqu’à ses canines. Ce sentiment lui allait bien au teint de toute façon et elle développait des rougeurs charmantes sur ses pommettes saillantes. Elle se pencha sur Ferial, la dominant de sa hauteur, cette fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Vous allez proposer de me venir en aide peut-être ? »&lt;br /&gt;« Oh vous savez, je crois que je vais me contenter de regarder la boue que ça va remuer et compter les cadavres. Peut-être même que je donnerais un coup de mains à l’ami de votre Baron. L’ennemi de votre ennemi… vous comprenez. Rien ne nous empêchera pas la suite de nous retourner contre lui.»&lt;br /&gt;« C’est ça qui me dégoûte chez vous. Vous vous servez de tout le monde. Vous vous présentez comme des protecteurs, des gens qui sont là pour venir en aide aux autres, pour aider à faire respecter la loi dans le Suprôme, mais vous faites que c’qui vous arrange. »&lt;br /&gt;Ferial rajusta ses lunettes rondes.&lt;br /&gt;« Bien sûr. Et tout le monde fait la même chose. Pourquoi la Guilde devrait-elle s’aligner sur un code différent ? D’ailleurs, pourquoi la Guilde devrait s’intéresser à vous ? Les Mages ne devraient pas avoir à servir des gens qui ne comprennent rien et qui n’apprécient même pas tout ce qu’on fait déjà pour eux.»&lt;br /&gt;« J’aimerais bien savoir ce que la Guilde toute puissante a fait pour quelqu’un comme moi. »&lt;br /&gt;Ferial fit mine de réfléchir un moment avant de rire.&lt;br /&gt;« Oups, rien du tout. »&lt;br /&gt;Tali la regardait comme quelque chose de particulièrement répugnant à présent.&lt;br /&gt;« Mais ne vous inquiétez pas, je parlerais des prostituées à notre prochaine réunion. Je suis sûre qu’on pourrait vous aider. Peut-être en vous trouvant des &lt;i&gt;guérisseurs&lt;/i&gt; par exemple. »&lt;br /&gt;« Je manquerais pas de faire part de votre généreuse idée au Baron. »&lt;br /&gt;« Je n’en doute pas… Bien qu’à votre place, je serais morte de peur. »&lt;br /&gt;Tali battit ses cils rapidement, ne comprenant pas la question.&lt;br /&gt;« Et bien il semblerait que votre Kevser ne soit plus en mesure de protéger ses employés. Vous ne pouvez pas… »&lt;br /&gt;Tali serra les poings.&lt;br /&gt;« C’est le &lt;b&gt;Baron&lt;/b&gt; Kevser pour vous. Vous le connaissez pas ! »&lt;br /&gt;« C’est vrai, je vous l’accorde. Mais je sais qu’on a retrouvé des cadavres. Il a des problèmes avec ce concurrent, il a des problèmes avec l’Oma… Combien de temps croyez-vous qu’il va tenir ? Ni moi, ni l’Oma ne lâchons prise. Et vous, après qu’allez-vous devenir ? Vendue au plus offrant ? Déménagée dans le bordel de ce Cawo ? »&lt;br /&gt;« Le Baron Kevser laissera jamais faire ça ! »&lt;br /&gt;Ferial rit ouvertement.&lt;br /&gt;« Votre Baron n’est rien. Rien du tout. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tali pointa son poing en direction de Ferial, elle avait l’air plus furieuse que jamais mais le Mage n’eut pas le temps d’apprécier. En se penchant pour la frapper, Tali fut déséquilibrée par son geste brusque et tomba en avant, sur les genoux de la jeune femme. Ferial écarquilla les yeux, surprise pour une fois par la tournure des évènements. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Et bien, au moins, vous n’y allez pas par quatre chemins quand vous essayer de convaincre un nouveau client de passer le pas. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tali essaya de se redresser et de descendre aussitôt mais elle était légèrement mal placée. Ferial était à son tour, rouge écrevisse, mais cela n’avait rien à voir avec la colère. La jeune femme dut s’apercevoir qu’elle était mal à l’aise parce qu’elle se mit tout à coup à se tortiller pour le plaisir de se tortiller sur les genoux de Ferial et non plus pour essayer de les sortir de cette situation embarrassante. L’esprit de contradiction de Tali semblait avoir encore une fois frappé. Ferial comptait bien reprendre le contrôle de la situation. Si elle trouvait une idée. Elle finit par la saisir par la taille et la redressa pour qu’elle s’arrête de bouger. Oh Oh. Ferial avait oublié qu’elle ne supportait de regarder les gens dans les yeux d’aussi près que ça. Surtout lorsque les siens étaient irrémédiablement attirés par le décolleté de Tali. Elle prit une nouvelle demi-teinte de rouge au niveau des joues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Du calme ! Arrêtez de gesticuler dans tous les sens ! »&lt;br /&gt;Tali obéit et resta là, assise à califourchon sur les genoux de Ferial, les coudes et le dos appuyés sur le comptoir.&lt;br /&gt;« Si vous voulez me garder sur vos genoux, je suis pas contre, mais il va falloir penser à payer parce que je peux pas continuer à vous accorder mon temps comme ça. »&lt;br /&gt;Ferial pinça les lèvres.&lt;br /&gt;« Je ne vous retiens pas. »&lt;br /&gt;Tali lui signala ses mains, toujours posées sur sa taille.&lt;br /&gt;« Uniquement parce que je ne vous fait pas confiance pour vous tenir tranquille, » se justifia Ferial, qui aurait pourtant bien voulu remonter ses lunettes, qui n’en avaient pas besoin, sur son nez.&lt;br /&gt;« Oh c’est charmant. Je crois que c’est la première fois qu’on m’sort cette excuse là. »&lt;br /&gt;« J’ai toujours aimé l’originalité. » Ferial lâcha la taille de la jeune fille et croisa ses bras sur sa poitrine. « Peut-on reprendre la conversation de tout à l’heure à présent ? Enfin si l’envie de me frapper vous a passé. »&lt;br /&gt;« Pour l’instant oui, mais je ne promets rien si vous recommencez à être insupportable. »&lt;br /&gt;« Tali, je peux vous aider. Si vous vous montrez coopérative, je peux m’arranger pour que vous ayez un petit pécule pour recommencer votre vie autre part. Le monde du Baron Kevser s’écroule. Etes-vous sûre de vouloir assister à la chute. »&lt;br /&gt;« Et à quel point je devrais me montrer coopérative exactement ? Trahir mes amis suffira-t-il ou devrais-je aussi, » elle passa ses bras autour du cou de Ferial, « me montrer aimable avec vous ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial restait immobile, se demandant ce que Tali avait en tête. Non, pas ça. Ce qu’elle sous-entendait était suffisamment clair, mais Ferial était pratiquement sûre que…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Qu’est-ce qui se passe ici !!! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial se tourna vers le nouveau venu qui avait hurlé dans la taverne. Un jeune homme, à peine sorti de l’adolescence, à peu près de sa taille, des cheveux blonds cendrés qui lui tombaient en dessous des oreilles. Plutôt mignon… Il était mieux habillé que le Tepsien ordinaire, et malgré la douceur du temps, portait une écharpe bleu autour du cou. Il avait l’air plus cultivé aussi que la plupart des clients du Souffle du Désir. Il n’avait pas vraiment l’air à sa place dans un endroit comme celui là. Tali devait le connaître en tout cas parce qu’elle s’immobilisa sur les genoux de Ferial en voyant de qui il s’agissait. Peut-être le fils d’un Concil qui s’était entichée de la jolie prostituée que son papa avait payée pour faire de lui un homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Lâchez-là tout de suite, » ordonna-t-il.&lt;br /&gt;Ferial le jaugea, amusée, de la tête aux pieds.&lt;br /&gt;« Passe ton chemin, gamin. Tu ne veux pas avoir à faire à moi. »&lt;br /&gt;Tali essaya de descendre de ses genoux mais Ferial la retint d’un bras passé autour de sa taille.&lt;br /&gt;« Vous croyez que je ne sais pas que vous êtes un Mage ? Lâchez-là ! Laissez-là partir. Vous n’êtes tous qu’une bande de pervers. Tali n’a pas à… »&lt;br /&gt;« Oh, du calme. Rentre chez tes parents. C’est une prostituée, elle fait son travail. Repasse un autre soir et tu l’auras à ton tour. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jeune homme vit rouge et Ferial eut l’impression curieuse d’être en danger. Son intuition la trompait rarement mais elle ne voyait pas ce qu’elle aurait pu craindre du chiot. Cela n’avait aucun sens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ne parlez pas d’elle comme ça ! »&lt;br /&gt;Ferial roula des yeux et passa la main qu’elle avait gardé libre dans les cheveux de Tali. Aussi soyeux au toucher qu’ils en avaient l’air.&lt;br /&gt;« Ne te tourne pas plus en ridicule, mon garçon. »&lt;br /&gt;« Je vais vous… » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jeune homme s’avança, menaçant sur Ferial et Tali mais avant que le Mage ne puisse réagir, Tali lui donnait un coup de coude dans les côtes, lui permettant ainsi de se libérer et de se placer entre elle et le jeune coq.&lt;br /&gt;« Ca suffit maintenant, » dit-elle, « Monte dans ta chambre, le Baron sera furieux que tu ais désobéi. »&lt;br /&gt;« Si tu crois que je vais te laisser là avec cette vicieuse petite Mage… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tali le gifla. Elle faisait quinze bons centimètres de moins que lui, mais le bruit de la gifle retentit dans la taverne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« J’ai dit : &lt;b&gt;remonte&lt;/b&gt; dans ta chambre ! Tu auras de la chance si le Baron accepte de te faire encore confiance après ça ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jeune homme semblait perdu à présent. Un instant, Ferial crut même qu’il allait se mettre à pleurer. Mais en le voyant hocher la tête et se diriger vers les escaliers, Ferial comprit ce que Tali avait dit. Remonter dans sa chambre. Et l’impression étonnante de danger qu’elle avait ressenti. Un sourire immense apparut sur son visage. Si elle avait raison, et elle n’en doutait pas une seule seconde, le Baron était fait. Le jeune homme habitait là. Elle se leva immédiatement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Attends ! »&lt;br /&gt;Le jeune homme s’arrêta et se retourna lentement.&lt;br /&gt;« Comment t’appelles-tu ? »&lt;br /&gt;Tali ne lui laissa pas le temps de répondre.&lt;br /&gt;« C’est juste un gamin qui est amoureux de moi… Le Baron l’avait prévenu de ne plus faire de scandale… Laissez le tranquille. »&lt;br /&gt;Ferial ne faisait plus du tout attention à Tali.&lt;br /&gt;« Ton nom, gamin. »&lt;br /&gt;« V… Volner. »&lt;br /&gt;« Volner… Tu travailles pour le Baron Kevser n’est-ce pas ? »&lt;br /&gt;Il hocha la tête.&lt;br /&gt;« Je t’arrête. »&lt;br /&gt;« Quoi ?! » s’écrièrent en même temps Tali et lui.&lt;br /&gt;« JON ! » cria Ferial pour sa voix porte jusqu’au dehors où le Mage de l’Oma l’attendait. Un instant plus tard, il était là.&lt;br /&gt;« Un problème Mage Ferial ? »&lt;br /&gt;« Au contraire. On fouille cet endroit. On le démonte si besoin est. Et on prend ce gamin avec nous. »&lt;br /&gt;« Bien, Quatrième. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tali avait l’air ulcérée. Les clients commencèrent à opérer une retraite stratégique hors du Souffle du Désir. Le dénommé Volner avait l’air terrifié.&lt;br /&gt;« Oh, et Jon, prends des précautions, celui là a appris de la Magie. »&lt;br /&gt;« Comment vous le savez ?! » s’écria le jeune homme avant de se plaquer une main sur la bouche.&lt;br /&gt;Ferial rajusta ses lunettes sur son nez, très fière d’elle.&lt;br /&gt;« Et bien à part le fait que vous veniez de confirmer tous mes soupçons, je parie que vous avez préparé un sort pour moi tout à l’heure… Même si vous vous êtes ravisé, je l’ai senti. Je suis un Mage de Tau, vous devriez savoir que nous ne sommes pas des débutants. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se tourna vers les employés du Baron.&lt;br /&gt;« Je vous déconseille de vous mêlez de ça. Nous n’avons aucun problème avec le fait de devoir vous tuer. Gardez ça en tête avant d’avoir envie de nous freiner. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Jon, tu gardes le gamin. Je vais fouiller cette maison. Tali, tu me sers de guide.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial avait beau fouillé, elle ne trouvait rien. Elle avait &lt;i&gt;démonté&lt;/i&gt; tous les meubles de la manière forte, avec des sorts explosifs, avaient trouvé des doubles fonds, deux portes dérobées, une pièce secrète, et pourtant, elle n’avait rien trouvé. Pourtant Volner habitait là selon Tali. Enfin ce que Tali avait dit avant qu’elle ne tombe dans un mutisme inébranlable. Ferial savait qu’il apprenait la magie. C’était un Mage ou il avait le potentiel pour en devenir un. Elle n’était pas Empathe, mais elle savait reconnaître les signes d’une attaque. Elle venait de trouver une des personnes pour qui elle était venue. Une des personnes qui utilisaient les livres de Magie qu’elle pistait. Qu’il habite sous le toit du fameux Baron Kevser ne pouvait que justifier sa première intuition : le Baron Kevser était un Mage renégat. Pire que ça. Il avait commencé à former des apprentis hors de la Guilde. Ferial ne pouvait pas laisser faire ça, elle devait à Tau d’agir vite et bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malheureusement le temps de monter, de trouver la porte qui menait à un escalier qui donnait sur la rue, le Baron ainsi que la plupart des clients et les prostituées avaient disparus. Elle ne pouvait pas laisser des Mages traîner dans les rues mais elle n’avait d’autre choix que de quitter le Souffle du Désir avec comme seul prix, Volner. Au moins, son interrogatoire promettait d’être plus fructueux que celui de Zielk. Il était impossible qu’il n’ait jamais vu le Baron.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser était de retour dans sa chambre au Souffle du Désir. Cela ne faisait pas une heure que cette garce de Ferial avait emmené Volner avec elle. Il lui restait plus qu’à remettre ses bottes avant d’aller chercher vengeance. En commençant par Cawo. Cette affaire avec lui n’avait que trop traîner, et on ne lui laissait plus le choix. Volner serait libéré quand il n’y aurait qu’un Mage avec lui. Un Mage que Kevser se ferait un plaisir de tuer. Pour l’instant, ce qui importait, c’était de tuer le marin et ses acolytes. Les assassins de Park étaient tous postés autour de l’antenne locale de la Guilde. Pour l’instant, ils ne pouvaient rien faire, mais ils seraient informés du moindre mouvement. Et quand les Mages se mettraient en chasse pour attraper le Baron Kevser, alors, alors seulement, ils iraient récupérer Volner. Et ils quitteraient cette ville. Jellier s’occuperait des affaires en attendant que les choses se calment. Volner avait toujours dit qu’il voulait voir la mer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jellier frappa à la porte et entra.&lt;br /&gt;« Baron ? Park est de retour. On peut y aller. »&lt;br /&gt;Kevser rengaina son poignard et passa sa cape.&lt;br /&gt;« Très bien. Il est temps de montrer à ce Cawo à qui cette ville appartient. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>Chapitre 2</title>
    <published>2005-11-06T11:16:12Z</published>
    <updated>2005-11-06T11:16:12Z</updated>
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    <content type="html">&lt;font size="+1"&gt;Nb de mots : 4003&lt;br /&gt;Nb de mots total : 10036 (ouééé 1/5 déjà !!)&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="cutid1"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;font size="+2"&gt;Chapitre Deux&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;	Le Baron Kevser avait passé une très bonne journée. Mais seulement si on ne prenait en compte que les deux premières heures de la journée. Au début, tout s’était déroulé comme prévu, comme n’importe quel autre jour de la semaine. Jellier était arrivé pendant le petit-déjeuner pour lui faire le compte-rendu des dernières acquisitions de leur petite organisation. Ils avaient trois nouveaux esclaves cette semaine : deux qui seraient revendus immédiatement à un monastère à quelques lieues de Tepsa et le dernier qui viendrait grossir les rangs  des employés du Souffle du Désir. Kevser avait pour politique de ne rien demandé à ses clients, mais la consommation effrénée d’esclaves par ce monastère commençait à l’intriguer. Ils ne devaient pas en avoir besoin uniquement pour des sacrifices rituels comme ils le prétendaient. Rien qu’à voir la lueur dans le regard des moines qui venaient les chercher, on comprenait que ce n’était pas que l’amour de la religion qui les poussait à acheter. Mais après tout, tant que l’argent rentrait dans ses caisses, tout était parfait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite, Volner était venu pour leur séance quotidienne d’exercices. Mais ils n’avaient connu que peu de succès avec le sort qu’ils essayaient de pratiquer ce matin là. Tous les jours, à la même heure, ils exploraient tous les deux les sorts que il avait pu trouver dans les livres que Kevser lui laissait. Volner était resté calme, même après deux heures infructueuses de tentatives ratées mais Kevser, malgré ses huit ans de plus, avait beaucoup moins de patience et avait éclaté de colère et de frustration une fois, envoyant tout voler dans la pièce jusqu’à ce que Volner, fidèle à lui-même, réussisse à lui infuser son calme. C’était à se demander qui était le maître et qui était l’apprenti… En toute honnêteté, il y avait longtemps que Volner n’était plus son apprenti… Lui avait la finesse et la précision quand il lançait des sorts, Kevser utilisait plus la force et l’intensité. Dans un certain sens, ils se complétaient bien. Et habituellement, ils apprenaient bien ensemble. Sans lui, Kevser n’aurait jamais pu aller aussi loin. Et réciproquement. Kevser avait les idées, comprenait plus vite et marchait beaucoup à l’instinct. Volner avait les méthodes et la rigueur nécessaire à leur travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si frustrant que son temps avec Volner avait été, cela n’avait pas été le pire de sa journée. Il y avait deux nouveaux venus en ville qui lui posaient des problèmes. Deux problèmes différents mais qui devaient être réglés de façon rapide et efficace. D’abord il y avait cet homme de Liurk qui avait acheté une maison dans le quartier sud à cinq minutes à peine du Souffle du Désir pour pouvoir installer un autre bordel. Kevser n’avait jamais été à Liurk et ne savait pas si la libre concurrence était tolérée là-bas, mais dans &lt;b&gt;sa&lt;/b&gt; ville, personne ne s’installait sans &lt;b&gt;sa&lt;/b&gt; permission et il n’y avait pas d’&lt;i&gt;indépendants&lt;/i&gt;. Le commerce du sexe était son exclusivité. Les individus comme ce marin devaient être dissuadés dans les délais les plus brefs, sinon d’autres pouvaient avoir la mauvaise idée de les prendre en exemple. En temps normal, un assassin serait déjà en train de s’occuper de son cas, malheureusement, le second problème empêchait Kevser de régler le premier comme sa logique et son expérience voulaient le lui dicter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le second problème faisait un peu plus d’un mètre soixante dix, avaient des cheveux bruns et un air coincé. Un Mage que l’Oma avait mis sur son dos et qui n’arrêtait pas de poser des questions sur le Souffle du Désir et sur le Baron Kevser. Peut-être n’avaient-ils pas été assez prudents avec leur utilisation de la magie et avaient-ils été détectés. Ou alors c’était la mort de la Fenrick. Kevser pensait avoir usé de prudence mais on n’était jamais à l’abri d’une erreur. Peut-être que le mari avait plus d’influence politique qu’on ne le pensait. L’Oma ne s’était jamais intéressé à ses affaires avant ce jour, mais Kevser ne savait pas ce qui avaient motivé ces fouineurs de l’Oma à venir se mêler de ses affaires et détestait par-dessus être à ce point dans le noir. Le Mage n’était pas encore venue jusqu’au Souffle du Désir mais ce n’était qu’une question de temps. Une fouineuse en ce moment, c’était la dernière chose dont ils avaient besoin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser soupira et consulta l’horloge qui était pendue dans son bureau. Il était temps d’aller rencontrer son assassin préféré pour faire le point sur les activités de la semaine. Il était important de garder un contact étroit avec ses employés et de leur rappeler régulièrement pour qui ils travaillaient. Sa main était sur la poignée quand on frappa à la porte. Jellier s’annonça et Kevser le fit entrer avant de se rasseoir  dans son grand fauteuil. Il semblait que les problèmes devaient continuer de pleuvoir.&lt;br /&gt;« Que se passe-t-il encore ? »&lt;br /&gt;« Elle est là, en bas, elle a commandé une choppe d’ale. »&lt;br /&gt;« Déjà ? Je pensais qu’on ne la verrait que demain matin. D’après ce que tu m’en avais dit, je pensais qu’elle ne serait pas le genre à venir dans un lieu aussi mal famé que mon petit établissement alors qu’il est plein à craquer. »&lt;br /&gt;« Je ne le pensais pas non plus, Baron, » répondit Jellier avec un geste d’excuses.&lt;br /&gt;« La maison est pleine à craquer. Si elle commence à poser des questions et à importuner nos clients, ils seront partis dans la demi-heure qui suit. »&lt;br /&gt;« On pourrait la faire tuer et faire passer ça pour un accident. »&lt;br /&gt;« C’est un Mage. On aurait à faire à toute sa petite guilde après ça… Tue un mage, et cinquante te tombe dessus avant même que son cadavre ne soit froid. »&lt;br /&gt;« On ne peut quand même pas la laisser là… si on peut pas garantir la tranquillité de nos clients, ils iront voir ailleurs. »&lt;br /&gt;Kevser tapa du poing sur la table.&lt;br /&gt;« Il n’y a personne d’autre que &lt;b&gt;mes&lt;/b&gt; clients pourraient aller voir. Ce marin de Liurk, d’ici une semaine, il sera mort ou il sera à moi. »&lt;br /&gt;« Bien sûr, Baron, mais… »&lt;br /&gt;Kevser lui lança un regard noir qui l’arrêta aussitôt. Jellier avait beau être un véritable géant de plus de deux mètres et faire quelques têtes de plus, Kevser savait imposer le respect d’un seul regard et faire respecter les limites établies par ses soins.&lt;br /&gt;« Arrange moi un rendez-vous avec le marin. Je veux le voir dans trois jours. »&lt;br /&gt;« Trois ? »&lt;br /&gt;« Le temps de le laisser mariner et de se demander ce que je peux lui vouloir. Park organisera une série d’incidents pour le tenir éveillé en attendant. »&lt;br /&gt;Jellier hocha la tête ses cheveux hirsutes se retrouvant dans ses yeux.&lt;br /&gt;« Et pour la mage ? »&lt;br /&gt;« On va lui envoyer Tali pour l’occuper. »&lt;br /&gt;Le bras droit du Baron sourit dévoilant ainsi son incisive en or qui brillait sous la lumière du feu de la cheminée.&lt;br /&gt;« Volner ne va pas apprécier. »&lt;br /&gt;Kevser sourit à son tour.&lt;br /&gt;« Il n’apprécie jamais. Mais entre son petit monde idéal et la réalité… Tali est une prostituée. Elle est au service du Souffle, comme les autres. Plus que les autres. Tiens le éloigner aussi longtemps que possible. »&lt;br /&gt;« J’ai un peu de comptabilité, justement. »&lt;br /&gt;« Charmant, ça lui plaira sans doute autant que de se faire arracher une dent. Dis lui que j’insiste parce que tu dois aller rencontrer les assassins à ma place. »&lt;br /&gt;« Très bien, Baron. Est-ce que je dois aller voir les assassins ? »&lt;br /&gt;« Non. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jellier s’inclina et laissa Kevser. Les comptes de la semaine… Volner allait détester. Et il finirait pas comprendre qu’il y avait autre chose s’il devait y être assigné tous les jours pendant le séjour du Mage dans la ville. Il n’avait que dix-neuf ans, il était encore idéaliste. Kevser ne se rappelait l’avoir été à son âge, mais il avait été bien plus protégé. Il était sous l’aile du Baron Kevser depuis qu’il avait été vendu comme esclave. Il avait eu l’air si jeune et perdu, le visage plein de larmes, se doutant de ce qui l’attendait et réclamant ses parents qui pourtant n’avaient pas hésiter à le vendre pour éponger leurs dettes. Cela lui avait rappelé de mauvais souvenirs. Et il y avait ce potentiel remarquable chez lui qui lui avait rappelé le Vieux. Gâché par ses parents. L’histoire se répétait. Kevser se rappelait lui avoir demandé s’il savait lire et écrire et d’avoir du le secouer pour qu’il réponde. Comme sa réponse était affirmative, il était entré à son service personnel. Et comme on pouvait s’y attendre, Volner s’était attaché à Kevser comme s’il s’était agi d’un véritable sauvetage. Son geste n’avait pourtant pas été dénué d’égoïsme, mais ce n’était pas ce qu’il voyait. Peut-être qu’il avait été trop protégé. Que se passerait-il pour lui si jamais il lui arrivait quelque chose ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kevser secoua la tête. Ce n’était pas le moment de s’inquiéter une fois de plus pour son petit protégé. Il fallait envoyé Tali au Mage qui se trouvait en bas. Tali lui plairait peut-être, elle avait plu au Vieux. Tali était une de ses meilleures armes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial s’amusait en observant le reste des clients du Souffle du désir tout en vidant lentement sa choppe. Elle voyait les clients et le personnel la regarder d’un drôle d’air. Il y avait bien peu de femmes qui devaient fréquenter l’endroit. Aucune cliente n’était présente. Et aucune ne devait porter les robes à grand col qui indiquaient l’appartenance à la Guilde Tau. Les Mages étaient encore plus rares que les femmes dans cet endroit. Du moins, Ferial l’espérait parce qu’il y avait quelque chose de complètement insupportable à imaginer qu’un Mage de Tau ait à payer pour ce genre de services. Mais les deux membres de l’Oma qu’elle avait vus la veille ne lui avaient pas semblé avoir particulièrement envie de protéger le fameux Baron Kevser. Même si les informations qu’ils avaient sur lui étaient minimes. Ferial les aurait accusés de négligences si les recherches qu’elle avait effectuées en ville ne lui avaient pas vite fait comprendre que cet homme était plus insaisissable que la fumée d’une pipe. Il existait de nombreuses rumeurs à son sujet, toutes plus fantasques les unes que les autres. Bien peu prétendaient l’avoir vu, et de ceux là personne n’en donnait la même description à part son air à vous glacer les sangs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une chose sur laquelle tout le monde s’accordait par contre était que personne n’essayait de le rouler deux fois. Ceux qui s’essayaient à ce petit jeu étaient retrouvés pendus à différents endroits dans le quartier sud. Toujours là où on pouvait les observer et retenir la leçon. Il était sans pitié. On disait aussi qu’il ne quittait que rarement le Souffle du Désir mais aucun des clients comme le mari de la défunte Fenrick ne l’avait vu. Que la femme du Concil, elle, ait dit l’avoir rencontré pour ensuite mourir dans la nuit qui suivit, lui semblait en effet être du plus suspect. Elle n’avait aucune preuve, pour l’instant, qu’il utilise de la magie. Tout ce qu’elle avait c’était des livres de magie qu’il avait fait acheter sur le marché noir et qu’un de leurs indics de Kesh avait vu passés. Peut-être qu’il se contentait de faire de la contrebande et qu’ils les revendaient. Mais peut-être aussi que l’absence de souvenirs de lui pouvait s’expliquer par la manipulation de l’esprit des gens qui le voyaient. Il aurait fallu pour cela un Mage expérimenté et entraîné par Tau. Peut-être même un Mage qui travaillait toujours pour la Guilde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y avait en plus des deux mages de l’Oma en poste continuellement à Tepsa, deux Oma pour un an dans la région, et deux guérisseurs. Des Guérisseurs auraient les compétences nécessaires pour modifier les souvenirs de quelqu’un de façon définitive. L’Oma ne s’entraînait pas à ce genre de choses. Il y avait un Guérisseur, Yarly, qui était en ville depuis six ans… Ce qui correspondait plus ou moins à l’époque où le Baron Kevser avait fait surface et fait main basse sur le Souffle du Désir en tuant l’ancien propriétaire. Quand elle irait saluer les Guérisseurs, elle ferait tout particulièrement attention à Yarly… Ce genre de théories était quand même bien prématuré. Elle ne savait même pas encore avec certitude que le Baron utilisait de la magie. Elle n’allait pas commencer à suspecter ses collègues de la Guilde. Pas toute de suite, néanmoins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial vit le tavernier faire un signe de tête à quelqu’un et quand elle se retourna, elle vit ce qui devait être la coqueluche de tous les clients du bordel. Une petite chose délicate, aux cheveux auburn légèrement ondulés qui retombaient sur ses épaules, s’avançait dans sa direction. Le peu qu’elle portait, ne cachait pas grand-chose des courbes de son corps : une nuisette abricot au décolleté profond qui s’arrêtait haut sur ses cuisses, et une robe de chambre aussi courte, d’un orange à peine plus prononcé, qu’elle laissait glisser sur ses épaules. Le genre jeune femme fragile, aux allures de poupée, qui devait rapporter beaucoup d’argent à son patron. Elle s’assit à la table de Ferial sans rien lui demander et croisa artistiquement ses jambes fines. Le Mage n’eut la surprise de constater que la prostituée portait des sous-vêtements. Le temps, c’était de l’argent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial arrêta de la regarder au bout de quelques secondes en voyant que la prostituée avait décidé d’attendre qu’elle lui adresse la parole. Ferial se doutait qu’elle ne s’était pas assise là par hasard, et décida donc de continuer de détailler les clients et les autres employés du bordel sans lui prêter plus d’attention. Si elle était là pour l’occuper, il allait falloir que le Baron Kevser trouve mieux que ça. Ferial était une Mage de Tau, et qui plus est, de l’Oma. Elle était très patiente. Certainement plus qu’une fille pareille. Aussi jolie soit-elle, elle n’était pas en mesure de la manipuler comme elle aurait pu le faire avec un des clients de la salle. Et justement, avant qu’elle ne soit rejointe par cette fille, Ferial était en train de recenser les clients. Il était temps de continuer de prendre des notes mentales. Certains avait une fille sur les genoux et les pelotaient sans vergogne devant les autres. D’autres étaient montés, supposait-elle, dans une des nombreuses chambres. D’autres encore, discutaient, sans doute pour s’accorder sur un prix. Ferial prenait soin de prendre notes de tous les clients qui semblaient plus fortunés que la moyenne. Elle n’avait aucun mal à déterminer lesquels étaient déguisés et lesquels étaient mal à l’aise dans leurs fripes. Leurs mains soignées, leurs ongles propres et leurs chaussures étaient des signes qui ne trompaient pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial continuait de surveiller la prostituée du coin de l’œil, sans en avoir l’air. Elle devait avoir entre vingt et vingt-cinq ans, sans doute plus proche du premier d’ailleurs. Elle semblait de plus en plus énervée par l’indifférence apparente du Mage. Il ne fallut pas dix minutes pour qu’elle perde, comme prévu, patience la première et se mette à parler. Un point pour Tau !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Alors, vous êtes venue ici pour chercher de la compagnie ? »&lt;br /&gt;Ferial serait presque morte de honte à sa place pour avoir ce genre d’accroche si commune. Elle n’allait pas répondre à &lt;i&gt;ça&lt;/i&gt;. Elle se contenta d’observer un homme qui avait glissé sa main entre les cuisses de sa compagne, elle était presque sûre qu’il travaillait pour un Concil ou un Archi et de l’avoir croisé dans la journée. Sa barbe était fausse, ça, ça ne faisait aucun doute.&lt;br /&gt;« Je suis Tali. Je peux trouver tout ce que vous désirez. Vous avez qu’une seule chose à faire, demander. Et tous vos souhaits seront exaucés. »&lt;br /&gt;Ferial la regarda froidement par-dessus ses petites lunettes rondes. La phrase avait été clairement apprise par cœur. Oh soit. La pauvre fille ne pouvait sans doute pas faire mieux.&lt;br /&gt;« Contre monnaie sonnante et trébuchante, bien sûr. »&lt;br /&gt;« Bien sûr, » la jeune femme sourit, « tout s’achète et tout se vend dans la vie. »&lt;br /&gt;« Beaucoup de choses, mais pas tout. »&lt;br /&gt;« Alors vous devez connaître plus de choses que moi car j’en ai jamais trouvé une seule qu’on peut pas monnayer, » répondit la jeune femme avec une déférence feinte. Ferial sentait la moquerie en dessous.&lt;br /&gt;« Vraiment ? Est-ce le Baron Kevser qui vous a envoyée jusqu’à moi ? »&lt;br /&gt;« Oh mais qu’est-ce que cela peut bien faire… » Elle fit la moue. « Je pourrais faire beaucoup de choses pour vous si vous le vouliez… Ou si je suis pas la personne qui convient, je peux vous trouver un homme vigoureux qui s’occupera de vous. »&lt;br /&gt;« J’ai déjà à boire, et c’est tout ce dont j’ai besoin ce soir. »&lt;br /&gt;« Les gens viennent pas pour boire ici. Il y a d’autres endroits en ville pour ça. C’est un autre genre de soif qui leur pose problème… Vous observez depuis tout à l’heure… vous devez être un peu excitée sous vos robes. Je peux arranger ça. » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial sentit quelque chose contre sa jambe. Pendant qu’elle était atterrée par ces déclarations éhontées, la dénommée Tali avait changé de position pour pouvoir faire remonter doucement son pied contre sa jambe. Ferial lui décocha un regard noir, qui ne la déstabilisa pas autant qu’elle ne l’aurait voulu et ne l’arrêta certainement pas. Elle dut insister et se montrer plus explicite.&lt;br /&gt;« Je vous prie de bien vouloir cesser de me toucher. Je serais désolée de devoir vous couper un membre alors que nous venons à peine de faire connaissance. »&lt;br /&gt;Tali retira son pied de mauvaise grâce, au plus grand soulagement de Ferial.&lt;br /&gt;« M’suis toujours demandée pourquoi les mages font toujours leurs difficiles au début. S’ils avouent ce qu’ils veulent dès le départ, on perdrait pas tout ce temps. »&lt;br /&gt;Cette petite prostituée lui sortait par les yeux. Elle se permettait de la toucher et maintenant de dénigrer la Guilde.&lt;br /&gt;« Les Mages de Tau ne fréquentent pas les gens comme vous, jamais. Nous ne sommes pas de vulgaires paysans, marchands ou soldats. Je n’apprécie pas vos insinuations. Je suis sans doute le premier Mage que vous n’ayez jamais approché, petite sotte. »&lt;br /&gt;Tali éclata d’un rire clair et sonore en l’écoutant avant de la fixer durement.&lt;br /&gt;«  Tu es bien naïve, mademoiselle le Mage, j’espère que tu ne crois pas sérieusement à ce que tu viens de dire. Les Mages sont exactement comme les autres. Ils sont tout aussi hypocrites que les Concils et les Archis qui viennent ici. Ils le cachent, et nous maudissent en plein jour, mais la nuit, ils abandonnent leurs masques et viennent payer le Baron Kevser pour le droit de nous étreindre. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial se leva et fit calmement le tour de la table pour s’approcher de la prostituée. Elle était parfaitement consciente qu’à présent, tous les yeux de la salle étaient braqués sur elles. Tali restait tranquillement assise, la défiant du regard. Elle ne semblait pas très inquiète. Ferial ne lui laissa pas le temps de changer d’avis. Elle la saisit par le cou et la tira vers le haut pour l’obliger à se lever. Elle ne pesait pas plus lourd qu’une plume. Elle resserra sa prise jusqu’à ce que la jeune femme commence à manquer d’air. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tu vas dire à ton petit Baron Kevser, que Ferial, Mage de Tau et Quatrième de l’Oma est en ville et qu’elle est bien décidée à mettre à jour tous ses petits secrets. Tous, sans exception.»&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Une fois son message délivré, Ferial la jeta sur la table. Et sourit, méprisante, en voyant la fureur contenue dans son regard, alors qu’elle essayait de reprendre son souffle. Ferial lui tourna le dos et quitta le Souffle du Désir, sans plus attendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant ce temps, à Perk, l’Archi de Shizuc était chez l’Archi Borg, grand chef de l’Omi. C’était la quatrième fois qu’ils se rencontraient cette année. Et cette fois, Borg n’aurait pas à tenter de convaincre qui que ce soit. L’Archi de Shizuc était mûr. &lt;br /&gt;« J’accepte, Borg. Je vous suis. Cela n’a que trop duré. Ils vont me faire couler. Et quand ils en auront fini avec moi, ils s’en prendront à d’autres. On ne peut pas les laisser faire. On ne peut pas les laisser continuer à nous dicter notre conduite sans réagir. »&lt;br /&gt;« Mon cher, Serg, je suis content que vous ayez enfin décidé de voir la vérité en face. »&lt;br /&gt;Borg lui sourit et lui remplit à nouveau son verre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Tepsa, Ferial était retournée dans la maison du quartier est qui servait d’antenne locale de Tau. Jon et Than, les deux membres de l’Oma pour la ville étaient assis dans le jardin et pratiquaient des exercices de défenses sous les étoiles, comme on l’apprenait à Tau. Elle se joignit à eux, et attendit qu’ils aient fini.&lt;br /&gt;« Vous voulez quelque chose, Mage Ferial ? » demanda Than qui était le plus vieux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il devait être proche de la cinquantaine et devait servir ses dernières années dans l’Oma. Jon lui devait avoir une petite trentaine d’années. Mais Ferial avait un rang supérieur à eux deux. L’avancement au sein de la Guilde était seulement du au mérite. Ferial était Quatrième de l’Oma mais elle savait qu’elle deviendrait bientôt Troisième. Ou plus encore. Mais une chose à la fois, son enquête d’abord.&lt;br /&gt;« Je veux voir tous les Mages qui se trouvent en ville ici demain matin quand je me réveillerai. Que personne n’aille subitement faire de courses ou voir un malade. »&lt;br /&gt;« Que doit-on leur dire s’ils demandent pourquoi ? »&lt;br /&gt;« Vous leur rappellerez que je suis mandaté par le Conseil ici et que par conséquent mes souhaits font figure d’ordres. »&lt;br /&gt;« Bien, Mage Ferial. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu plus loin dans la ville, le Baron Kevser rencontrait ses assassins, dans la résidence de leur leader dans le quartier Ouest. Kevser les aimait bien. Il y avait toujours de délicieux petits gâteaux et un thé de Kesh absolument délicieux, mais qui n’était pas trouvable ailleurs en ville. Volner n’arrêter pas de supplier d’en faire venir au Souffle du Désir, mais Kevser n’avait pas envie de payer quelques herbes à prix d’or uniquement parce que son protégé le voulait. Sérieusement. &lt;br /&gt;« Tu penses pouvoir faire ce que je veux, Park. »&lt;br /&gt;« Bien sûr Baron. Ce marin ne comprendra pas ce qui lui tombe dessus. J’ai déjà quelques idées d’accidents complètement ordinaires qui risquent de s’accumuler sur lui de façon phénoménale. Peut-être même qu’il décidera que toute cette malchance est un signe du destin et rentrera à Liurk. »&lt;br /&gt;« Ne rêve pas trop. Il a acheté cette maison, il a investi son argent dans son projet. Il ne partira pas aussi facilement, » répondit Kevser, en époussetant les miettes de gâteaux qui étaient tombées sur sa chemise noire. « Il faut que je rentre maintenant. J’ai encore des gens à voir. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Park se leva à sa suite et lui apporta sa cape de velours gris. Kevser la passa et se dirigea vers la porte après avoir salué le reste des assassins d’un bref signe de tête.&lt;br /&gt;« Park, juste par curiosité, si tes informateurs ont l’occasion d’apprendre quelque chose sur le Monastère de Lidias, fais le moi savoir. Ce n’est pas urgent, mais ils deviennent des clients réguliers et j’aime savoir qui sont les gens avec qui je fais des affaires. S’il y a un scandale ou deux dont je pourrais profiter, fais le moi savoir. »&lt;br /&gt;« Je garderai les yeux et les oreilles ouverts, Baron. A la semaine prochaine. »&lt;br /&gt;« Bien sûr. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Baron Kevser quitta la demeure en brique blanche du quartier chic de la ville et s’enfonça dans la nuit, regagnant le Souffle du Désir en essayant de deviner ce que serait le prochain mouvement du Mage Ferial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</content>
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    <title>Chapitre 1</title>
    <published>2005-11-03T15:14:23Z</published>
    <updated>2005-11-03T15:22:42Z</updated>
    <lj:music>The Trouble With Me - Skin</lj:music>
    <content type="html">Jour 2-3&lt;br /&gt;Nb de mots : 4035&lt;br /&gt;Nouveau compte : 6033 mots sur 50000&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="cutid1"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;font size="+2"&gt;Chapitre 1&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ferial était debout depuis des heures, en fait peut-être que cela se comptait en jours à présent. Elle n’était plus sûre de rien. Elle aurait donné n'importe quoi pour une bonne douche, un bon repas et un bon lit. Pas nécessairement dans cet ordre. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas eu une enquête aussi éprouvante. Pas depuis le complot contre l’Archi Sevinc, trois ans plus tôt, en fait. Cette mission là n’avait pas été aussi délicate ou sensible. Seulement très longue avec tellement de prisonniers à interroger et de cachettes puantes dans les égouts à fouiller qu’elle en regrettait presque d’avoir choisi l’Oma. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà… elle recommençait à penser des bêtises. L’Oma, officiellement appelé l’Ordre Majeur, était la meilleure place possible pour elle. Et ce n’était pas parce que Maître Cianith était toujours aussi insensible et qu’il avait décidé, encore une fois, d’entendre son rapport avant qu’elle ne puisse se reposer, qu’elle devait tout remettre en question. Et si  elle doutait encore, elle n’avait qu’à penser au plaisir qu’elle avait ressenti en explosant la tronche du chef des contrebandiers. Celui-là serait à la soupe pendant un moment. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maître Cianith lui avait dit de le rejoindre dans son bureau. Ce qui voulait dire qu’elle devrait traverser une bonne partie de la Guilde avant d’arriver jusqu’à son supérieur. Si elle avait eu le choix, elle aurait prix une douche et se serait changée en ville, mais on ne lui avait pas demandé son avis. Avec un peu de chance, elle ne croiserait que des apprentis. Avec de la chance, elle ne croiserait pas son oncle Feyrn. Sans ça, elle perdrait encore une demi-heure à écouter un autre sermon. Ses vêtements dégoûtants ne feraient qu’apporter de l’eau à son moulin. Il aurait voulu qu’elle devienne Mage Théoricien, comme lui, mais elle avait préféré devenir Mage de l’Oma. Et ses succès réguliers ne faisaient rien pour effacer la déception de son oncle, au contraire, ils soulignaient la &lt;i&gt;si brillante Théoricienne qu’elle aurait pu devenir&lt;/i&gt;. Mais une vie passée dans l’enceinte de la Guilde Tau ne lui avait jamais convenu. Elle avait besoin de rester en mouvement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Oh mais quelle est cette odeur infecte… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial n’avait pas besoin de la voir pour savoir qui venait de parler. Antse. Cette très chère Antse. Elle se retourna pour faire face à celle qui avait été longtemps sa rivale… Très bien, qui était &lt;i&gt;toujours&lt;/i&gt; sa rivale. Elles n’étaient pas dans la même branche, Antse était Mage Guérisseur, mais elles continuaient de se détester cordialement et de signaler à l’autre les succès qu’elles connaissaient. Sans arrières pensées, bien sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Antse… je te croyais à Shizuc, ils ne veulent déjà plus de toi là-bas ? »&lt;br /&gt;« Toujours aussi drôle Ferial… Si tu veux savoir, je suis là pour ramener de nouveaux échantillons de médicaments que nous avons fabriqués. Peut-être même que certains porteront mon nom. »&lt;br /&gt;« Si c’est un traitement contre la diarrhée, ce ne sera pas difficile à retenir. »&lt;br /&gt;« Puisque tu parles de diarrhées, on peut savoir où tu as traîné tes robes pour être aussi répugnante ? » &lt;br /&gt;« J’ai encore résolu un problème difficile. Me salir un peu pour le bien de la Guilde ne me dérange en rien, en fait, c’est un honneur. Mais je comprends que certains mages de secondes catégories hésitent à faire prendre des risques à leur mise en plis pour Tau. Tout le monde ne peut pas comprendre ce genre de sacrifices. Tu as toujours passé des heures devant ton miroir. »&lt;br /&gt;« Forcément, si tu me compares à toi, le temps que je passe dans une salle de bain doit te paraître énorme. C’était quand ta dernière douche exactement ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonne question. Férial rajusta ses lunettes sur son nez. Elle était incapable d’y répondre. &lt;br /&gt;« J’adorerais poursuivre cette brillante conversation avec toi mais je dois me rendre chez Maître Cianith pour lui rapporter le succès de ma dernière mission. Si tu veux bien m’excuser… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;	Ferial laissa la grande blonde derrière elle. Elle espérait qu’Antse ne resterait pas longtemps dans l’enceinte de la Guilde. Les choses devenaient vite explosives quand elles étaient ensemble.  Elles avaient partagé une chambre pendant deux ans quand elles étaient encore apprenties. Dès le premier jour de leur cohabitation, tout était allé de travers entre elles. Elle n’avait pas besoin de la rencontrer à chaque fois qu’elle mettrait un pied dehors. C’était elle qui habitait là. Pas Antse, qui était à Shizuc. Perk, la plus grande ville du Suprôme, deviendrait vite trop petite si elles devaient toutes les deux s’y trouver. Sans parler de la Guilde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle entra dans le bâtiment réservé à l’Oma. Malgré le côté plus guerrier des Mages de l’Oma, leur QG était décoré avec autant de goût que les autres bâtiments de la Guilde. Des tapis recouvraient les sols, des tableaux et des graphes de constellations couvraient les murs. Ferial s’y sentait chez elle, de l’entrée à sa chambre au quatrième étage en passant par les innombrables couloirs. Le bureau de Maître Cianith était au rez-de-chaussée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’il aurait été tentant de prendre les escaliers pour aller dormir…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle prit le couloir et frappa bientôt à la porte de Maître Cianith. Il aurait été la chercher jusque dans son lit et l’aurait traînée là par les cheveux si elle avait été se coucher. Autant s’épargner l’humiliation. Cerner en avait entendu parler pendant des mois quand ça lui était arrivé… il valait mieux éviter de mettre Cianith en colère. Il aurait du le savoir pourtant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Entre Ferial, je t’attendais. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ouvrit la porte et trouva son supérieur, tête cachée par des cheveux bruns striés de gris, qui consultait des rapports derrière son bureau, comme toujours. Il n’avait pas tout à fait cinquante ans et pourtant cela faisait vingt ans qu’il dirigeait l’Oma. On disait qu’il ne tarderait pas à passer à autre chose. Et Ferial voulait sa place. Cela valait bien quelques menues concessions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Alors cette mission ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne lui avait pas proposé de siège. Il était aussi maniaque qu’Antse. Il ferait sans doute désinfecter ses tapis dès qu’elle aurait quitté la pièce. En attendant, bien qu’elle soit épuisée, elle restait debout.&lt;br /&gt;« Un succès, Maître. Le réseau de contrebandiers a été entièrement démantelé. Les Concils qui touchaient des pots de vin ont été arrêtés. Les marchandises ont été récupérées et sont en chemin sous la supervision de Hunn. Elles seront à la Guide d’ici une heure. »&lt;br /&gt;« L’Omi n’a pas de problèmes avec la réquisition des marchandises ? »&lt;br /&gt;« Rien que je ne puisse contrer. Ce n’est que l’&lt;i&gt;Omi&lt;/i&gt;  après tout. »&lt;br /&gt;« Parle-moi un peu des Concils… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial lui parla des soupçons qui lui étaient venus très tôt, les contrebandiers n’auraient pas pu agir sans des soutiens parmi les puissants du Suprôme. Certains détails l’avaient fait remontés aux Concils qui avaient été arrêtés. Mais ce n’était pas ça que voulait savoir Cianith. Pas réellement. Ce qui l’intéressait c’était de savoir si des Archis pouvaient être impliqués. La politique de la Guilde Tau était une chose complexe et Ferial avait toujours eu des difficultés à la suivre mais elle mettait un point d’honneur à se tenir au courant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Vous ne pensez pas pouvoir impliquer des Archis ? »&lt;br /&gt;« Non, Maître, » répondit Ferial en rajustant ses lunettes. « Mais il est possible, même probable, qu’ils aient été impliqués. »&lt;br /&gt;« Vous utiliserez vos contacts en ville pour faire circuler des rumeurs dans ce sens contre l’Archi Borg. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial se permit de sourire.&lt;br /&gt;« J’avais déjà pris la liberté de donner des ordres dans ce sens avant de rentrer, Maître Cianith. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Archi Borg, qui dirigeait l’Omi, l’Ordre Mineur, avait toujours eu une dent contre l’Oma et la Guilde. Les Mages étaient encouragés, officieusement bien sûr, à lui donner le plus de difficultés possibles. L’Oma et l’Omi avaient toujours des relations tendues. Les deux organisations devaient toutes deux assurer la sécurité et l’ordre dans le Suprôme. La seule différence venait de la composition et des missions des deux organisations. L’Oma était composé de mages tandis que l’Omi ne comptait que de simples hommes. L’Omi ne se chargeait que des petites affaires. Ferial, quant à elle, ne leur aurait même pas confié la sécurité d’un enfant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Excellent, ma petite Ferial. » approuva-t-il de ce ton doucereux qu’il utilisait à chaque fois qu’il était satisfait par son travail. « Vous allez pouvoir gagner votre chambre dans ce cas. Je crois que vous avez besoin de vous reposer. Vous passerez me voir demain pour vos nouveaux ordres. »&lt;br /&gt;« Merci, Maître. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle allait enfin pouvoir profiter de son lit et récupérer tout le sommeil qu’elle avait en retard. Elle quitta le bureau de Cianith et monta les escaliers jusqu’à sa chambre. Elle n’ôta même pas ses bottes ou ses lunettes, avant de s’écrouler, la tête la première, sur son lit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première chose qu’elle remarqua en se réveillant, c’était que son lit était couvert d’une substance gluante au toucher. Elle ouvrit un œil. Oh. Son couvre lit était maculé de boue… ou de quelque chose qui y ressemblait. Elle esquissa une grimace de dégoût mais bouger sa joue droite lui faisait mal. Encore l’esprit un peu embrumé, elle tata sa joue pour s’apercevoir qu’elle avait dormi sur ses lunettes. Elle pouvait sentir la marque qu’elles avaient laissée sur elle. Elle les posa sur sa table de chevet. Elle se sentait particulièrement sale ce matin. Elle enleva ses bottes pour constater qu’elles étaient aussi sales à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il était temps qu’elle aille se laver. En fait, elle devait même avoir quelques dizaines d’heures de retard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle jeta ses vêtements par terre sur le chemin de la salle de bain et s’arrêta en voyant son reflet dans un miroir. La marque de ses lunettes était bien le moindre de ses soucis. Son chignon était défait à moitié, ses cheveux et sa figure étaient tout aussi couverts de boue que ses robes… Oh… Sa chute dans les égouts lui revint en mémoire. La tête la première dans cinquante centimètres de boue odorante… Cela l’avait mis de bonne humeur pour les interrogatoires. Elle retira les dernières épingles qui maintenant ce qu’il restait de sa coiffure et… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelque chose de vert et dodu retomba sur le sol…Ca, ça bougeait ! Elle poussa un petit cri et l’écrasa en oubliant qu’elle était pieds nus. Elle retint un haut le cœur. Il était plus que temps de passer à la douche. Et un sort de purification pour finir ne serait sans doute pas de trop.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une heure plus tard, elle rangeait sa chambre. En sortant de la salle de bain, elle avait été assaillie par l’odeur nauséabonde qui y régnait. Elle était presque solide tant elle était forte. Elle ne comprenait pas comment elle avait pu dormir dans ces conditions… Elle avait du se résoudre à jeter tous ses vêtements de la veille, ainsi que son couvre-lit. Puis elle avait aéré la pièce d’une fenêtre ouverte et d’un sort de souffle. Elle ne dirait plus jamais de mal des sorts pré spécialisation. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cianith ne lui avait pas donné d’heures, et il était encore tôt dans l’après-midi. Elle aurait pu passer voir son oncle avant de se retrouver affecter autre part. Elle avait espéré quelques jours pour souffler mais si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, Cianith avait bien dit qu’il lui donnait de nouveaux ordres. Elle pesa le pour et le contre un bon moment avant de décider que Feyrn attendrait. Elle évitait des reproches et se faisait bien voir de son patron : il n’y avait rien à opposer à ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle jeta un coup d’œil rapide dans le miroir pour vérifier qu’elle était bien redevenue la brune au chignon soigné et au petit air d’institutrice sévère qu’elle aimait bien paraître malgré ses vingt-quatre ans. Excellent. Elle n’aurait jamais l’air aussi ‘parfaite’ qu’Antse mais, au moins, elle n’avait plus l’air d’une souillon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maître Cianith était occupé quand elle arriva. Au début, elle pensa qu’il s’agissait de l’assignation d’un de ses collègues à telle ou telle mission. Les membres de l’Oma étaient rarement inactifs plus de quelques jours. Ils étaient une petite soixantaine et il y en avait toujours un dans le bureau de Cianith. Soixante contre un peu plus de deux mille membres de l’Omi à travers le Suprôme. Mais comme l’Oma avait l’habitude de dire : &lt;i&gt;Un théoricien vaut cent Omi&lt;/i&gt;. Et quand on connaissait le niveau de la majorité des Théoriciens en magie offensive/défensive comparée à celui de ceux de l’Oma, on comprenait à quel point l’Omi pouvait se sentir vexé par la plaisanterie. Mais Ferial n’était pas sûre qu’ils puissent comprendre suffisamment pour se vexer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des éclats de voix parvinrent jusqu’à elle alors qu’elle attendait depuis une dizaine de minutes. Aucun membre de l’Oma n’aurait élevé la voix contre Maître Cianith. Pas de cette façon là en tout cas. Ferial se demanda qui pouvait bien être avec Maître Cianith…&lt;br /&gt;« Vous n’avez pas le droit ! Vous n’avez pas ce pouvoir, » glapit un homme. &lt;br /&gt;Elle n’entendit pas la réponse de son supérieur. Le connaissant, il devait continuer d’affirmer sa position en gardant cet air calme et détaché qui mettait un interlocuteur en colère de plus mauvaise humeur encore. Maître Cianith était quelqu’un de particulier. &lt;br /&gt;« Le Supra… Non ! Vous n’êtes pas là pour ça ! Vous abusez de… Je vous l’interdis ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial n’attendit pas deux minutes après ça. On n’interdisait rien à un Mage. La porte s’ouvrit et un personnage élégant mais dont la rougeur furieuse jurait avec ses beaux atours orangés sortit du bureau. Il fut surpris de la voir là, et sa colère céda place à l’embarras : elle affichait un air amusé signalant qu’elle l’avait entendu perdre la face. Peut-être même avait-il été congédié par Maître Cianith. Ce n’était pas un Mage. Elle le regarda accélérer ses pas dans le couloir pour disparaître le plus vite possible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ferial, enfin. Tu as pris ton temps. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sursauta. Elle était tellement occupée à s’amuser du départ précipité du visiteur, qu’elle en avait oublié les raisons de sa présence. Cianith était dans l’embrasure de sa porte, et lui faisait signe de rentrer. Cette fois, il lui proposa même un siège. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Qui était-ce ? » demanda-t-elle, curieuse. Elle pensait à un petit Archi ou à un puissant Concil étant donné son apparence.&lt;br /&gt;« L’Archi de Shizuc. Il est arrivé plutôt dans la semaine avec ton amie »&lt;br /&gt;Comme s’il ne savait pas à quel point Antse et elle s’adoraient.&lt;br /&gt;« Qu’est-ce qu’il voulait ? Plus de guérisseurs ? »&lt;br /&gt;C’était la réclamation la plus courante de la part des Archis de Provinces. Les Guérisseurs étaient efficaces, rapides, et pouvaient soigner presque n’importe quoi. Mais ils étaient peu nombreux. Et soigner les épuisait littéralement, ils ne pouvaient voir plus d’une ou deux personnes par jour. La Guilde choisissait où elle les envoyait bien sûr. Mieux un Archi de Provinces était avec la Guilde, plus il avait de Guérisseurs dans sa ville ou dans sa région. Cela n’empêchait par ailleurs, que les tarifs des Guérisseurs soient hors de portée de la plupart de la population. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Oh non… Il en a déjà trois là-bas. Il m’apportait ses protestations officielles relatives à l’achat de nouvelles terres de sa région. »&lt;br /&gt;« Ce n’est pas de notre faute si les autres offres ne sont pas suffisamment élevées pour concurrencer les nôtres. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Conseil de Tau avait lancé une politique d’achats de terres cultivées quinze ans auparavant pour pouvoir nourrir directement ses Mages. Avant, Tau devait passer par des Archis et des marchands qui lui faisaient payer le prix fort et avaient un énorme moyen de pression sur elle. Il y a quinze ans, les Mages avaient décidé que c’était absolument intolérable et avait commencé à investir dans la terre. Shizuc était devenu le principal grenier de la Guilde et bien sûr cela ne plaisait pas à tout le monde. Les paysans qui vendaient leurs terres à la Guilde payaient des impôts et des taxes. Mais Tau était exonérée depuis toujours, ce qui était un trou parfois conséquent dans les caisses de certains archis comme celui qui venait de partir. Le Conseil adorait déléguer ce genre de mécontents à Cianith.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Mm… Cela ne vous concerne pas… encore de toutes façons. Je dois te dire que j’avais peur te ne pas te reconnaître sans l’odeur. »&lt;br /&gt;Pommade puis acide. Normal. Elle serra les dents et remonta ses lunettes sur son nez.&lt;br /&gt;« Tu es bien mieux comme ça. »&lt;br /&gt;« Merci, Maître. »&lt;br /&gt;« Nous avons un problème à Tepsa. Suffisamment important pour justifier ton envoi là-bas. »&lt;br /&gt;« Que se passe-t-il ? »&lt;br /&gt;« Le Baron Kevser est un marchand d’esclaves qui possède aussi un bordel dans le quartier sud de Tepsa. Il fournit également quelques drogues récréatives et contrôle les assassins de la ville qu’il prête au plus offrant. »&lt;br /&gt;« Il a l’air gentil comme tout. Mais en quoi cela nous concerne-t-il ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses activités avaient beau être illégales, cela ne voulait pas dire que l’Oma s’en chargerait. S’il ne dérangeait pas les intérêts directs de l’Oma, il y avait toutes les chances qu’ils cohabitent pacifiquement. Si l’Omi voulait s’amuser, libre à eux, l’Oma avait suffisamment à faire sans s’occuper de tous les criminels surtout ceux qui régulaient les activités des criminels de leur secteur. L’Oma n’était rien sinon pragmatique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Nous avons eu quelques rapports étranges à son sujet. Il serait possible qu’un mage renégat travaille pour lui. Il y a eu plusieurs incidents inexplicables si ce n’est par magie. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Magie était sous le contrôle exclusif de la Guilde Tau. Un Mage était de Tau ou n’était pas. Un renégat devait être neutralisé avec la plus grande célérité. Si tout le monde pouvait s’offrir les services d’un Mage sans passer par Tau, ce serait l’Anarchie, et les Mages finiraient de nouveaux par être utilisés. Ils avaient tous besoin d’une Guilde forte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je partirai demain à la première heure, Maître. »&lt;br /&gt;« Excellent… Il se peut que certains Archis qui profitent de ses services le protègent. »&lt;br /&gt;« Ce ne sera pas la première fois que j’affronterai ça. » Elle hésita avant de demander, légèrement intriguée. « Il porte vraiment le vieux titre de Baron ? Ou est-ce uniquement pour se donner un style ? »&lt;br /&gt;« Nous ne savons presque rien sur cet homme. Ce n’est pas comme si l’un ou l’autre faisait une grande différence, mais je pense qu’il a emprunté ce titre lors de l’acquisition de son bordel. Il doit être intelligent pour avoir su aussi bien diversifier les services qu’il propose en si peu de temps. Sois prudente. »&lt;br /&gt;« Je le suis toujours. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cianith hocha la tête mais Ferial pouvait voir qu’il avait encore en mémoire l’incident de l’année dernière au cours duquel elle avait failli perdre la vue et faire éclater un scandale entre un Archi allié et la guilde. Une fois (ou deux, ou trois) en sept ans ! Elle était prudente quand elle s’en donnait la peine. Mais il n’exprima aucun de ses doutes, s’il en avait, à voix haute. De toutes façons, elle était la meilleure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Pendant que tu seras là-bas, je veux que tu ouvres grands tes yeux et tes oreilles et que tu me rapportes tout ce qui peut te paraître étrange. »&lt;br /&gt;« Y’a-t-il un autre problème, Maître ? » Ferial n’était pas habituer à ce qu’il soit aussi vague dans ses ordres.&lt;br /&gt;« Pas pour l’instant. Mais il y a eu plus de mouvements que d’habitude dans certains… cercles. »&lt;br /&gt;Sans doute pas des amis de Tau. &lt;br /&gt;« Bien, Maître. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferial quitta le bureau de Cianith quelques minutes plus tard après avoir établi avec lui un plan de route pour le lendemain. Elle avait de la chance, cette fois, elle ne devait escorter personne. Elle pouvait partir comme bon lui semblait et voyager à l’allure qu’elle souhaitait, tant qu’elle était à Tepsa en deux jours. Ah ! Seule, elle en aurait pour une journée. Elle détestait jouer les escortes pour tel ou tel Archi. Ce genre de choses aurait du être réservé à l’Omi, pas à des Mages entraînés. L’Oma n’était pas fait pour être une nourrice. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait l’après-midi pour elle. Rien d’autres à faire que quelques courses en ville pour remplacer ce qu’elle avait du jeter à son réveil et une visite à son oncle Feyrn qu’elle n’arrêtait pas de remettre à plus tard… Autant commencer par les courses. Elle avait vu cette nouvelle paire de bottes chez ce petit marchand de Perk, qui avait l’air d’être tout à fait ce qui convenait une Mage émérite de l’Oma… Celles avec cet adorable petit fourreau cousu à l’intérieur pour y cacher des dagues sans se blesser. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;	Ferial rentrait en coupant à travers le gazon de la Guilde, chargée de paquets quand elle aperçut Hunn, un des ses collègues de l’Oma qui venait de son côté. Un grand blond avec des allures de brute qui aurait paru tout à fait à son aise dans une taverne du port de Liurk. En vérité, il ne buvait pas, et menait une vie plus saine que la plupart des Mages et préférait toujours les sorts à la force. Ferial, elle, n’avait rien contre un peu de force physique : cela surprenait toujours ses adversaires qui n’avaient pas l’habitude qu’un mage, et encore moins une femme, ne s’en prennent à eux comme ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ferial… Tu es propre ? Je suis presque déçu. J’ai entendu toutes sortes d’histoires sur toi depuis hier. »&lt;br /&gt;Génial, l’Oncle Feyrn devait les avoir entendues lui aussi.&lt;br /&gt;« Tu comprends pourquoi je n’ai pas pu attendre ton arrivée, hier. »&lt;br /&gt;« Leka n’était pas aussi sale que ce que j’ai entendu à ton propos. »&lt;br /&gt;« Comme toujours, à chaque fois qu’une histoire est racontée, elle devient de plus en plus colorée. »&lt;br /&gt;Hunn leva un sourcil sceptique. La vérité était que Leka, l’Oma qui avait travaillé avec elle sur sa dernière mission, n’avait pas bêtement trébuché dans les égouts, elle. Mais Ferial n’avait aucune raison de lui expliquer ça. Elle rajusta ses lunettes de l’index. Hunn était arrivé après son départ pour aider Leka avec les prises qu’ils avaient faites quand elle avait du rentrer faire son rapport à Cianith.&lt;br /&gt;« Tu es réaffectée à Tepsa, il parait ? »&lt;br /&gt;Ferial haussa les épaules.&lt;br /&gt;« Le temps de résoudre un problème et je serais de retour, ne t’inquiète pas, je ne vais pas te laisser les meilleures affaires sur Perk très longtemps. »&lt;br /&gt;« Ne te flatte pas trop… » répondit Hunn en souriant, ils s’entendaient bien tous les deux, même si leurs niveaux trop proches, les empêchaient de travailler très souvent en tandem. « Ca doit t’arranger de ne pas être dans la même ville qu’Antse. »&lt;br /&gt;« Ne m’en parle pas. Je ne l’ai croisée qu’une fois… »&lt;br /&gt;« Explosif ? »&lt;br /&gt;« Non, j’étais très fatiguée à ce moment là. On a juste échangé quelques mots. »&lt;br /&gt;« Tu pars demain ? »&lt;br /&gt;« Oui… Et seule. »&lt;br /&gt;« Veinarde ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils échangèrent encore quelques potins sur la Guilde et les Mages et Ferial rentra. Il fallait qu’elle soit en forme pour voyager. Un bon dîner, une bonne nuit de sommeil, et elle aurait récupéré de ses trois jours de mission. Suffisamment en tout cas, pour le voyage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, elle quittait la Guilde alors que le soleil se levait. Une longue journée de voyage l’attendait pour aller jusqu’à Tepsa. Des champs et de petits villages composeraient la plus grande partie paysage sur le chemin. Elle ferait un arrêt à Kesh, la seule ville qu’elle rencontrerait dans l’après-midi avant d’arrivée en début de soirée à Tepsa. Elle profiterait de ses vingt-quatre heures d’avance pour voir comme les Mages stationnés dans la ville se débrouillaient… Une visite surprise, du genre que Maître Cianith approuverait sûrement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien que d’y penser, elle avait hâte d’y être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce ne fut que lorsqu’elle laissa Perk et ses murs gris derrière elle, qu’elle s’aperçut qu’elle avait oublié de voir son cher Oncle Feyrn… La prochaine fois.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>Prologue</title>
    <published>2005-11-01T10:39:14Z</published>
    <updated>2005-11-01T10:39:14Z</updated>
    <lj:music>Tout le Bonheur du Monde</lj:music>
    <content type="html">&lt;font face="Alois" size="+1"&gt;&lt;br /&gt;Premier Jour&lt;br /&gt;Nb de mots : 1998&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="cutid1"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;font face="Aladdin"&gt;&lt;font size="+5"&gt;Prologue&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allys Fenrick était une femme bien comme il faut. Elle avait reçu une bonne éducation, elle était la femme d’un petit Concil de l’Archi de Tepsa, elle honorait les Dieux pendant les jours sacrés, et était fidèle à son mari. Ce dernier point était très important pour elle, parce qu’Allys Fenrick croyait par-dessus tout à la vertu et à la moralité. C’était disait-elle, ce qui différenciait les Hommes des animaux et les Hommes des Hommes comme il faut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plusieurs mois auparavant, elle avait appris que son tendre mari fréquentait des prostituées. Son petit monde et ses grandes convictions en furent complètement bouleversés. Elle pleura au début, se chercha pendant un temps, en voulut longtemps à son mari avant de décider que le Concil Fenrick n’était, comme elle, qu’une victime du vice et de la corruption qui régnaient dans le monde en général et à Tepsa en particulier. Et pourtant, à son grand regret, personne ne faisait rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut bien comprendre qu’Allys Fenrick n’était pas le genre de femmes qui décidaient, placées dans le même cas qu’elle, de fermer les yeux ou d’apporter de nouvelles offrandes au Temple. Non, elle croyait fermement qu’on forgeait son destin seul et que si on voulait suffisamment quelque chose et qu’on mettait toute son énergie à l’obtenir, il n’y avait aucune raison que ce ne soit pas le cas. Aussi quand les autorités refusèrent de faire quoi que ce soit pour l’aider, sa mission devint claire dans son esprit : elle était en guerre contre le stupre et le lucre qui empoisonnaient la ville. Elle ferait tomber les marchands de chairs de la ville. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa cause était juste, Allys Fenrick ne pouvait que triompher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle rassembla plusieurs de ses amies et elles se rendirent toutes ensemble, des pancartes et des pamphlets sous les bras de leurs serviteurs, devant ce qu’Allys pensait être la cause de tous les maux de Tepsa, le Souffle du Désir. Les propriétaires prétendaient qu’il ne s’agissait que d’une &lt;i&gt;auberge&lt;/i&gt; mais toute la ville savait bien ce qui se passait derrière les volets clos de la grande maison de briques jaunes du quartier sud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allys plaça les serviteurs et ses amies de façon stratégique de sorte que tout client devait passer par leur ligne avant d’entrer dans l’auberge. Ils les interpellaient, essayaient de leur montrer l’ ou de leur faire honte. Et cela marchait plutôt bien, surtout avec ceux qui naviguaient dans leur cercle. Ils les reconnaissaient et faisaient immédiatement demi-tour ou prétendaient de ne faire que passer dans ce quartier mal famé de la ville. Ceux là avaient bien trop peur du scandale. Mais malheureusement, ils ne composaient pas la majorité des clients du Souffle du Désir. La plupart se contentait de passer entre eux en ricanant et en énonçant quelques grossièretés qui firent plus d’une fois rougir ces dames. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour Allys, une personne de sauver était une récompense déjà bien suffisante, mais ses amies, qui se sentaient moins concernées par le problème, se lassèrent vite et commencèrent à trouver des excuses. Quelques jours à peine après le début de leurs protestations, elle était seule avec ses deux serviteurs. Il lui fallait une nouvelle stratégie, et peut-être être plus offensive. Il était temps de s’attaquer au cœur du problème, le personnel et surtout les propriétaires de la maison close.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle attendit patiemment, posant toutes sortes de questions aux clients et suppliants les employés de voir la raison et d’arrêter ce travail dégradant. Mais comme elle ne proposait pas d’alternative, elle ne rencontrait aucun succès de ce côté là. Elle apprit néanmoins que l’établissement était dirigé par un certain Baron Kevser qui ne sortaient jamais et qui ne voulait aucunement la rencontrer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allys persévéra, au grand damne de  son mari et de ses amies qui commençaient à trouver la situation très gênante, et finit par voir se présenter l’occasion qu’elle attendait. Un petit bout de femme au visage angélique et encadré par de magnifiques cheveux bouclés. Allys pouvait sentir qu’elle n’avait aucunement sa place au Souffle du Désir et qu’il devait y avoir une histoire pleine de drames et de trahisons derrière sa triste situation. Cette jeune fille serait la victoire d’Allys Fenrick.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle la vit s’éloigner et courut derrière elle pour l’arrêter d’une main sur son épaule. La jeune femme sursauta violemment avant de se retourner avec un regard effrayé qu’elle ne perdit pas totalement en découvrant que son &lt;i&gt;agresseur&lt;/i&gt;  était une femme. &lt;br /&gt;« Vous voulez quelque chose, madame, » demanda-t-elle les yeux modestement baissés.&lt;br /&gt;« Tu travailles bien dans cet endroit, » Allys indiqua le bordel du doigt, « n’est-ce pas ? »&lt;br /&gt;« Oui madame, mais c’est mon jour libre aujourd’hui. Le Baron pourra trouver quelqu’un d’autre pour satisf… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allys rougit et nia toutes intentions de ce genre. La jeune femme lui demanda alors, un peu surprise, ce qu’elle pouvait bien lui vouloir. Allys se redressa et avec toute l’assurance et la confiance en elle qu’elle avait acquise au fur et à mesure des années, elle déclara de manière très théâtrale : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je suis venue pour te sauver. »&lt;br /&gt;« Me sauver ? Mais je ne suis pas en danger. Vous devez faire erreur car… »&lt;br /&gt;« Non, non. Comment t’appelles-tu ? »&lt;br /&gt;« Tali, madame. »&lt;br /&gt;« Et bien Tali, je suis venue t’arracher à cette antre du mal et t’aider à repartir à zéro, loin de ce vile Baron Kevser qui dirige cette… maison. »&lt;br /&gt;« Mais madame, je ne peux pas. Je dois travailler. »&lt;br /&gt;« Non, non. Pas ici. Ne voudrais-tu pas trouver un métier honnête ? »&lt;br /&gt;« Le Baron Kevser m’a achetée, je ne peux pas… »&lt;br /&gt;« Ma fille, tu devrais savoir que le commerce d’esclaves n’est pas permis ici. La loi et la justice sont de notre côté. Le Baron n’a aucun droit sur toi. »&lt;br /&gt;« Mais… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allys voyait bien que la jeune femme n’avait pas un esprit très brillant, et c’était exactement ce qu’elle cherchait. Elle réussit à la convaincre de la faire rencontrer son employeur pour qu’elle puisse défendre son cas. La jeune femme guida Allys et ses deux serviteurs à l’intérieur du Souffle du Désir. La femme du Concil aurait pu avoir peur pour sa réputation si quelqu’un la voyait dans un endroit pareil, mais sa détermination ne pouvait pas s’embarrasser de considérations aussi terre à terre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis près de deux semaines qu’elle était postée devant la maison close, elle n’en avait jamais vu l’intérieur. Pour autant qu’elle le sache, le rez-de-chaussée ressemblait à toutes les autres auberges. Des tables rondes en bois brut, que le temps avait poli, des chaises qui ne semblaient pas très confortables, une forte odeur d’alcool et de légumes. Il y avait un gros homme derrière le comptoir qui dormait à moitié et une ou deux filles qui étaient attablées. Le début de matinée n’était pas l’heure où le Souffle du Désir était le plus animé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous levèrent le nez à leur entrée. Le gros homme se redressa et détailla Allys et ses deux hommes de la tête aux pieds.&lt;br /&gt;« Hey, Tali, qu’est-ce que tu nous ramènes là ? Tu as réussi à convaincre cette bigote de consommer ?»&lt;br /&gt;« Je ne vous permets pas ! Ne parlez pas de moi… » s’indigna Allys.&lt;br /&gt;« Elle est juste venue voir Kevser. Je l’emmène dans son bureau. »&lt;br /&gt;« Elle va voir Kevser ? Vraiment ? » L’homme avait l’air surpris.&lt;br /&gt;« Oh oui je vais le voir. Et je vais lui dire exactement ce que je pense de ses manières. Il ne gardera pas cette pauvre fille contre sa volonté une heure de plus. »&lt;br /&gt;L’homme ricana.&lt;br /&gt;« Personne n’impose sa volonté au Baron Kevser, ma petite dame. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allys allait lui répondre vertement mais Tali lui fit signe d’avancer. Elles montèrent à l’étage, quelques portes ouvertes laissaient voir des chambres défaites. Allys préférait ne pas penser à ce qu’il pouvait être en train de se passer derrière celles qui étaient fermées. Elle se demandait dans laquelle son mari l’avait trompée. Et si c’était avec son guide ou avec peut-être une des filles en bas. Ou peut-être les trois. Elle n’était pas à l’aise dans cet endroit. Plus elle avançait, plus elle regrettait d’être entrée là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La jeune femme s’arrêta devant une porte fermée, la dernière du couloir. Allys rechigna à laisser ses deux serviteurs là mais accepta car c’était la condition pour pouvoir rencontrer le Baron Kevser. Et puis, il n’y avait qu’une porte entre eux, si jamais elle avait besoin d’aide. Tali ouvrit la porte, et la fit entrer la première avant de la suivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bureau du Baron Kevser était bien rangé. Une bibliothèque contenait de nombreux ouvrages, il y avait un bureau et une table, peut-être celle d’un assistant, et des chaises en bois. Elle s’avança un peu. Il y avait un tableau accroché à un mur, et un plan de la ville avec des annotations dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Alors vous souhaitiez me voir, Allys Fenrick. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allys se retourna, et fut frappée par le regard froid du Baron Kevser. Un regard étrange. Allys ne douta pas que ses yeux de couleurs différentes étaient là le signe du la corruption des âmes qu’elle cherchait tant à vaincre. Elle recula. Elle n’était plus certaine de ce qu’elle devait dire, ou faire. Le Baron Kevser… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je n’ai pas pour habitude de recevoir mais vous vous êtes montrée particulièrement obstinée… Et vous m’avez coûté quelques clients. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;	Allys se sentit soudain très lasse. Le Baron Kevser l’aida à s’asseoir sur un des fauteuils. Elle ne se sentait pas très bien… Peut-être qu’elle devrait appeler ses serviteurs, pour qu’ils la ramènent chez elle… Il devait y avoir quelque chose dans l’air qu’elle ne supportait pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Si nous parlions de vos revendications, Allys. Je peux vous appeler Allys, n’est-ce pas ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir là, quand Allys Fenrick rentra chez elle, elle était extrêmement satisfaite. Elle embrassa son mari, le Concil Fenrick, sur la joue et alla donner des ordres pour le dîner. Au moment de se coucher, sa bonne humeur n’était pas retombée, et le Concil demanda à sa femme ce qui avait déclenché cela chez elle.&lt;br /&gt;« Mon ami, aujourd’hui est un grand jour. J’ai réussi. »&lt;br /&gt;« Réussi ? »&lt;br /&gt;« Oui. J’ai rencontré le Baron Kevser aujourd’hui. »&lt;br /&gt;« Vraiment ? » Il était un peu étonné car rares étaient ceux qui pouvaient se vanter de la même chose. « Et qu’a-t-il dit ? »&lt;br /&gt;« Je lui ai parlé de sa maison, de l’horreur qu’elle était, du vice qu’elle traînait dans la ville. Des honnêtes gens qu’elle corrompait. Au début, il ne paraissait pas s’en soucier, mais la justesse de mes arguments l’a finalement atteint. »&lt;br /&gt;« En es-tu certaine ? J’ai du mal à croire qu’il puisse avoir… »&lt;br /&gt;« Vier, ne sois pas si cruel. Bien sûr que je suis certaine. Il m’a donné sa parole d’honneur que son commerce serait reconverti en une honnête auberge. Une simple auberge. Avant la fin du mois. Aucun homme ne peut refuser de voir ses erreurs quand elles lui sont présentées si clairement. J’avais la Morale et la Justice avec moi, que voulais-tu qu’il se passe d’autre ? Quand la cause est juste… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vier Fenrick ne répondit rien et laissa sa femme continuer de parler de son exploit et de la jeune femme qu’elle allait sauver. Elle pouvait bien garder ses illusions pour cette nuit. Elle désenchanterait bien assez tôt. Il n’y avait aucun doute pour lui que le Baron Kevser s’était contenté de lui dire ce qu’elle voulait entendre pour être débarrassée d’elle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Allys, ma douce, tu finiras de me raconter demain, si nous dormions ? J’ai une réunion avec l’Archi à la première heure demain. »&lt;br /&gt;Allys accepta de bon cœur, rien ne pouvait entamer sa bonne humeur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;	Le lendemain, le Concil Vier Fenrick ne se rendit pas à sa réunion. Quand il s’était réveillé, il avait eu la surprise de constater que sa femme, sa très chère femme, était morte pendant la nuit.&lt;/div&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;</content>
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